Torsion de l'appendice testiculaire

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Torsion de l'appendice testiculaire
Maladie
Scrotal ultrasonography of testicular appendiceal torsion.jpg
Échographie d'une torsion de l'appendice testiculaire
Caractéristiques
Signes Réflexe crémastérien préservé, Signe du point bleu, Érythème scrotal, Oedème scrotal, Examen abdominal normal, Signes vitaux normaux, Douleur à la palpation du pôle supérieur du testicule, Scrotum normal, Masse épididymaire
Symptômes
Douleur scrotale (approche clinique), Douleur testiculaire aiguë, Douleur testiculaire subite, Douleur au pôle supérieur du testicule
Diagnostic différentiel
Épididymite aiguë, Orchite, Hernie inguinale incarcérée, Contusion scrotale, Rupture testiculaire, Cancer testiculaire, Torsion testiculaire, Pyocèle
Informations
Terme anglais Testicular appendage torsion, Torsion of the Appendix Testis
Wikidata ID Q90975575
Spécialités Urologie, Médecine d'urgence, Pédiatrie

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La torsion des annexes testiculaires est la cause la plus fréquente de douleur scrotale aiguë chez les enfants prépubères et serait même la cause la plus fréquente d'orchalgie pédiatrique[1].

1 Anatomie[modifier | w]

Il existe deux annexes testiculaires qui peuvent se tordre et devenir symptomatiques : l'appendice testiculaire et l'appendice épididymaire[2].

L'appendice testiculaire, parfois appelé hydatide de Morgagni, est présent sur 76% à 83% des testicules[3]. Il est situé sur le pôle supérieur du testicule (entre le testicule et l'épididyme). C'est l'appendice du testicule le plus susceptible à la torsion[2]. Il constitue un vestige du canal mullérien et est l'homologue à l'extrémité fimbriée de la trompe de Fallope chez la femme[2][3].

Quant à l'appendice épididymaire, celui-ci est présent sur seulement 22% à 28% des testicules[3]. Lorsque présent, il se situe le long de la tête de l'épididyme et est parfois considéré comme un canal épididymaire efférent détaché[2]. Il constitue un vestige du canal de Wolff (mésonéphrique)[3].

En raison de leur absence de fonction connue et de leur potentiel de torsion, les appendices testiculaires et épididymaux sont généralement retirés s'ils sont rencontrés lors d'une exploration scrotale élective à d'autres fins[2].

2 Épidémiologie[modifier | w]

La torsion d'un appendice testiculaire survient principalement entre l'âge de 7 et 12 ans, bien qu'elle puisse survenir à tout âge. Environ 50% des garçons présentant une douleur scrotale aiguë souffrent d'une torsion d'un appendice testiculaire, alors que 35% présentent plutôt une épididymite et seulement 16% une torsion testiculaire[4][2].

3 Étiologies[modifier | w]

Les deux annexes testiculaires sont généralement pédonculés, ce qui les prédispose à la torsion. Toutefois, la cause réelle de torsion demeure incertaine. Elle pourrait résulter d'un traumatisme testiculaire ou de la croissance testiculaire prépubère. Certains auteurs ont proposé une cause saisonnière où les températures froides de l'hiver conduiraient à plus d'épisodes de torsion du cordon spermatique (testiculaire) et de l'appendice testiculaire[5][6].

4 Présentation clinique[modifier | w]

4.1 Facteurs de risque[modifier | w]

Les facteurs de risques sont[2]:

4.2 Questionnaire[modifier | w]

Des cas de torsion testiculaire avec torsion de l'appendice testiculaire simultanée ont été rapportés.

La torsion d'un appendice testiculaire se présente classiquement par une douleur testiculaire aiguë avec les caractéristiques suivantes :

  • une douleur subite similaire celle ressentie avec la torsion testiculaire
  • une douleur souvent localisée au pôle supérieur du testicule ou de l'épididyme
  • ne s'accompagnant généralement pas de symptôme urinaire ou de signes systémiques tels que la fièvre, les nausées ou les vomissements
  • sans histoire de traumatisme.

4.3 Examen clinique[modifier | w]

Initialement, l'examen physique est caractérisé par :

5 Examens paracliniques[modifier | w]

Échographie d'un testicule dans un hydrocèle, l'appendice testiculaire (vascularisé ici) est visible à 2h.

