Hypothyroïdie subclinique

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Hypothyroïdie subclinique
Maladie
Caractéristiques
Signes Aucun signe clinique
Symptômes
Asymptomatique
Diagnostic différentiel
Hypothyroïdie, Insuffisance surrénalienne, Âge avancé, Obésité, Euthyroid sick syndrome, Anticorps hétérophiles, MacroTSH
Informations
Terme anglais Subclinical hypothyroidism
Autres noms Hypothyroïdie silencieuse
Spécialité Endocrinologie

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L'hypothyroïdie subclinique est définie comme une TSH élevée (> 4 mU/L) en présence de niveaux de T4 normaux[1] (10.3 - 35 pmol/L) et en l'absence de symptômes d'hypothyroïdie[2].

1 Épidémiologie[modifier | w]

Environs 0,3 à 0,4% de la population provenant de pays ayant suffisamment d'iode, souffrirait d'hypothyroïdie manifeste. Un plus grand pourcentage, 4,3 à 8,5 %, souffrirait d'hypothyroïdie subclinique. Parmi ces personnes, 80 % ont un taux de TSH inférieur à la barre des 10 mUI/l[3].

2 Physiopathologie[modifier | w]

Dans l'hypothyroïdie subclinique, en raison de l'inflammation ou d'autres maladies intrinsèques à la thyroïde, les niveaux de T4 ne sont pas adéquatement ajustés par l'augmentation de TSH, entraînant son augmentation chronique.[1]

3 Étiologies[modifier | w]

Les étiologies se divisent comme suit[1]:

4 Présentation clinique[modifier | w]

4.1 Questionnaire[modifier | w]

L'hypothyroïdie subclinique est asymptomatique[1][2].

Lorsque les niveaux de TSH > 10 mU/L, certaines études remarquent la présence de symptômes de l'hypothyroïdie[1].

4.2 Examen clinique[modifier | w]

Il n'y a aucun signe clinique[2].

5 Examens paracliniques[modifier | w]

L'hypothyroïdie subclinique est diagnostiquée avec[2]:

  • une TSH élevée (> 4 mU/L)[note 2]
    • À la 1ère valeur anormale, il est recommandé de contrôler 1-3 mois plus tard (plusieurs valeurs se normaliseront)[1].
    • Si la TSH est > 15 mU/L à sa 1ère valeur, répéter le contrôle dans 1-2 semaines[1].
  • une T4 normale (10.3 - 35 pmol/L)
  • l'absence de symptômes d'hypothyroïdie.

6 Diagnostic différentiel[modifier | w]

Le diagnostic différentiel est [1]:

7 Traitement[modifier | w]

Le traitement se fait comme suit:

  • Le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs recommande aucun traitement à moins de symptômes ou de grossesse[4].
  • En grossesse, le traitement ne diminue pas les complications[5].
  • Certains auteurs recommandent de traiter si[1][6]:
    • la TSH > 10 mU/L
    • en cas d'anticorps anti-TPO positifs, d'augmentation des niveaux de TSH au suivi, de goitre, en grossesse active ou lorsqu'il y a infertilité[7].
    • Pour les détails du traitement, voir Hypothyroïdie#Traitement.

8 Suivi[modifier | w]

Un suivi par TSH sériée est indiqué lorsque le diagnostic est posé[1].

9 Complications[modifier | w]

La seule complication avérée est hypothyroïdie avec un taux d'incidence de 2-6% / an[note 3][2]:

  • Les femmes, les patients avec une TSH > 10 mU/L et ceux avec des taux d'anti-TPO élevés sont plus à risque de progression[1].
  • Certains auteurs mentionnent un risque accru de défaillance cardiaque, de MCAS ou de troubles cognitifs légers[1], mais il n'y a pas consensus et le traitement ne semble pas avoir d'effet sur ces complications[2].

10 Évolution[modifier | w]

Le taux de progression vers une hypothyroïdie est de 2-6% / an[note 3]. 40% des patients reviennent à l'euthyroïdie en 2,5 ans[2]. Les patients avec des taux d'anti-TPO élevés sont plus à risque de progression[1].

11 Prévention[modifier | w]

Il n'existe pas de preuves en support du dépistage de l'hypothyroïdie subclinique[2].

Le Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs ne recommande pas le dépistage en l'absence de symptômes et de grossesse et le traitement[4].

12 Notes[modifier | w]

  1. Les patients souffrant de thyroïdite d'Hashimoto sont plus sensibles aux effets des médicaments.
  2. Les taux de TSH peuvent varier de 50% entre les dosages et de 26% au cours de la même journée pour un individu.
  3. 3,0 et 3,1 Les symptômes sont un mauvais facteur prédictif de progression.

13 Références[modifier | w]

  1. 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 1,11 et 1,12 (en) Bernadette Biondi, Anne R. Cappola et David S. Cooper, « Subclinical Hypothyroidism: A Review », JAMA, vol. 322, no 2,‎ , p. 153 (ISSN 0098-7484, DOI 10.1001/jama.2019.9052, lire en ligne)
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 et 2,7 G. Michael Allan, Michelle P. Morros et Jennifer Young, « Hypothyroïdie subclinique et dépistage par dosage de la TSH », Le médecin de famille canadien, vol. 66, no 3,‎ , p. 189–190 (ISSN 0008-350X et 1715-5258, PMID 32165467, lire en ligne)
  3. Vahab Fatourechi, « Subclinical hypothyroidism: an update for primary care physicians », Mayo Clinic Proceedings, vol. 84, no 1,‎ , p. 65–71 (ISSN 1942-5546, PMID 19121255, Central PMCID 2664572, DOI 10.1016/S0025-6196(11)60809-4, lire en ligne)
  4. 4,0 et 4,1 (en) Richard Birtwhistle, Kate Morissette, James A. Dickinson et Donna L. Reynolds, « Recommendation on screening adults for asymptomatic thyroid dysfunction in primary care », CMAJ, vol. 191, no 46,‎ , E1274–E1280 (ISSN 0820-3946 et 1488-2329, PMID 31740537, Central PMCID PMC6861143, DOI 10.1503/cmaj.190395, lire en ligne)
  5. Mémo périnatalité - Hypothyroïdie,
  6. « Troubles de la thyroïde », sur lanthiermed.com (consulté le 30 juillet 2022)
  7. Erik K. Alexander, Elizabeth N. Pearce, Gregory A. Brent et Rosalind S. Brown, « 2017 Guidelines of the American Thyroid Association for the Diagnosis and Management of Thyroid Disease During Pregnancy and the Postpartum », Thyroid, vol. 27, no 3,‎ , p. 315–389 (ISSN 1050-7256, DOI 10.1089/thy.2016.0457, lire en ligne)

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