Mastite péricanalaire

De Wikimedica
Révision datée du 2 février 2022 à 13:06 par Michaël St-Gelais (discussion | contributions) (Première version)
Mastite péricanalaire
Maladie
Caractéristiques
Signes Mastalgie, Signes vitaux normaux, Abcès mammaire, Masse péri-aréolaire, Masse sous-aréolaire, Inversion du mamelon, Écoulement épais du mamelon, Fistules drainantes, Érythème mammaire
Symptômes
Mastalgie, Afébrile, Érythème mammaire, Tuméfaction mammaire
Diagnostic différentiel
Sarcoïdose, Ectasie canalaire, Granulomatose de Wegener, Abcès mammaire, Cellulite bactérienne, Galactocèle, Fibroadénome du sein, Engorgement des seins, Carcinome inflammatoire du sein, Fibroadénome lactationnel, ... [+]
Informations
Terme anglais Periductal mastitis
Autres noms maladie de Zuska
Spécialités Chirurgie générale, Médecine familiale, Médecine d'urgence

Page non révisée

La mastite péricanalaire est une affection inflammatoire bénigne affectant les canaux sous-aréolaires (créant un abcès sous-aréolaire). L'abcès formé est un abcès sous-cutané du tissu mammaire sous l'aréole du mamelon. Il s'agit d'une inflammation généralement aseptique, associée à une métaplasie squameuse des canaux galactophores. Cette affection englobe généralement les abcès du sein situés dans la région rétro-aréolaire ou péri-aréolaire mais pas ceux situés en périphérie du sein.[1][2]

Épidémiologie

Les patientes atteintes de mastite péricanalaire sont le plus souvent des femmes en âge de procréer et l'inflammation est presque exclusivement associée à la consommation de tabac.[3] La mastite péricanalaire survient chez 5 % à 9 % des femmes dans le monde.[4][5]

Étiologies

La cause de la mastite péricanalaire n'est pas claire. Cependant, beaucoup suggèrent que le tabagisme peut être associé au développement de la maladie par des dommages directs aux conduits suivi d'une inflammation ultérieure. Des bactéries ont été isolées dans des cultures chez 62 à 85 % des patientes atteintes de mastite péricanalaire, et les organismes responsables les plus courants incluent[6]:

L'abcès sous-aréolaire peut se développer à la fois pendant l'allaitement ou extrapuerpérale. Il est souvent évasé de haut en bas avec des fistules multiples. Comme cette pathologie est associée au tabac, on suppose que l'effet toxique direct ou les changements hormonaux liés au tabagisme pourraient provoquer une métaplasie squameuse des canaux galactophores. Cependant, il n'a pas été établi si la lésion régresse lors de la cessation du tabac. [7][8]

Certains facteurs peuvent causer la mastite péricanalaire et la formation d'une métaplasie squameuse des canaux galactophores [1]:

Physiopathologie

La physiopathologie de la mastite péricanalaire reste incertaine. On pense que le tabagisme joue un rôle dans la pathogenèse, en endommageant directement ou indirectement les conduits, entraînant un blocage du canal, conduisant à une nécrose et une infection subséquente.[9] Une étude récente a montré qu'il y avait une régulation positive des cytokines IFN-γ et IL-12A chez les patientes atteintes de mastite péricanalaire par rapport aux témoins.[10] Ces cytokines sont sécrétées par les cellules TH1 jouant un rôle dans l'éradication des agents pathogènes étrangers. La régulation positive de ces cytokines suggère que les réponses immunitaires peuvent jouer un rôle dans la pathogenèse de la mastite péricanalaire. [5]

Présentation clinique

A) Abcès de lactation, rougeur flamboyante et zone hémorragique, oedème et desquamation de la peau. B) Image échographique montrant la masse importante

Facteurs de risque

Les facteurs de risque sont[10][5] :

Questionnaire

Les symptômes peuvent inclure les éléments suivants :

Examen clinique

Rétraction du mamelon

Les caractéristiques de la mastite péricanalaire comprennent :

Examens paracliniques

Biopsie à l'aiguille du sein guidée sous mammographie (stéréotaxie)

Une échographie est généralement réalisée pour exclure un abcès, s'il y a une masse ou si les signes d'infection ne régressent pas en quelques jours. Les mammographies ne sont généralement pas effectuées, car elles sont moins utiles et assez douloureuses chez les patientes.

La mastite péricanalaire est avant tout un diagnostic clinique. Certains examens supplémentaires peuvent être effectués. S'il existe une masse associée et un risque de malignité[4][5]:

Si un drainage est présent, on devra effectuer:

Une mastite non lactationnelle récidivante chez une femme ménopausée est suspecte. On devra suivre et imager la patiente après le traitement antibiotique pour éliminer une lésion sous-jacente.