Les examens paracliniques suivants peuvent être utiles :

L'échographie doppler demeure la modalité d'imagerie de choix pour l'évaluation du scrotum aigu dans tous les groupes d'âge. Toutefois, l'échographie d'une torsion de l'appendice testiculaire peut ressembler à un pyocèle, d'où l'importance du questionnaire et de l'examen clinique[12].

6 Approche clinique[modifier | w]

Souvent, la torsion de l'appendice testiculaire chez les garçons prépubères est diagnostiquée à tort comme une épididymite basée sur l'échographie scrotale, car les deux peuvent démontrer une hypervascularisation épididymaire. L'épididymite doit être considérée comme hautement improbable chez un garçon pré-sexuel sans anomalies urologiques, cathétérisme récent ou antécédents d'infections urinaires.

La torsion de l'appendice testiculaire se différencie d'autres maladies par sa présentation clinique. Le tableau suivant démontre les éléments distinctifs qui peuvent faire pencher le clinicien vers un diagnostic alternatif.

Torsion testiculaire Épididymite
  • Début plus aigu
  • Absence du réflexe crémastérien du côté affecté
  • Signe de Prehn négatif à l'examen physique
  • Flot artériel absent ou diminué à l'échographie doppler couleur
  • Apparition pendant le sommeil[13]
  • Testicule relevé en hauteur
  • Association avec des symptômes mictionnels
  • Parfois des antécédents d'infections des voies urinaires
  • Signes et symptômes systémiques (fièvre)
  • Sensibilité diffuse du testicule
  • Signe de Prehn positif

7 Diagnostic[modifier | w]

L'imagerie par échographie est recommandée dans tous les cas de douleurs scrotales aiguës.

La torsion des appendices testiculaires demeure un diagnostic clinique. Par contre, en raison de la variabilité de la présentation, cette condition est souvent mal diagnostiquée : 45% des médecins généralistes posent un diagnostic initial incorrect[14]. L'imagerie par échographie est donc recommandée dans tous les cas de douleurs scrotales aiguës. De plus, le scrotum aigu doit être considéré comme une urgence chirurgicale jusqu'à ce qu'une torsion testiculaire soit exclue en raison de la perte catastrophique potentielle d'un testicule[2].

8 Diagnostic différentiel[modifier | w]

Chez un patient présentant une douleur scrotale aiguë, le différentiel comprend les éléments suivants :

9 Traitement[modifier | w]

La torsion d'un annexe testiculaire est généralement une condition auto-résolutive et la plupart des cas un traitement de support suffit, comprenant [2]:

L'inflammation et la douleur disparaissent généralement en moins d'une semaine[2].

La chirurgie est rarement indiquée pour une torsion d'un annexe testiculaire. Une exploration scrotale ne doit être réalisée que :

  • s'il est difficile d'exclure la torsion testiculaire
  • si la douleur est sévère et incontrôlable par les analgésiques
  • si la douleur est prolongée ou récurrente.

En cas de doute raisonnable sur le diagnostic, une exploration scrotale doit avoir lieu pour exclure définitivement la torsion testiculaire. Si la chirurgie confirme qu'il s'agit d'une torsion d'un annexe testiculaire, il n'est pas recommandé d'explorer le côté opposé comme cela est généralement fait pour les torsions testiculaires. [2]

10 Complications[modifier | w]

L'un des défis dans le diagnostic de la torsion d'un appendice testiculaire est de ne pas manquer une torsion testiculaire, car un délai dans la prise en charge pourrait entraîner la perte d'un testicule[2].

Il n'y a pas de complication de la torsion de l'appendice testiculaire par ailleurs.

11 Évolution[modifier | w]

Le pronostic est bon pour la torsion des annexes testiculaires, car ils sont tous deux des vestiges sans fonction connue. La douleur et l'inflammation associées à leur torsion sont spontanément résolutives et la maladie disparaît généralement en une semaine sans intervention chirurgicale[2].

12 Prévention[modifier | w]

Cette maladie ne peut être prévenue.

