Utilisateur:Audrey-Anne Roberge/Brouillons/Traitement du cancer du sein en Kinésiologie

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Traitement du cancer du sein en Kinésiologie
Programme d'exercice
Programme d'exercices

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Cette page a pour but de décrire les effets de l'activité physique auprès de la population ayant un diagnostic de cancer du sein.

1 Contexte[modifier | w]

Le cancer est la deuxième cause de décès dans le monde[1]. Bien qu'il en existe plusieurs types, pour les femmes, le cancer du sein est celui qui est le plus fréquent[2]. Au Canada, il est estimé que «27 700 Canadiennes recevront un diagnostic de cancer du sein» et qu'une femme sur huit aura un diagnostic de cancer du sein au cours de sa vie.[3] Le cancer du sein est une «croissance anormale et incontrôlable des cellules»[4] au niveau du sein. Parmi les facteurs de risques de cette maladie chronique, il y a ceux qui sont non-modifiables, par exemple être une femme, être âgée de 55 ans et plus, ou encore avoir des antécédents familiaux de cancer du sein[5], et il y a ceux qui sont modifiables, telles que la consommation excessive d'alcool, l'obésité et l'inactivité physique.[6] D'ailleurs, des études ont démontrés que la présence de comorbidités est un facteur pronostique important[7] et que ces dernières sont plus fréquentes chez les survivants du cancer.[8] Ainsi, bien qu'il existe divers traitements face à cette maladie, avec une survie moyenne à 5 ans de 88%[9], il est possible de se demander l'effet de l'activité physique (AP) auprès d'une population atteinte de cancer du sein considérant qu'il s'agit d'un facteur de risque modifiable et l'impact que l'AP peut avoir sur certaines comorbidités. Il sera alors question du rôle de l'AP dans la prise en charge d'une population atteinte de cancer du sein.

2 Indication[modifier | w]

  1. Population générale afin de réduire le risque de développer le cancer du sein[10]
  2. Personnes atteintes de cancer en l'absence de contre-indications absolues, tout en adaptant l'AP à la condition de santé de la personne et si présence de contre-indications relatives[11]

3 Contre-indications[modifier | w]

Certaines conditions médicales requièrent une attention particulière, notamment si l'AP est effectuée pendant ou après un traitement pour le cancer qui provoque des effets secondaires. À ce moment, des considérations devront être de mise[8].

3.1 Absolues[modifier | w]

3.1.1. Vomissements/Diarrhée

Effet secondaire possible des traitements de chimiothérapie ou de radiothérapie[12], les vomissements et la diarrhée peuvent y être subséquentes et alors impacter la personne dans ses activités. Il est recommandé de ne pas faire d'AP lors de ces symptômes et d'attendre au moins 48h[8] sans symptômes avant d'entreprendre une AP puisqu'ils peuvent mettre la personne à risque de déshydratation, d'hyponatrémie, d'hypocalcémie, d'hypokaliémie, d'hypochlorémie ou encore de malnutrition.[13]

3.1.2. Fièvre

Tout comme pour les vomissements et la diarrhée, une personne ne devrait pas pratiquer d'AP si une fièvre de plus de 38 degrés Celcius est présente. Être sans symptômes depuis au moins 48h est un prérequis pour la reprise de l'AP.[8]

3.1.3. Trouble aigue au bras ou à l'épaule

À la suite d'un traitement médical du cancer du sein, une personne peut présenter un trouble aigue dans la région de l'épaule, par exemple de l'enflure[14], de la douleur, une capsulite rétractile, des adhésions, des cicatrices, le lymphœdème[15], etc... Les blessures à l'épaule sont fréquentes chez cette population et peuvent entraîner des limitations fonctionnelles[15]. Ces problèmes nécessitent une évaluation médicale[14] afin d'avoir les soins appropriés[15] avant d'entreprendre un programme d'exercices impliquant le membre supérieur.

3.1.4. Ataxie[16]

3.1.5. Fatigue extrême[16]

3.1.6. Anémie sévère[14] (se limiter à exercice d'intensité modérée lors d'hémoglobine en bas ou égal à 80 g/L)[11]

3.1.7. Décompensation d'une pathologie cardiopulmonaire [11]

Les patients qui suivent ou ont suivi un traitement de chimiothérapie ou de radiothérapie sont plus à risques de développer des troubles cardiopulmonaires en raison de la toxicité de ces traitements[14], comme la cardiotoxicité ou la neurotoxicité.[8] En ce sens, on peut considérer qu'une « dégradation de l'état général avec une incidence importante sur la tolérance à l'effort »[17] est une contre-indication absolue à l'exercice.