Histopathologie

Métaplasie squameuse des canaux galactophores. Coloration à l'hématoxyline et à l'éosine

La mastite péricanalaire est caractérisée par une métaplasie squameuse des canaux galactophores (Squamous metaplasia of lactiferous ducts- abrégé en SMOLD ). En effet, la dernière section des canaux galactophores est toujours tapissée d'un épithélium pavimenteux kératinisé qui semble avoir des fonctions physiologiques importantes. La kératine, qui possède des propriétés bactériostatiques, forme par exemple, des bouchons qui bouchent l'entrée des conduits. Dans la mastite péricanalaire, la muqueuse kératinisée qui s'étend plus profondément dans les canaux, créant ainsi un remplacement de l'épithélium cuboïde normal à double couche des canaux galactophores par des couches cellulaires squameuses kératinisées. Certains auteurs parlent d'une épidermatisation, car l'épithélium résultant de ce changement est très similaire à une peau normale. Le SMOLD est rare chez les femmes préménopausées (peut-être 0,1 à 3 %) mais plus fréquent (peut-être jusqu'à 25 %) chez les femmes ménopausées où il ne cause aucun problème.[12] Cette métaplasie semble être une lésion complètement bénigne et peut même exister sans provoquer de symptômes. En principe, elle devrait être complètement réversible, comme le suggère la classification en métaplasie. Les bouchons de kératine (débris) produits par le SMOLD ont été proposés comme la cause d'abcès sous-aréolaires récurrents en provoquant une stase sécrétoire. La perméabilité de la muqueuse épidermique est également différente de celle de la muqueuse normale, ce qui empêche la résorption des sécrétions glandulaires. Cette résorption est nécessaire pour éliminer les sécrétions bloquées à l'intérieur du canal, et elle affecte l'équilibre osmotique qui à son tour est un mécanisme important dans le contrôle de la lactogenèse (ceci est pertinent à la fois dans la mastite puerpérale et non puerpérale).

Diagnostic

La section facultative Diagnostic ne contient pour le moment aucune information.
Si la section est n'est pas jugée nécessaire, elle peut être supprimée.

Description: Cette section traite de la manière dont on peut diagnostiquer une maladie en tenant compte de l'histoire, de l'examen clinique et des investigations. C'est dans cette section que se retrouveront les critères permettant d'infirmer ou de confirmer la présence de la maladie (lorsqu'ils existent).
Formats:Texte, Liste à puces, Tableau
Balises sémantiques:
Commentaires:
 
  • Si des critères diagnostiques précis et officiels existent, cette section sert à les répertorier.
  • Si la forme des critères diagnostiques est complexe, il est possible de présenter l'information sous forme de tableau. La liste à puce est néanmoins à privilégier.
Exemple:
 
L'asystolie est un diagnostic électrocardiographique. L'absence d'activité électrique chez un patient inconscient sans pouls permet de confirmer le diagnostic, tout en s'assurant qu'il n'y a pas de cable débranché et que la calibration du moniteur est adéquate.

Selon le Fourth Universal Definition of Myocardial Infarction, l'infarctus aigu du myocarde est diagnostiqué lorsqu'il y a :

  • une blessure myocardique aiguë
  • des évidences cliniques d'ischémie aiguë du myocarde
  • avec une élévation et/ou baisse des troponines sériques (avec au moins une valeur au-dessus du 99e percentile) et au moins un des éléments suivants :
    • des symptômes compatibles avec l'ischémie myocardique
    • un changement ischémique de novo à l'ECG
    • une apparition d'ondes Q pathologiques
    • une évidence à l'imagerie de nouvelles pertes de myocardes viables
    • une évidence à l'imagerie de nouvelles pertes de mobilité régionale de la contractilité
    • une identification d'un thrombus coronarien par angiographie ou autopsie.

Diagnostic différentiel

Le diagnostic différentiel de la mastite péricanalaire inclut les maladies suivantes [5]

Traitement

Traitement de la mastite péricanalaire
Traitement
Traitement empirique Amoxicilline-Clavulanate
Dicloxacilline + Métronidazole
Céphalexine + Métronidazole
Si présence d'abcès Aspiration à l'aiguille guidée sous échographie +

antibiothérapie appropriée

Si infection récurrente Excision chirurgicale des canaux enflammés

La chirurgie consiste en:

  • la mise à plat des canaux
  • l'excision canalaire

Ultimement la mastectomie centrale sera nécessaire si échec.

En présence d'abcès lactationnel on doit éviter le drainage chirurgical afin de diminuer les risques de fistule laiteuse. On favorisera en effet la ponction/aspiration sous échographie. Si échec avec récidive de l'abcès, on pourra alors aller drainer et mettre une mèche.

Suivi

Un suivi clinique est suggéré. Chez la femme post-ménopausée, on insistera sur une imagerie de contrôle après résolution des symptômes pour s'assurer de l'absence de néoplasie sous-jacente.

Complications

Les complications sont [5]:

Évolution

La majorité des patientes atteintes de mastite se rétabliront avec un traitement approprié. Le taux de récidive de la mastite péricanalaire est de 4-28%. [15][5]

Prévention

La mastite péricanalaire se rencontre presque exclusivement chez les fumeurs. Encourager l'arrêt du tabac est important et peut aider à réduire le risque d'inflammation récurrente.[5]

Notes

  1. L'abcès peut être confirmé par échographie et devrait être traité par aspiration à l'aiguille ou drainage chirurgical. Le liquide retiré de l'abcès devrait être envoyé en culture, et l'administration d'antibiotique approprié devrait être amorcée.

