Fémur

De Wikimedica
Aller à la navigation Aller à la recherche
Fémur
Os
Femur - animation.gif
Position anatomique Indiquer la position anatomique
Axes et plans
Indiquer les plans et les axes (séparés par un point-virgule)
Articulations liées
Indiquer les articulations en lien (séparés par un point-virgule)
Muscles liés
Indiquer les muscles liés (séparés par un point-virgule)
Ligaments liés
Indiquer les ligaments et tendons liés (séparés par un point-virgule)
Composition
Indiquer la composition de l'os
Informations
Terme anglais Femur
Wikidata ID Q176503
Spécialités Orthopédie, Médecine du sport, Physiatrie, Anatomie

OOjs UI icon help-ltr.svgPage non révisée par un comité éditorial

Le fémur est l'os principal de la cuisse.

1 Description[modifier | w]

1.1 Forme[modifier | w]

Vue postérieure du fémur.

Le fémur est l'os le plus long, le plus lourd et le plus solide du corps humain. Le corps humain possède une paire de fémur (droit et gauche). C'est un os long (1 diaphyse, 2 épiphyses) de la cuisse. Le fémur présente une courbure à concavité postérieure et une torsion sur son axe longitudinal. L'extrémité proximale du fémur comprend une tête, un col et deux trochanters (un grand et un petit). L'extrémité distale comprend deux condyles fémoraux (médial et la téra) et la facette rotulienne en avant.

Subdivision anatomique Description
Partie proximale Tête fémorale Le fémur consiste à son extrémité proximale d'un relief représentant environ les deux tiers d'une sphère d'un rayon entre 20 et 25 mm. La tête fémorale est entourée d'une ligne sinueuse composée d'une courbe supérieure et d'une courbe inférieure. La surface de la tête fémorale est lisse et enrobée de cartilage hyalin, à l'exception d'une dépression ovoïde, en dessous et en arrière de son centre. C'est la fovea capitis. La partie antérieure de la fovea capitis est rugueuse et perforée de plusieurs trous vasculaires et donne attache au ligament de la tête fémorale. En postérieure elle est lisse et entre seulement en contact avec ce ligament[1].
Col fémoral Un col très court (le col anatomique du fémur) en forme de pyramide relie la tête fémorale à son sommet et le reste du fémur à sa base[2]. Au site de liaison du col du fémur avec la diaphyse se trouvent 2 reliefs osseux proéminents, le grand trochanter et le petit trochanter [3][4][5]. Au niveau des épiphyses de l'extrémité proximale, il y a des trous nourriciers qui permettent le passage des vaisseaux sanguins.
Partie distale Face antérieure La face antérieure du corps du fémur distal est convexe et lisse. Sur une vue postérieure du fémur on retrouve une fosse (ou échancrure intercondylienne) en distale. L'ensemble constitue, avec l'épiphyse proximale du tibia et la rotule, l'articulation du genou, de type articulation trochléenne.
Face postéro-latérale externe La face postéro-latérale externe du corps du fémur distal est large, creusée en gouttière à sa partie moyenne et convexe et rétrécit à ses extrémités.
Face postéro-latérale interne La face postéro-latérale interne du corps du fémur distal ressemble à la face postero-latérale externe et est effilée à ses extrémités. Cette face ne possède aucune insertion musculaire.
Bords latéraux Les bords latéraux du fémur (un externe et l'autre interne) sont arrondis et se confondent avec les faces qu'ils séparent.
Bord postérieur Le bord postérieur est saillant, épais et rugueux. C'est la ligne âpre. La ligne âpre est circonscrite par une lèvre externe, une lèvre interne et un interstice.

En proximal, la ligne âpre se sépare en trois branches (externe, interne et moyenne). Les branches externe et interne font suite aux lèvres externe et interne respectivement. La branche externe (tubérosité glutéale) se dirige vers le grand trochanter. La branche moyenne (la ligne pectinée) se dirige vers le petit trochanter. La branche interne (crête du muscle vaste médial) contourne la face interne du fémur, passe en dessous du petit trochanter, et continue sur la face antérieure de l'os (crête intertrochantérique antérieur)[1].

En distale, les lèvres externe et interne de la ligne âpre donnent deux branches (externe et interne). Ces branches se portent vers les saillies latérales et les condyles de l'extrémité inférieure du fémur. Elles délimitent une espace triangulaire à la base inférieure du fémur (la surface poplitée).