3.1.8. Dénutrition sévère[11]

Une évaluation par un(e) nutritionniste est recommandée en présence de cachexie ou sarcopénie afin de ne pas aggraver un déficit énergétique.[17]

3.1.9. Exercice dans un milieu aquatique lors de traitement de radiothérapie[18]

3.1.10. Angine modérée à sévère[18]

3.1.11. Vertiges et/ou étourdissements[18]

3.1.12. Cyanose[18]

3.1.13. Saturation en oxygène en-bas de 88% à air ambiant[18]

3.1.14. Exercice avec impact, postures extrêmes ou torsion du tronc lors d'ostéoporose avérée ou suspectée[8]

3.1.15. Exercice qui met en tension un site osseux où il y a présence ou proximité de métastases osseuses[14]

3.2 Relatives[modifier | w]

3.2.1. Douleur[8]

3.2.2. Risque de fractures élevé[11]

Le ratio risques/bénéfices doit être évalué, notamment en présence d'ostéoporose, de métastases osseuses[17] ou d'un traitement d'hormonothérapie.[11]

3.2.3. Neutropénie[17] et/ou globules blancs en bas de 3 000/mm3

L'American College of Sports Medicine recommande « d'éviter les lieux publics ».[8]

3.2.4. Traitement de chimiothérapie

L'AP de haute intensité est contre-indiquée si le traitement de chimiothérapie a eu lieu dans les 24 dernières heures.[17]

3.2.5. Évolution d'un lymphœdème[11]

3.2.6. Plaquettes en bas de 50 000/mm3

L'American College of Sports Medicine recommande « d'éviter les activités à risques de chutes ou de blessures ».[8]

3.2.7. Pression artérielle systolique plus grande que 200 mmHg ou pression artérielle diastolique plus grande que 110 mmHg après 2 mesures[18]

3.2.8. Fréquence cardiaque de repos de plus de 120 bpm après 2 mesures[18]

3.2.9. Symptômes cardiorespiratoires

En présence de symptômes comme une respiration courte ou sifflante, de la fatigue, une claudication, une douleur à poitrine qui augmente ou encore lors de suspicion de cardiotoxicité, une évaluation médicale devrait être de mise.[18]

3.2.10. En convalescence d'une chirurgie

Une personne atteinte du cancer du sein pourrait subir une chirurgie comme traitement médical, telles une mastectomie ou encore une tumorectomie. La mammoplastie est aussi envisageable au moment d'effectuer la mastectomie ou plus tard.[19] Il faut alors suivre les recommandations post-opératoires pour l'intervention en activité physique. Il est ainsi possible que certaines formes d'exercices soient contre-indiquées jusqu'à 8 semaines post-chirurgie[14] dont les sports ou exercices intenses. L'accord du médecin et l'avis d'un physiothérapeute est conseillé avant de reprendre toute forme d'exercice directement après une chirurgie.[20]

4 Prescription recommandée[modifier | w]

Les exercices aérobie, musculaire et/ou de flexibilité sont indiqués autant chez les personnes suivant un traitement que chez les survivants du cancer du sein[17]. En règle générale, « évitez l'inactivité »[12] est le message clé de l'intervention en activité physique. L'entraînement doit alors être adapté si la personne a un traitement médical ou non.[21]

À propos de l'entraînement aérobie, il est recommandé de s'entraîner à une intensité modérée 3 fois par semaine d'au moins 30 minutes pour une période de 8 à 12 semaines [21] afin de voir des bénéfices, autant chez ceux en traitement que les survivants. Du point de vue du volume, 150 minutes à intensité modérée ou 75 minutes à intensité élevée par semaine sont suggérées.[14] Des modalités comme la marche ou le vélo sont appropriées.[14]

  • Une intensité modérée correspond à une fréquence cardiaque (FC) entre 40-59% de la fréquence cardiaque de réserve[note 1][14] ou une perception de l'effort de 3-5 sur l'échelle de Borg de 0-10.[14]
  • Une intensité élevée correspond à une fréquence cardiaque entre 60-89% de la fréquence cardiaque de réserve ou une perception de l'effort de 6-8 sur l'échelle de Borg de 0-10.[14]