Références

__NOVEDELETE__
  1. 1,0 et 1,1 Michael S. Sabel, Essentials of Breast Surgery, Elsevier Health Sciences., (ISBN 978-0-323-03758-7), p. 85
  2. (en) F N L Versluijs, R M H Roumen et R J A Goris, « Chronic recurrent subareolar breast abscess: incidence and treatment », British Journal of Surgery, vol. 87, no 7,‎ , p. 952–952 (ISSN 0007-1323 et 1365-2168, DOI 10.1046/j.1365-2168.2000.01544-49.x, lire en ligne)
  3. Eve Boakes, Amy Woods, Natalie Johnson et Naim Kadoglou, « Breast Infection: A Review of Diagnosis and Management Practices », European Journal of Breast Health, vol. 14, no 3,‎ , p. 136–143 (ISSN 2587-0831, PMID 30123878, Central PMCID 6092150, DOI 10.5152/ejbh.2018.3871, lire en ligne)
  4. 4,0 et 4,1 Angrit Stachs, Johannes Stubert, Toralf Reimer et Steffi Hartmann, « Benign Breast Disease in Women », Deutsches Arzteblatt International, vol. 116, no 33-34,‎ , p. 565–574 (ISSN 1866-0452, PMID 31554551, Central PMCID 6794703, DOI 10.3238/arztebl.2019.0565, lire en ligne)
  5. 5,0 5,1 5,2 5,3 5,4 5,5 5,6 5,7 et 5,8 Melodie M. Blackmon, Hao Nguyen et Pinaki Mukherji, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 32491714, lire en ligne)
  6. N. J. Bundred, J. M. Dixon, A. B. Lumsden et D. Radford, « Are the lesions of duct ectasia sterile? », The British Journal of Surgery, vol. 72, no 10,‎ , p. 844–845 (ISSN 0007-1323, PMID 4041720, DOI 10.1002/bjs.1800721023, lire en ligne)
  7. Monica Rizzo, Sheryl Gabram, Charles Staley et Limin Peng, « Management of Breast Abscesses in Nonlactating Women », The American Surgeon, vol. 76, no 3,‎ , p. 292–295 (ISSN 0003-1348 et 1555-9823, DOI 10.1177/000313481007600310, lire en ligne)
  8. Basil George Verghese et R. Ravikanth, « Breast abscess, an early indicator for diabetes mellitus in non-lactating women: a retrospective study from rural India », World Journal of Surgery, vol. 36, no 5,‎ , p. 1195–1198 (ISSN 1432-2323, PMID 22395343, DOI 10.1007/s00268-012-1502-7, lire en ligne)
  9. Mario Taffurelli, Alice Pellegrini, Donatella Santini et Simone Zanotti, « Recurrent periductal mastitis: Surgical treatment », Surgery, vol. 160, no 6,‎ , p. 1689–1692 (ISSN 1532-7361, PMID 27616631, DOI 10.1016/j.surg.2016.06.048, lire en ligne)
  10. 10,0 et 10,1 Lu Liu, Fei Zhou, Pin Wang et Lixiang Yu, « Periductal Mastitis: An Inflammatory Disease Related to Bacterial Infection and Consequent Immune Responses? », Mediators of Inflammation, vol. 2017,‎ , p. 5309081 (ISSN 1466-1861, PMID 28182101, Central PMCID 5274658, DOI 10.1155/2017/5309081, lire en ligne)
  11. J. M. Dixon, « Periductal mastitis/duct ectasia », World Journal of Surgery, vol. 13, no 6,‎ , p. 715–720 (ISSN 0364-2313, PMID 2696225, DOI 10.1007/BF01658420, lire en ligne)
  12. « Subareolar abscess », sur Subareolar abscess sur Wikimedi.ca (consulté le 9 janvier 2022)
  13. Catherine E. Pesce et Katharine Yao, « Abscess/infections/periareolar mastitis », Annals of Breast Surgery, vol. 5,‎ , p. 25–25 (DOI 10.21037/abs-21-49, lire en ligne)
  14. JEANNE P. SPENCER, MD, « Management of mastitis in breastfeeding women », Am Fam Physician, 78(6),‎ 2008 sep 15, p. 727-731 (lire en ligne)
  15. Yanna Zhang, Yidong Zhou, Feng Mao et Jinghong Guan, « Clinical characteristics, classification and surgical treatment of periductal mastitis », Journal of Thoracic Disease, vol. 10, no 4,‎ , p. 2420–2427 (ISSN 2072-1439, PMID 29850148, Central PMCID 5949503, DOI 10.21037/jtd.2018.04.22, lire en ligne)
Les sections suivantes sont remplies automatiquement et se peupleront d'éléments à mesure que des pages sont crées sur la plateforme. Pour participer à l'effort, allez sur la page Gestion:Contribuer. Pour comprendre comment fonctionne cette section, voir Aide:Fonctions sémantiques.

Fait partie de la présentation clinique de ...

Aucune maladie ne correspond à la requête.

Est une complication de ...

Aucune maladie ne correspond à la requête.