13 Notes[modifier | w]

  1. L'utilité clinique de ce signe est remis en question.

14 Références[modifier | w]

  1. Imran Mushtaq, Mary Fung et Martin J. Glasson, « Retrospective review of paediatric patients with acute scrotum », ANZ journal of surgery, vol. 73, no 1-2,‎ , p. 55–58 (ISSN 1445-1433, PMID 12534742, DOI 10.1046/j.1445-2197.2003.02612.x, lire en ligne)
  2. 2,00 2,01 2,02 2,03 2,04 2,05 2,06 2,07 2,08 2,09 2,10 2,11 2,12 et 2,13 A. J. Pomajzl et Stephen W. Leslie, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 31550101, lire en ligne)
  3. 3,0 3,1 3,2 et 3,3 Monika Jacob et Klaus Barteczko, « Contribution to the origin and development of the appendices of the testis and epididymis in humans », Anatomy and Embryology, vol. 209, no 4,‎ , p. 287–302 (ISSN 0340-2061, PMID 15668777, DOI 10.1007/s00429-004-0445-7, lire en ligne)
  4. Jong Sung Kim, Yu Seob Shin et Jong Kwan Park, « Clinical features of acute scrotum in childhood and adolescence: Based on 17years experiences in primary care clinic », The American Journal of Emergency Medicine, vol. 36, no 7,‎ , p. 1302–1303 (ISSN 1532-8171, PMID 29100785, DOI 10.1016/j.ajem.2017.10.063, lire en ligne)
  5. Ioannis D. Lyronis, Nikoloas Ploumis, Ioannis Vlahakis et Giorgos Charissis, « Acute scrotum -etiology, clinical presentation and seasonal variation », Indian Journal of Pediatrics, vol. 76, no 4,‎ , p. 407–410 (ISSN 0973-7693, PMID 19205631, DOI 10.1007/s12098-009-0008-2, lire en ligne)
  6. Chidi N. Molokwu, Bhaskar K. Somani et Chris M. Goodman, « Outcomes of scrotal exploration for acute scrotal pain suspicious of testicular torsion: a consecutive case series of 173 patients », BJU international, vol. 107, no 6,‎ , p. 990–993 (ISSN 1464-410X, PMID 21392211, DOI 10.1111/j.1464-410X.2010.09557.x, lire en ligne)
  7. « Testicular Appendages - American Urological Association », sur www.auanet.org (consulté le 8 novembre 2021)
  8. Feilim Liam Murphy, Logan Fletcher et Percy Pease, « Early scrotal exploration in all cases is the investigation and intervention of choice in the acute paediatric scrotum », Pediatric Surgery International, vol. 22, no 5,‎ , p. 413–416 (ISSN 0179-0358, PMID 16602024, DOI 10.1007/s00383-006-1681-0, lire en ligne)
  9. K. A. Johnson et K. C. Dewbury, « Ultrasound imaging of the appendix testis and appendix epididymis », Clinical Radiology, vol. 51, no 5,‎ , p. 335–337 (ISSN 0009-9260, PMID 8641095, DOI 10.1016/s0009-9260(96)80110-3, lire en ligne)
  10. Michael Boettcher, Robert Bergholz, Thomas F. Krebs et Katharina Wenke, « Differentiation of epididymitis and appendix testis torsion by clinical and ultrasound signs in children », Urology, vol. 82, no 4,‎ , p. 899–904 (ISSN 1527-9995, PMID 23735611, DOI 10.1016/j.urology.2013.04.004, lire en ligne)
  11. Susanta Meher, Satyajit Rath, Rakesh Sharma et Prakash Kumar Sasmal, « Torsion of a large appendix testis misdiagnosed as pyocele », Case Reports in Urology, vol. 2015,‎ , p. 430871 (ISSN 2090-696X, PMID 25861514, Central PMCID 4377355, DOI 10.1155/2015/430871, lire en ligne)
  12. Susanta Meher, Satyajit Rath, Rakesh Sharma et Prakash Kumar Sasmal, « Torsion of a large appendix testis misdiagnosed as pyocele », Case Reports in Urology, vol. 2015,‎ , p. 430871 (ISSN 2090-696X, PMID 25861514, Central PMCID 4377355, DOI 10.1155/2015/430871, lire en ligne)
  13. Naoyuki Fujita, Mitsuhiro Tambo, Takatsugu Okegawa et Eiji Higashihara, « Distinguishing testicular torsion from torsion of the appendix testis by clinical features and signs in patients with acute scrotum », Research and Reports in Urology, vol. 9,‎ , p. 169–174 (ISSN 2253-2447, PMID 28920055, Central PMCID 5587186, DOI 10.2147/RRU.S140361, lire en ligne)
  14. M. D. Melekos, H. W. Asbach et S. A. Markou, « Etiology of acute scrotum in 100 boys with regard to age distribution », The Journal of Urology, vol. 139, no 5,‎ , p. 1023–1025 (ISSN 0022-5347, PMID 3361633, DOI 10.1016/s0022-5347(17)42756-x, lire en ligne)

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