Mastite tuberculeuse

De Wikimedica
Aller à la navigation Aller à la recherche
Mastite tuberculeuse
Maladie
300px
Caractéristiques
Signes Écoulement purulent, Adénopathies multiples, Masses mammaires, Épaississement cutané, Ulcères mammaires, Sinus multiples, Faisceaux fistuleux
Symptômes
Mastalgie, Masse mammaire
Diagnostic différentiel
Sarcoïdose, Ectasie canalaire, Granulomatose de Wegener, Abcès mammaire, Cellulite bactérienne, Galactocèle, Fibroadénome du sein, Engorgement des seins, Carcinome inflammatoire du sein, Fibroadénome lactationnel, Kyste mammaire, Infection à levures, Mastite granulomateuse idiopathique, Mastite tuberculeuse, Mastite lactationnelle, Obstruction du canal galactophore
Informations
Terme anglais Tuberculous mastitis
Spécialités Chirurgie générale, Infectiologie

OOjs UI icon check-constructive.svg

Infection à Mycobacterium tuberculosis

La mastite tuberculeuse est une infection du tissu mammaire par Mycobacterium tuberculosis.

1 Épidémiologie[modifier | w]

La mastite tuberculeuse est plutôt rare au Canada, et même dans les pays à forte incidence de tuberculose pulmonaire. Elle affecte le plus souvent les femmes en âge de procréer, y compris celles qui allaitent; les cas chez les hommes sont extrêmement rares.[1][2]

2 Étiologies[modifier | w]

Le mycobacterium tuberculosis peut infecter tous les organes. Bien que la maladie implique fréquemment la peau, l'atteinte de la glande mammaire n'a cependant été que très rarement rapportée. [1][2] Les deux seins seraient touchés chez 3% des patientes.

3 Présentation clinique[modifier | w]

3.1 Facteurs de risque[modifier | w]

Les facteurs de risque de mastite tuberculeuse sont :

Il est judicieux de rechercher les facteurs de risque de la tuberculose à l'histoire.

3.2 Questionnaire[modifier | w]

Habituellement, la patiente se plaindra d'une masse mammairesolitaire, douloureuse, ferme, mal définie et irrégulière. La plupart des patientes auront des symptômes depuis quelques mois, mais la durée des symptômes peut aller jusqu'à plusieurs années.

3.3 Examen clinique[modifier | w]

À l'examen physique, la mastite tuberculeuse se présentera par :

Il s'avère également important de faire un examen physique complet à la recherche d'atteinte tuberculeuse extra-mammaire.

4 Examens paracliniques[modifier | w]

Les signes cliniques et radiologiques de la mastite tuberculeuse manquent de spécificité et peuvent mimer en tout point la mastite carcinomateuse ou granulomateuse.

La mastite tuberculeuse doit être suspectée chez une patiente à risque épidémiologique de tuberculose qui a une lésion mammaire qui ne se résout pas avec des antibiotiques, en particulier s'il existe des sinus ou des voies fistuleuses reliant plusieurs lésions. Dans certains cas, le diagnostic est fait uniquement sur la biopsie d'une lésion où on voulait exclure une malignité, alors qu'on y mettra en évidence des granulomes nécrosants.

L'échographie est le pilier dans le diagnostic.

  • À l'échographie mammaire, la mastite tuberculeuse peut apparaître comme une masse mammaire solitaireou des masses mammaires multiples bien circonscrites et à croissance lente. La masse peut imiter un fibroadénome aux premiers stades de la maladie et un carcinome aux stades ultérieurs. L'échographie peut également mettre en évidence des communications entre les lésions mammaireset les voies fistuleusesainsi que les sinus borgnes. [1][2][3]
  • Les masses mammaires peuvent être initialement évaluées par échographie, où on évaluera également les ganglions régionaux à la recherche d'adénopathies. L'échographie pourra orienter les biopsies à la fois dans le sein et l'aisselle.[3][4]
  • Lors de l'évaluation de la mastite tuberculeuse, un ou deux échantillons de tissus prélevés dans le sein et/ou l'aisselle doivent être envoyés pour un frottis et une culture de bacilles acido-résistants (AFB). La culture de pus ou de drainage est insuffisante pour détecter la tuberculose, car les mycobactéries dans ces échantillons sont difficiles à cultiver. La biopsie au trocart de la lésion mammaire primaire ainsi que de tout ganglion lymphatique axillaire anormal est essentielle pour le diagnostic. Le diagnostic est confirmé par la croissance Mycobacterium tuberculosis sur la culture de l'échantillon de biopsie mammaire.[1][2][3][5][6][4]

Histologiquement, la découverte d'une lésion granulomateuse à cellules géantes de Langhans est révélatrice d'une tuberculose, mais ne permet pas de confirmer le diagnostic.[7][8][note 4] Le diagnostic est confirmé par la croissance de Mycobacterium tuberculosissur la culture de l'échantillon de biopsie mammaire.