Le foramen nourricier principal de l'os se trouve sur la ligne âpre, vers sa partie moyenne ou plus haut.

1.2 Axes et plans[modifier | w]

Le fémur se localise entre l'énarthrose avec l'acétabulum de l'os coxal et l'articulation trochléenne du genou. En station verticale, à son extrémité proximale la tête fémorale est considérablement éloignée de la ligne de gravité du corps. En station verticale, la tête fémorale est orientée vers le haut médialement et en avant par rapport au diaphyse du fémur. Le fémur descend en oblique pour se rapprocher du centre du corps. L'angle entre le col et la diaphyse, également connu sous le nom d'angle d'inclinaison, est d'environ 127o chez l'adulte. Cependant, l'angle d'inclinaison diminue avec l'âge. La largeur du bassin détermine l'angle d'inclinaison du fémur. Cet angle sera donc variable selon le genre (plus grand chez la femme que l'homme), en raison de la différence de conformation du bassin. Il est plus grand chez le nouveau-né (150°) et tend à diminuer au cours de la croissance pour atteindre chez l'adulte 127° environ[1].

La diaphyse très rectiligne du fémur est déviée en dehors par le col du fémur long de 4-5 cm. L'axe mécanique de l'os descend verticalement de la tête fémorale et fait un angle d'environ 7° avec l'axe de la diaphyse à cause de la déviation imposée par le col du fémur. La diaphyse fémorale et l'axe mécanique du fémur s'orientent en postérieur dans le plan frontal et passent par le centre de la tête fémorale. Le col et la tête du fémur font avec la diaphyse un angle dans le plan frontal (angle de déclinaison du fémur ou angle de torsion du fémur). Cet angle assez variable suivant les sujets peut être ouvert en dedans et en avant et atteindre une valeur de 37°, mais normalement il est de 14 à 20°[1].

1.3 Composition[modifier | w]

Comme tous les os longs, le corps du fémur est formé d'une gaine épaisse, un tissu compact qui entoure le canal médullaire. Celui-ci s'arrête en général en bas, à la hauteur de la bifurcation de la ligne d'âpre et en haut, en regard du petit trochanter. Les extrémités du fémur se composent de tissu spongieux qu’enveloppe une lame de tissu compact. La gaine compacte présente sur la paroi inférieure du col du fémur un gros épaississement, la lame osseuse sous trochantérienne [6]. Les travées de tissu spongieux sont disposées de manière à offrir la plus grande résistance aux pressions supportées par les extrémités osseuses. C'est ainsi qu'à l'extrémité supérieure, on voit un système de travées implanté obliquement sur la paroi compacte du col, s’entrecroiser en ogive à l'union du col et de la tête[1].

1.4 Vascularisation[modifier | w]

L'artère fémorale est le principal apport sanguin au membre inférieur. C'est la branche principale après que l'artère iliaque externe traverse le ligament ilio-inguinal. Au niveau du petit trochanter, l'artère fémorale bifurque en l'artère fémorale profonde et superficielle. Les branches perforantes de l'artère fémorale profonde alimentent la tige et la partie distale du fémur [7][8][5]. L’artère fémorale parcourt dans toute son étendue le canal fémoral. À l'intérieur du canal fémoral, l'artère est accompagnée par la veine fémorale qui est en dehors de l’artère et la branche fémorale du nerf génito-fémorale. Les branches collatérales de l’artère fémorale (l’artère épigastrique superficielle, l’artère pudentale supérieure, artère pudentale externe inférieure et l’artère circonflexe iliaque superficielle) ne parcourent pas le fémur.

L’artère fémorale profonde est un volumineux tronc artériel dont les branches alimentent les muscles et les téguments de la presque totalité de la cuisse. Elle naît de la face postérieure de l'artère fémorale, à 4 cm environ en dessous de l'arcade fémorale. L'artère fémorale profonde de la cuisse descend en arrière de l'artère fémorale, en avant du muscle ilio-psoas et de l'interstice qui sépare le muscle pectiné du muscle quadriceps fémoral (en haut) et du muscle vaste médial (en bas). L'artère profonde de la cuisse est à son origine, directement en arrière de l'artère fémorale proprement dite, mais en descendant, elle devient ordinairement un peu en dehors et devient postérieure et externe à l’artère fémorale. Au niveau du tendon du muscle grand adducteur, l’artère profonde de la cuisse traverse ce muscle en constituant au final la 3e artère perforante[1].