Quant à l'entraînement musculaire, il est plutôt recommandé pour cette clientèle de s'entraîner 2 fois par semaine avec 2 séries de 8-15 répétitions[21] pour voir des bénéfices. Les exercices musculaires devraient toucher la majorité des grands groupes musculaires, lors de journées non-consécutives.[14]

À propos des exercices de flexibilité, il est recommandé d'en faire 2-3 fois par semaine en maintenant 10-30s chaque étirement. Des exercices de mobilité et de flexibilité doivent être réalisés en respectant les limitations de la personne. Par exemple, en présence d'une mastectomie, il est important de suivre les directives post-chirurgie quant à la mobilisation. Dans cette même optique, les exercices aérobies et musculaires doivent aussi être ajustés selon la condition de santé de la personne, les effets secondaires qu'elle vit et les comorbidités présentes.[14]

D'autres modalités d'entraînement pourraient s'avérer bénéfiques auprès de cette population, tel le yoga[21] ou le tai chi[14]. Plus d'études sont cependant nécessaires afin de démontrer l'efficacité de telles interventions (bateau-dragon, HITT, sports,...).[21]

5 Exécution[modifier | w]

L'évaluation préexercice à l'aide d'un test d'effort et l'autorisation médicale peuvent être indiquées si la personne a des effets secondaires persistants et importants ainsi qu'en présence de métastases ou comorbidités significatives. En ce sens, le jugement clinique de l'intervenant est nécessaire, tout comme la collaboration avec l'équipe soignante en oncologie.[14] Cependant, ceci pourrait être une barrière à la pratique d'AP auprès de cette population, ce qui explique pourquoi l'exercice de faible intensité, autant aérobie, musculaire que la flexibilité, peuvent être commencés sans évaluation préalable, chez les survivants à faible risque de complications.[21] En ce sens, il est recommandé de débuter tranquillement l'exercice avec des séances de plus courtes durées et intensités. Il est important que la personne tolère l'AP prescrite. Graduellement, le volume d'AP, soit la fréquence et la durée, peuvent être augmenter jusqu'à 5 fois par semaine. L'intensité aussi peut être augmentés,[14] mais une progression plus conservatrice devrait être adoptée chez ceux sous traitement ou si ce dit traitement fut terminé récemment.[22] En ce sens, il est possible que les recommandations du volume d'exercice ne soient pas atteintes.[21] Dans tous les cas, il faut considérer les symptômes et les effets secondaires lors de la progression. Par exemple, si la personne présente plus de fatigue qu'à l'habitude, il faut réduire l'entraînement.[17] Conséquemment, il faut aussi considérer que l'AP ne doit pas faire apparaître ou exacerber des symptômes.[11]

Lors de l'entraînement musculaire, il est recommandé pour ceux atteints de lymphœdème de porter un vêtement de compression. Bien que ces personnes n'aient aucune limite de charge à soulever[14], le principe « commencer lentement, progresser lentement »[21] est de mise auprès de ceux-ci. Il est donc suggérer de commencer par des charges sous-maximales et des amplitudes de mouvement réduites.[22] L'entraînement musculaire devrait être supervisée au début.[14] Par ailleurs, commencer un programme d'entraînement par de l'entraînement musculaire peut être un bon départ.[18] De plus, il est recommandé de diminuer la résistance, donc la charge, pour un entraînement musculaire lorsqu'une personne en cours de traitement ne s'entraîne pas pendant une semaine ou plus. Ainsi, pour chaque semaine d'entraînement musculaire non-complétée, la charge doit être diminuée à ce qu'elle était deux semaines plus tôt.[14]

Ensuite, bien que l'entraînement supervisé est reconnu comme donnant plus de résultats et que l'entraînement en groupe peut être plus attrayant, ils peuvent s'avérer non-adéquats, notamment si la personne est à risque d'infection.[17] De surcroit, il faut s'assurer que la supervision soit plus rapprochée pour une personne avec une condition cardiovasculaire[11] ou à risque élevé de fractures, c'est-à-dire s'il y a présence d'ostéoporose, de métastases ou d'hormonothérapie.[14] Que l'entraînement musculaire ou aérobie soit supervisé ou non, il devrait toujours débuter par un échauffement[23] et se terminer par un retour au calme, à faible intensité.[14]