Une fois le diagnostic de mastite tuberculeuse établi, une tomodensitométrie thoracique avec contraste doit être réalisée pour évaluer une éventuelle atteinte pulmonaire. vignette|Granulomes caséeux dans la mastite tuberculeuse

5 Diagnostic[modifier | w]

vignette|Cicatrisation de mastite tuberculeuse avec sinus à la peau Le diagnostic est confirmé par la croissance de Mycobacterium tuberculosis sur la culture de l'échantillon de biopsie mammaire.

6 Diagnostic différentiel[modifier | w]

Le diagnostic différentiel de la mastite tuberculeuse est :

7 Traitement[modifier | w]

Page principale: Tuberculose

Le traitement est similaire à la tuberculose pulmonaire. Ceci sera traité en détail sur la page de la tuberculose.

8 Suivi[modifier | w]

Un suivi clinique est suggéré. Chez la femme post-ménopausée, on insistera sur une imagerie de contrôle après résolution des symptômes pour s'assurer de l'absence de néoplasie sous-jacente.

9 Complications[modifier | w]

Même après un traitement réussi de l'infection, le sein peut être considérablement cicatrisé ou déformé et peut justifier une reprise chirurgicale.

10 Notes[modifier | w]

  1. Une atteinte bilatérale est possible chez 3 % des patientes.
  2. À moins qu'il n'y ait également une tuberculose impliquant les côtes sous-jacentes.
  3. L'atteinte du mamelon et de l'aréole est très rare.
  4. Les cellules géantes de Langhans sont de grandes cellules que l'on retrouve dans des conditions granulomateuses. Traditionnellement associées à la tuberculose, elles ne sont pas spécifiques de la tuberculose ni même de la maladie mycobactérienne. On les trouve dans presque toutes les formes de maladie granulomateuse. À ne pas confondre avec la cellule de Langerhans.

11 Références[modifier | w]

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Spyridon Marinopoulos, Dionysia Lourantou, Thomas Gatzionis et Constantine Dimitrakakis, « Breast tuberculosis: Diagnosis, management and treatment », International Journal of Surgery Case Reports, vol. 3, no 11,‎ , p. 548–550 (ISSN 2210-2612, PMID 22918083, Central PMCID 3437393, DOI 10.1016/j.ijscr.2012.07.003, lire en ligne)
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Donya Farrokh, Ali Alamdaran, Ali Feyzi Laeen et Yalda Fallah Rastegar, « Tuberculous mastitis: A review of 32 cases », International journal of infectious diseases: IJID: official publication of the International Society for Infectious Diseases, vol. 87,‎ , p. 135–142 (ISSN 1878-3511, PMID 31442629, DOI 10.1016/j.ijid.2019.08.013, lire en ligne)
  3. 3,0 3,1 et 3,2 C. F. Longman, T. Campion, B. Butler et T. D. Suaris, « Imaging features and diagnosis of tuberculosis of the breast », Clinical Radiology, vol. 72, no 3,‎ , p. 217–222 (ISSN 1365-229X, PMID 28065639, DOI 10.1016/j.crad.2016.11.023, lire en ligne)
  4. 4,0 et 4,1 S. N. Banerjee, N. Ananthakrishnan, R. B. Mehta et S. Parkash, « Tuberculous mastitis: a continuing problem », World Journal of Surgery, vol. 11, no 1,‎ , p. 105–109 (ISSN 0364-2313, PMID 3811379, DOI 10.1007/BF01658471, lire en ligne)
  5. Salim Baharoon, « Tuberculosis of the breast », Annals of Thoracic Medicine, vol. 3, no 3,‎ , p. 110–114 (ISSN 1817-1737, PMID 19561892, Central PMCID 2700437, DOI 10.4103/1817-1737.41918, lire en ligne)
  6. Mallika Tewari et H. S. Shukla, « Breast tuberculosis: diagnosis, clinical features & management », The Indian Journal of Medical Research, vol. 122, no 2,‎ , p. 103–110 (ISSN 0971-5916, PMID 16177466, lire en ligne)
  7. I. Hajdu, « Langerhans' versus Langhans' cells », American Journal of Clinical Pathology, vol. 84, no 3,‎ , p. 412 (ISSN 0002-9173, PMID 3898807, DOI 10.1093/ajcp/84.3.412a, lire en ligne)
  8. (en) G. Lay, Y. Poquet, P. Salek-Peyron et M.-P. Puissegur, « Langhans giant cells from M. tuberculosis-induced human granulomas cannot mediate mycobacterial uptake », The Journal of Pathology, vol. 211, no 1,‎ , p. 76–85 (ISSN 1096-9896, DOI 10.1002/path.2092, lire en ligne)

Les sections suivantes sont remplies automatiquement et se peupleront d'éléments à mesure que des pages sont crées sur la plateforme. Pour participer à l'effort, allez sur la page Gestion:Contribuer. Pour comprendre comment fonctionne cette section, voir Aide:Fonctions sémantiques.