L’artère circonflexe latérale de la cuisse naît au niveau de l'artère du muscle quadriceps fémoral. Elle donne des branches au muscle droit de la cuisse, à la capsule de l'articulation de la hanche, au ligament ilio-fémoral, au tenseur du fascia lata et au muscle vaste latéral. Elle contourne le muscle vaste latéral et s’anastomose derrière le fémur, avec l'artère circonflexe médiale[1]. L'artère circonflexe latérale de la cuisse possède 3 divisions, dont un rameau ascendant qui assure la vascularisation du col et de la tête fémorale[9].

L'artère circonflexe médiale de la cuisse prend son origine proche de l’origine de l’artère profonde de la cuisse. Elle s’oriente entre le col du fémur et le bord supérieur du muscle pectiné. Suivant un trajet du muscle obturateur interne jusqu’au muscle carré femoral, elle se dirige en 2 branches terminales. Cette artère donne au cours de son trajet des branches au fémur[1].

Outre les branches de l'artère fémoral, le rameau postérieur de l’artère obturatrice (branche de l'artère iliaque interne) se termine en donnant deux branches anastomotiques dont une s'unit à la tête du fémur. La circonflexe médiale et les anastomoses alimentent principalement la tête fémorale avec l'artère circonflexe latérale et l'artère obturatrice.[10] Les circonflexes médiale et latérale sont des branches de l'artère fémorale. L'artère fovéale se détache de l'artère obturatrice qui traverse le ligament teres femoris comme apport sanguin de soutien à la tête fémorale, mais ce n'est pas la source principale.

2 Explorer en 3D[modifier | w]

3 Fonction[modifier | w]

La fonction principale du fémur est la mise en charge et la stabilité de la marche. Le poids du haut du corps repose sur les 2 têtes fémorales.En position debout, le fémur assure la transmission du poids du corps de l’os coxal au tibia. En position neutre, l’angle d’inclinaison du fémur oriente la tête et le col du fémur plus perpendiculairement par rapport à l’acétabulum. Ceci permet ainsi une plus grande mobilité du fémur au niveau de l'articulation de la hanche. Les muscles abducteurs et rotateurs de la cuisse s’insèrent, principalement au sommet de l’angle sur le grand trochanter et exercent leur traction sur un levier orienté davantage latéralement que verticalement. Ceci confère un effet de levier accru aux abducteurs et rotateurs de la cuisse et permet à la masse considérable des muscles abducteurs de la cuisse de se trouver au-dessus du fémur plutôt qu'à son côté latéral. Tout ceci présente des avantages pour la marche bipède, mais cette disposition soumet le col du fémur à des contraintes considérables.

4 Mécanique[modifier | w]

4.1 Ostéocinématique[modifier | w]

L'articulation de la hanche, met en rapport la tête du fémur et l’acétabulum. La tête fémorale enchâssée dans l’acétabulum est maintenue en place par le labrum acétabulaire. La congruence des surfaces articulaires n'est cependant pas parfaite, ce qui entraîne des variations de pression intra-articulaires au cours des mouvements. Ces variations de pression permettent une bonne circulation des liquides intra et extra articulaires, indispensable à la biomécanique normale d'une articulation qui travaille dans des conditions variables.

L'articulation de la hanche s'exécute autour de 3 axes principaux :

  • transversal : mouvement de flexion-extension coxo-fémorale
  • antéro-postérieur : adduction et abduction de la hanche
  • vertical : rotation.

Le ligament capsulaire est une gaine épaisse qui s'enroule autour du périoste acétabulaire et du fémur proximal.[11] Il maintient la tête fémorale dans l'acétabulum du bassin. Le ligament capsulaire limite la rotation interne, mais permet une rotation externe. [12][13][5]