6 Complications[modifier | w]

Selon l'American College of Sports Medicine, cette population est à risque élevé de fractures.[14] L'ostéoporose et les métastases osseuses[17] secondaires au traitement ou au cancer du sein sont possibles, chez les personnes atteintes de cancer ou les survivants du cancer[8]. Ainsi, l'intervention en activité physique doit tenir compte de cette réalité. De plus, les différents types de traitements médicaux du cancer du sein peuvent entraîner des complications (ex : cardiotoxicité, neuropathies sensorielle ou motrice, système immunitaire altéré[16]) qui peuvent entraîner des risques à la pratique d'AP. Dans la même optique, les personnes avec un système immunitaire altéré sont à risque d'infection.[17] De plus, lorsque l'équilibre[8] est altérée, ces personnes peuvent être à risque de chutes et de blessures. Ensuite, les effets de la cardiotoxicité peuvent se traduire par de l'insuffisance cardiaque congestive, des arythmies qui peuvent survenir à l'exercice, une cardiomyopathie ou encore une dysfonction ventriculaire gauche.[16] Ces personnes peuvent donc être à risque, pendant ou suite à l'exercice, d'hypotension, d'infarctus du myocarde, de mort subite ou d'exacerbation des symptômes d'insuffisance cardiaque.[24] D'ailleurs, il est possible que la personne en cours de traitement contre le cancer ait des symptômes reliés à l'exercice, telle la dyspnée.[18] Considérant les effets secondaires multiples des traitements reliés au cancer, si la personne développe des symptômes tels qu'une augmentation anormale de la fréquence cardiaque, une augmentation anormale de la ventilation à l'exercice léger, une douleur aiguë aux os ou aux articulations, une désorientation, une confusion, des étourdissements, des vertiges, une vision floue ou une perte de conscience[16], l'entraînement se doit d'être cesser. Une réévaluation médicale sera nécessaire pour s'assurer de la stabilité de la condition avant de reprendre l'exercice.

7 Suivi[modifier | w]

Pour ce qui est de la supervision à l'exercice, celle-ci devrait varier selon la condition de l'individu et donc le jugement clinique de l'intervenant.[14]

Lors de l'exercice, il est important de surveiller s'il y a présence d'enflure à l'épaule et/ou au bras[14]. Dans cette perspective, si la personne a un lymphœdème, il est conseillé de surveiller si elle présente des signes d'inflammation ou d'infection qui nécessiteraient un traitement médical.[16] En ce sens, il faut surveiller les effets secondaires possibles des traitements[12] et cesser l'exercice, s'il y a lieu, selon les contre-indications décrites plus haut. De plus, il est recommandé de surveiller s'il y a présence d'arythmies, d'angine ou de dyspnée.[16]

D'ailleurs, considérant que l'état de santé peut varier grandement d'un jour à l'autre lors d'un traitement, un journal de bord consignant les traitements, ses effets secondaires ainsi que l'AP pratiquée est fortement recommandée.[22] En ce sens, la tolérance à l'exercice peut aussi varier ainsi que la fréquence cardiaque de repos et d'exercice[25]. Conséquemment, il est plutôt suggérer d'utiliser l'échelle de perception de l'effort pour juger de l'intensité d'une activité physique chez une personne en cours de traitement puisque celui-ci peut influencer la fréquence cardiaque.[8]

8 Bénéfice anticipé[modifier | w]

Nombreux sont les bénéfices liés à la pratique d'AP, autant pour les survivants du cancer du sein que ceux qui se battent contre ce type de cancer. Parmi ceux-ci, le plus notable est une réduction du risque de mortalité du cancer du sein ou toutes causes confondues.[8] Effectivement, une réduction de 50% de la mortalité a été associée à la pratique d'AP de 8-9 METS-h/semaine[note 2][14] chez cette population.[26] De plus, les survivants du cancer qui sont actifs ont une réduction du risque de récidive du cancer.[8] En ce sens, auprès de la population générale qui pratique de l'AP, le risque de diagnostic de cancer du sein est moindre.[8] Une des hypothèses avancées serait l'amélioration de la composition corporelle au niveau du tissu adipeux qui, lorsqu'il est en excès, est lié à un état pro-inflammatoire, à une inhibition de l'apoptose et une stimulation de la prolifération des cellules cancéreuses ainsi qu'à une hyperglycémie, liée à une résistance à l'insuline[27], qui favoriserait la croissance des cellules cancéreuses.[11] De plus, la perte de masse grasse permettrait aussi une réduction de synthèse d'hormones sexuelles[8], tels l'estradiol ou l'œstrone, qui, en quantité élevée, augmentent le risque de développer le cancer du sein.[27] L'AP aurait aussi un effet bénéfique sur la progression du cancer, possiblement par l'amélioration de la fonction du système immunitaire, une altération des facteurs de croissance qui contribuent à faire progresser la tumeur ainsi qu'une réduction du stress oxydatif.[8]