Description des mouvements du fémur
Mouvement Description
Flexion-extension La flexion-extension de la cuisse autour d'un axe transversal passe par le centre de courbure de la tête fémorale. Cet axe rencontre en dehors le grand trochanter et en dedans la fovea capitis.
  • L’amplitude totale de l'extension extrême à la flexion extrême atteint 135°. La flexion atteint 120° mesurés entre la position de départ (debout) jusqu'à sa position extrême au moment où la face antérieure de la cuisse rencontre la paroi abdominale antérieure. C'est le mouvement le plus important de l'articulation. Au cours de la flexion, la capsule et les ligaments antérieurs se relâche, tandis que la capsule et les ligaments postérieurs se tendent. Les muscles de la loge postérieure de la cuisse, en allongement forcé, arrêtent la flexion au bout de 90°.Le relâchement des muscles postérieurs est donc nécessaire pour atteindre les 120° flexion.
  • L’extension de la hanche à partir de la position de départ est de très limité puisque la position de départ est déjà une position d'extension du membre inférieur. Celle-ci ne dépasse pas 15°. C'est limité par la tension du ligament ilio-fémorale. hyperextension. Le ligament ischio-fémoral s'enroule autour du col, serre et appuie fortement la tête du fémur contre le fond de l’acetabulum, bloque, l'articulation de la hanche et empêche la chute du corps en arrière.
Abduction L’abduction la hanche s'effectue autour d'un axe horizontal et antéro-postérieur passant par le centre de courbure de la tête fémorale. Il peut atteindre 145° de l'adduction extrême à l'abduction extrême, mais nécessite des déplacements complémentaires du bassin et du membre inférieur de l'autre côté (le grand écart). Lors de l’abduction de la hanche qui atteint normalement une amplitude de 50°, la cuisse s'élève latéralement et la tête fémorale, glisse de haut en bas dans le acétabulum, tendant seulement la partie inférieure de la capsule. Le mouvement est arrêté par la tension des ligaments ilio-prétrochantérien et pubo-fémoral.
Adduction L’adduction de la cuisse est un mouvement très limité qui ne dépasse pas 20° en raison de la rencontre des 2 cuisses lors de son exécution. Dans la posture verticale, lorsqu'on croise les jambes l'amplitude du mouvement peut atteindre 55°. Normalement, l’adduction est limitée par la tension du faisceau ilio-prétrochantérique (faisceau supérieur du faisceau ilio-fémorale). Le mouvement d'adduction de la cuisse est d'autant plus important que la cuisse est fléchie (position assise) et que le bassin s'incline latéralement.
Rotation Les mouvements de rotation de la cuisse s’effectuent autour de l'axe mécanique du fémur, l'axe vertical qui part du centre de la tête fémorale et descend jusqu'à la face externe du condyle interne. La rotation totale peut atteindre 50° (avec le membre inférieur en extension). Par contre, en position assise avec la cuisse fléchie, elle peut s'élever à 100°, lors d’une rotation extrême de dehors, en dedans ou de rotation de dedans en dehors.
  • Un mouvement de rotation en dehors de la cuisse avec la pointe du pied qui se porte en dehors augmente la surface du polygone de sustentation. Le grand trochanter regarde en arrière et le petit en avant. La tête fémorale se porte elle aussi en avant. Le mouvement est arrêté par la tension du ligament ilio-prétrochantérique. L'amplitude de ce mouvement est d'environ 13° et lorsque la cuisse est fléchie, la rotation s'élève à 40°.
  • Le mouvement de rotation en dedans de la cuisse, porte la pointe du pied en dedans et les talons en dehors, dans la position debout. Le grand trochanter s’oriente vers l’avant et le petit en arrière avec la tête fémorale, glissant de l'avant en arrière. Le mouvement est arrêté par la tension des ligaments ischio-fémoral et le ligament pré-trochanter. Ce mouvement peut atteindre 37°. En position assise, le mouvement peut s'élever jusqu'à 60°, car la flexion de la cuisse, détend les muscles tendus pendant l'extension.
  • Le mouvement de circumduction est celui dans lequel le fémur tourne autour d'un axe oblique en bas en avant et au-dehors.

5 Informations cliniques[modifier | w]

5.1 Pathologies liées[modifier | w]

Les pathologies en lien avec le fémur sont :

5.2 Considérations chirurgicales[modifier | w]

Les patientes âgées sont plus susceptibles de souffrir d'ostéoporose qui les expose à un risque de fractures consécutives à une chute. En raison de la résistance de l'os du fémur, les jeunes patients subissent souvent des fractures du fémur suite à des traumatismes à haute énergie tels que des accidents de véhicule à moteur ou des chutes d'une hauteur importante. À moins que les patients ne présentent des risques chirurgicaux élevés ou des comorbidités graves, toutes les fractures du fémur sont prises en charge de manière chirurgical pour permettre aux patients de se déplacer plus tôt et d'améliorer leur qualité de vie. Les principales complications qui mènent à une révision sont la nécrose avasculaire, la pseudarthrose aseptique et la fracture péri-prothétique.[4][5]

En ce qui concerne une fracture du fémur proximal, la décision de poursuivre une arthroplastie par rapport à une fixation interne dépend du profil et des caractéristiques de la fracture. Une fracture intracapsulaire qui implique le col fémoral est plus susceptible de perturber l'apport sanguin de la branche profonde de l'artère circonflexe fémorale médiale qu'une fracture extracapsulaire. Ainsi, une arthroplastie avec remplacement de la tête fémorale est plus appropriée pour éviter le risque de nécrose avasculaire si elle est traitée avec un clou et des vis intramédullaires (IM). [12][5]

Les fractures du col du fémur sont évaluées par radiographie sur film simple et peuvent être classées à l'aide de la classification de Garden. Le Garden type I est une fracture incomplète du col du fémur qui est peu déplacée ou impacté en valgus. Le Garden type II est une fracture complète avec un déplacement minimal. Le Garden type III est une fracture complète avec moins de 50% de déplacement. Le Garden type IV est une fracture complète avec plus de 50% de déplacement. Cependant, il est difficile de classer les fractures sur la radiographie, de sorte que les fractures du col fémoral sont principalement classées comme déplacées (Garden I et II) ou non déplacées (Garden III et IV). Les fractures non déplacées sont traitées avec des vis à os spongieux(cancellous lag screws) ou des vis à compression de la hanche (sliding hip screws) vis de hanche coulissantes. Les deux techniques ont à peu près les mêmes résultats et complications. Les vis à os spongieux sont associés à une durée opératoire plus courte et à une perte de sang moindre. Cependant, les vis à os spongieux ont également un taux de révision plus élevé que les vis de hanche en raison de l'irritation proéminente de la tête de la vis à os spongieux des tissus mous lorsque le col naturel du fémur se raccourcit en postopératoire.

Les fractures distales du fémur sont des lésions compliquées qui doivent être évaluées par tomodensitométrie car plus de la moitié des fractures distales du fémur sont intra-articulaires et le type de traitement chirurgical dépend de la présence ou non d'une atteinte de l'espace articulaire. Les fractures extra-articulaires sont traitées avec un clou, une plaque, une lame ou des vis intramédullaires antérogrades ou rétrogrades (IM). Le clou IM rétrograde a de meilleurs résultats et des taux de révision et d'infection inférieurs par rapport à la fixation interne à réduction ouverte avec plaque, lame ou vis. Le clou IM antérograde a des résultats comparables à un clou IM rétrograde. Certaines fractures intra-articulaires stables et non déplacées peuvent être traitées avec un clou IM rétrograde, mais la plupart des fractures intra-articulaires doivent être traitées comme une arthroplastie totale du genou (ATG). Cependant, les patients âgés qui subissent une ATG ont une morbidité et une mortalité élevées, de sorte que la sélection des patients est importante. Les révisions de ATG ont des résultats moins bons que les ATG primaires[14][5].

6 Entités anatomiques liées[modifier | w]

6.1 Articulations liées[modifier | w]

Les articulations en lien avec le fémur sont :

  • la hanche
  • le genou
  • l'articulation fémoro-patellaire.

Les hanches et les genoux sont des articulations synoviales recouvertes de cartilage pour réduire la friction et optimiser l'amplitude des mouvements. Les caractéristiques osseuses sont des repères pour mesurer l'axe le long du fémur. [15][16][5]

Au niveau du fémur distal, la tige s'évase en forme de cône sur une base cuboïdale constituée du condyle médial et latéral. Les condyles médial et latéral relient le fémur au tibia, formant l'articulation du genou.[5]

6.2 Muscles liés[modifier | w]

Les muscles de la cuisse sont divisés en compartiments antérieur, médial, postérieur et fessier. Le fémur se trouve dans le compartiment antérieur. [5] La ligne âpre et la ligne pectinée présentent plusieurs insertions musculaires. Ces insertions musculaires sont au niveau de:

  • la lèvre externe qui donne attache au muscle vaste latéral
  • la lèvre interne où s'insère le muscle vaste médial
  • un interstice où s'insèrent les adducteurs de la cuisse et la courte portion du biceps.
  • la tubérosité glutéale qui donne attache au muscle grand fessier et au faisceau supérieur du muscle grand adducteur.
  • la ligne pectinée donne attache à une insertion du muscle pectiné.
Description des muscles en lien avec le fémur en fonction du compartiment
Compartiment Description
Antérieure La face antérieure donne des insertions au muscle vaste intermédiaire et aux muscles articulaires du genou. Le compartiment antérieur est composé de muscles principalement utilisés pour la flexion de la hanche et l'extension du genou. Les fléchisseurs de la hanche comprennent le pectiné, le psoas-iliaque et le muscle sartorius. Le nerf fémoral innerve tous les fléchisseurs de la hanche autres que le psoas iliaque. Le muscle ilio-psoas est le fléchisseur de hanche le plus puissant et il est composé du psoas major (muscle grand psoas) et du muscle iliaque. Le psoas major provient de la paroi abdominale postérieure et rejoint le muscle iliaque du bassin en se fixant au petit trochanter du fémur.[17][5]
Postérieure Les muscles du compartiment postérieur sont principalement des extenseurs de la hanche et des fléchisseurs du genou. Il est composé de biceps fémoraux, de muscles semi-tendineux et semi-membraneux. La division tibiale du nerf sciatique innerve la plupart des muscles postérieurs de la cuisse, à l'exception du biceps fémoral. Le biceps fémoral a 2 têtes, la tête longue et la tête courte. La tête longue est innervée par la branche tibiale du nerf sciatique. La tête courte est innervée par la division péronière (fibulaire) commune du nerf sciatique. [17][5]
Postéro-latérale La face postéro-latérale externe donne des insertions au muscle vaste intermédiaire.

Des couches musculaires superficielles et profondes organisent le fessier. La couche superficielle est composée des muscles grand fessier, moyen fessier et petit fessier. L’extension de la hanche, l’abduction et la rotation interne sont la fonction principale du muscle grand fessier (le muscle le plus superficiel au niveau des fessiers). Le nerf glutéal supérieur innerve les muscles moyen et petit fessier. Le nerf glutéal inférieur innerve le grand fessier. La couche profonde est constituée du piriforme, de l'obturateur interne, du quadratus femoris et des jumeaux supérieur et inférieur. Le nerf sciatique est le nerf le plus long et le plus gros du corps. Il passe entre les piriformes et les gemelli supérieurs. Ces muscles fessiers plus courts et plus profonds aident à la rotation externe de la hanche. [18][5]

Médiale La fonction du compartiment médial est principalement l’adduction des jambes. Il comprend le long adducteur, le court adducteur, l'adducteur magnus, le gracilis et l'obturateur externe. L'innervation nerveuse principale du compartiment médial est le nerf obturateur du plexus lombaire.[17][5]

6.3 Ligaments liés[modifier | w]

Les ligaments liés au fémur sont :

  • à l'extrémité supérieure du fémur :
    • le ligament ilio-fémoral
    • le ligament pubo-fémoral
    • le ligament ischio-fémoral
    • le ligament de la tête fémorale
  • à l'extrémité inférieure du fémur :
    • le ligament latéral interne
    • le ligament latéral externe
    • le ligament croisé antérieur
    • le ligament croisé postérieur
    • le ligament ménisco-fémoral
    • le ligament poplité oblique
    • le ligament poplité arqué.

6.4 Os liés[modifier | w]

  • À l'extrémité supérieur du fémur, la tête du fémur s'articule avec l'acétabule de l'os coxal.
  • À l'extrémité inférieure du fémur, le fémur s'articule avec le tibia, la patella et la fabella (variante anatomique).

7 Variantes anatomiques[modifier | w]

L'angle du col fémoral par rapport à la diaphyse fémorale varie considérablement. Les valeurs adultes pour les humains se situent généralement entre 120 et 140°, bien que des valeurs < 120° et > 140° ne soient pas rares (appelées respectivement coxa varus et coxa valgus). Au niveau individuel, l'asymétrie entre l'angle du col fémoral par rapport à la diaphyse gauche et droite est parfois marquée, mais aucune différence latérale cohérente au niveau de la population n'a été rapportée à ce jour. Cet angle change au cours de la croissance, étant plus élevée chez les jeunes et diminuant pendant l'enfance, atteignant généralement les valeurs adultes à l'adolescence, après quoi elle reste stable, bien qu'il puisse y avoir une baisse supplémentaire mineure avec l'âge. L'existence d'une différence entre les sexes est sujette à discussion[1]. Les preuves limitées disponibles en anthropologie physique indiquent que les différences sexuelles sont mineures et incohérentes mais les manuels d'anatomie indiquent souvent que cet angle est plus faible chez les femmes. L'importance médicale de cet angle est principalement liée à son rôle possible dans la vulnérabilité différente de divers groupes à l'arthrose au niveau de l'articulation de la hanche et au risque de fracture du col du fémur, qui entraîne une invalidité considérable chez les personnes âgées et nécessite une arthroplastie de la hanche coûteuse.