Dans la même optique, autant en cours de traitement que pour les survivants, l'AP améliore de façon significative la qualité de vie[12] via les composantes physiques, psychiques et sociales.[11] Effectivement, l'AP contribue à améliorer la force, la flexibilité, la condition cardiorespiratoire ainsi que la fonction physique en modifiant la composition corporelle.[12] D'ailleurs, une capacité cardiorespiratoire (VO2max) élevée est corrélée à une meilleure survie au cancer.[11] Dans l'objectif d'optimiser les bienfaits, une combinaison d'exercice aérobie et musculaire réalisée sous supervision[21], en groupe ou à l'extérieur[11] devrait être privilégiée. Ensuite, la fatigue est très présente auprès de cette population : 90% des personnes ayant un cancer et 60% des survivants du cancer.[8] L'AP est le seul traitement validé[11] qui améliore la fatigue reliée au cancer tout en améliorant la qualité du sommeil ainsi que le niveau d'énergie[12]. Deux mécanismes physiologiques expliquant l'effet de l'activité physique sur le sommeil ont été proposés. L'un serait la réduction de l'état inflammatoire qui est associé à des troubles du sommeil. L'autre serait la diminution de la température corporelle à la suite d'un exercice qui favoriserait l'endormissement.[28] Bien que les mécanismes sous-jacent à ce bénéfice ne soient pas bien compris, les évidences de l'amélioration de la fatigue en lien avec l'AP sont robustes et seraient plus élevées avec de l'exercice aérobie de plus de 30 minutes et d'une durée d'au moins 12 semaines.[21] Une réduction de 30-40% de la fatigue[11] est observée avec la pratique d'AP. S'ajoute à cela que l'entraînement combinant l'aérobie et le musculaire réduit l'anxiété et la dépression qui peuvent être présentes chez les patients ou les survivants du cancer[21]. Dans cette optique, l'AP tend à améliorer l'image corporelle, l'estime de soi et l'humeur[16] alors que la crainte du regard des autres peut être présente chez les individus perdant leurs cheveux ou ayant eu une mastectomie[17] et que le lymphœdème a un impact marqué sur les aspects physiques, psychologiques et le bien-être des gens atteints de cancer du sein.[29]

Par la suite, l'activité physique réduit les effets secondaires des traitements médicaux[17]. Par exemple, lors de radiothérapie, il est possible qu'une personne développe le lymphœdème. Par le passé, l'AP vigoureuse, répétée ou excessive du membre supérieur[30] a été associé à l'apparition ou détérioration du lymphœdème. Or, l'entraînement musculaire ne nuit pas à cette condition et contribue à le stabiliser[31] ou le réduire.[32] Ainsi, l'AP doit être faite de façon progressive, tout en évitant l'apparition ou l'exacerbation de symptômes.[8] Par ailleurs, il est possible que des effets secondaires persistent suite au cancer, telle la douleur.[16] L'AP adaptée, autant aérobie que musculaire, est un moyen de gestion de la douleur qui permet de la réduire.[8] L'AP peut aussi avoir un impact positif sur les effets secondaires tardifs, comme les maladies cardiovasculaires ou métaboliques, la perte de densité osseuse ou encore la fragilité.[8] D'ailleurs, les survivants du cancer du sein ont une prévalence de diabète, d'obésité et d'hypertension accrue, mais ces comorbidités peuvent être améliorées grâce à la pratique d'AP.[8]

En conclusion, la pratique d'activités physiques comprend de nombreux bénéfices, autant en prévention primaire, secondaire que tertiaire. L'inactivité physique devrait être éviter chez cette population.

9 Notes[modifier | w]

  1. La fréquence cardiaque de réserve se calcule comme suit : % d'intensité désirée x (FC maximale - FC repos) + FC repos
  2. MET-h/sem = MET x Durée (h) x Fréquence MET = équivalent métabolique d'une activité, multiple d'une dépense énergétique de repos (1 MET = métabolisme de base; 3 MET = 3 x le métabolisme de base) Fréquence = nombre de fois dans une semaine

10 Références[modifier | w]

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