8 Embryologie[modifier | w]

Le fémur est dérivé du mésoderme latéral, spécifiquement le somatopleure. À partir de la 5ème et 6ème semaine de développement, le mésoderme de la plaque latérale se condense et se chondrifie en structures de cartilage hyalin. Aux semaines 7 à 9, des centres d'ossification primaires commencent à se former dans le fémur en développement. De la semaine 9 à la naissance, la diaphyse continue de se développer tandis que l'épiphyse reste sous forme de cartilage hyalin[19]. Les chondrocytes de la diaphyse s'hypertrophient et deviennent apoptotiques. Ceci mène à la minéralisation de la matrice osseuse. À partir de la naissance, des ossifications secondaires se développent et forment les plaques épiphysaires séparées de la diaphyse par la métaphyse. La croissance du fémur continu jusqu'au début de l'âge adulte et est maintenue par la prolifération des chondrocytes dépendants de FGF (Fibroblast growth factor) dans les plaques de croissances[20].

Le fémur possède un point unique d'ossification primaire au niveau de la diaphyse. Les points d'ossification secondaires se trouvent dans les épiphyses: l'épiphyse proximale possède 3 points d'ossification secondaires (tête fémoral, grand et petit trochanter) et l'épiphyse distale n'en possède qu'un. À l'épiphyse proximal, l'ossification secondaire au niveau de la tête fémorale apparaît en fin de la première année de vie et termine de s'ossifier vers l'âge de 18 ans. Au niveau du grand trochanter, l'ossification secondaire apparaît à 4 ans et s'ossifie aux alentours de 18 ans. Le point d'ossification secondaire du petit trochanter apparaît à 13-14 ans et s'ossifie vers 18 ans aussi.

L'épiphyse distale contribue à 70% de la croissance du fémur et à 55% de la croissance du membre pelvien. L'ossification secondaire au niveau de l'épiphyse distale apparaît au 9ème mois de vie foetale et s'ossifie aux alentours de 20 ans.

9 Références[modifier | w]

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6 1,7 et 1,8 Henri Rouvière et André Delmas, Anatomie humaine Tome 3, France, Masson, , 667 p. (ISBN 2-294-00393-4), p. 328-336
  2. « Fémur - Définition et Explications », sur Techno-Science.net
  3. Christoph Kolja Boese, Jens Dargel, Johannes Oppermann et Peer Eysel, « The femoral neck-shaft angle on plain radiographs: a systematic review », Skeletal Radiology, vol. 45, no 1,‎ , p. 19–28 (ISSN 1432-2161, PMID 26305058, DOI 10.1007/s00256-015-2236-z, lire en ligne)
  4. 4,0 et 4,1 April Reynolds, « The fractured femur », Radiologic Technology, vol. 84, no 3,‎ , p. 273–291; quiz p.292–294 (ISSN 1943-5657, PMID 23322864, lire en ligne)
  5. 5,00 5,01 5,02 5,03 5,04 5,05 5,06 5,07 5,08 5,09 5,10 5,11 et 5,12 Amy Chang, Grant Breeland et John B. Hubbard, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 30422577, lire en ligne)
  6. Poirier P et Charpy A, Traité d'anatomie humaine, Volume 1, Paris, France, Masson, (lire en ligne), p. 230
  7. Ashraf Y. Nasr, Mohammed H. Badawoud, Abdulmonem A. Al-Hayani et Adel M. Hussein, « Origin of profunda femoris artery and its circumflex femoral branches: anatomical variations and clinical significance », Folia Morphologica, vol. 73, no 1,‎ , p. 58–67 (ISSN 0015-5659, PMID 24590524, DOI 10.5603/FM.2014.0008, lire en ligne)
  8. Aleksandra Vuksanović-Božarić, Marija Abramović, Ljiljana Vučković et Mileta Golubović, « Clinical significance of understanding lateral and medial circumflex femoral artery origin variability », Anatomical Science International, vol. 93, no 4,‎ , p. 449–455 (ISSN 1447-073X, PMID 29500659, DOI 10.1007/s12565-018-0434-1, lire en ligne)
  9. « Artère profonde de la cuisse », sur fr.wikipedia.org (consulté le 1er octobre 2021)
  10. L. E. Lazaro, C. E. Klinger, P. K. Sculco et D. L. Helfet, « The terminal branches of the medial femoral circumflex artery: the arterial supply of the femoral head », The Bone & Joint Journal, vol. 97-B, no 9,‎ , p. 1204–1213 (ISSN 2049-4408, PMID 26330586, DOI 10.1302/0301-620X.97B9.34704, lire en ligne)
  11. Felipe V. Wagner, José R. Negrão, Juliana Campos et Samuel R. Ward, « Capsular ligaments of the hip: anatomic, histologic, and positional study in cadaveric specimens with MR arthrography », Radiology, vol. 263, no 1,‎ , p. 189–198 (ISSN 1527-1315, PMID 22371607, DOI 10.1148/radiol.12111320, lire en ligne)
  12. 12,0 et 12,1 M. A. Fernandez, X. L. Griffin et M. L. Costa, « Management of hip fracture », British Medical Bulletin, vol. 115, no 1,‎ , p. 165–172 (ISSN 1471-8391, PMID 26311503, DOI 10.1093/bmb/ldv036, lire en ligne)
  13. Richard J. van Arkel, Andrew A. Amis et Jonathan R. T. Jeffers, « The envelope of passive motion allowed by the capsular ligaments of the hip », Journal of Biomechanics, vol. 48, no 14,‎ , p. 3803–3809 (ISSN 1873-2380, PMID 26429769, Central PMCID 4655836, DOI 10.1016/j.jbiomech.2015.09.002, lire en ligne)
  14. M. Ehlinger, G. Ducrot, P. Adam et F. Bonnomet, « Distal femur fractures. Surgical techniques and a review of the literature », Orthopaedics & traumatology, surgery & research: OTSR, vol. 99, no 3,‎ , p. 353–360 (ISSN 1877-0568, PMID 23518071, DOI 10.1016/j.otsr.2012.10.014, lire en ligne)
  15. Mengnai Li et Peter A. Cole, « Anatomical considerations in adult femoral neck fractures: how anatomy influences the treatment issues? », Injury, vol. 46, no 3,‎ , p. 453–458 (ISSN 1879-0267, PMID 25549821, DOI 10.1016/j.injury.2014.11.017, lire en ligne)
  16. Julio Carballido-Gamio et Daniel P. Nicolella, « Computational anatomy in the study of bone structure », Current Osteoporosis Reports, vol. 11, no 3,‎ , p. 237–245 (ISSN 1544-2241, PMID 23722733, DOI 10.1007/s11914-013-0148-1, lire en ligne)
  17. 17,0 17,1 et 17,2 Rolf D. Burghardt, Sebastian Siebenlist, Stefan Döbele et Martin Lucke, « Compartment syndrome of the thigh. A case report with delayed onset after stable pelvic ring fracture and chronic anticoagulation therapy », BMC geriatrics, vol. 10,‎ , p. 51 (ISSN 1471-2318, PMID 20663221, Central PMCID 2916002, DOI 10.1186/1471-2318-10-51, lire en ligne)
  18. Moisés Fernández Hernando, Luis Cerezal, Luis Pérez-Carro et Faustino Abascal, « Deep gluteal syndrome: anatomy, imaging, and management of sciatic nerve entrapments in the subgluteal space », Skeletal Radiology, vol. 44, no 7,‎ , p. 919–934 (ISSN 1432-2161, PMID 25739706, DOI 10.1007/s00256-015-2124-6, lire en ligne)
  19. S. Connor Dennis, Cory J. Berkland, Lynda F. Bonewald et Michael S. Detamore, « Endochondral ossification for enhancing bone regeneration: converging native extracellular matrix biomaterials and developmental engineering in vivo », Tissue Engineering. Part B, Reviews, vol. 21, no 3,‎ , p. 247–266 (ISSN 1937-3376, PMID 25336144, Central PMCID 4442558, DOI 10.1089/ten.TEB.2014.0419, lire en ligne)
  20. (en) « Limb Development », sur DukeMedicine (consulté le 26 août 2021)