Traumatisme laryngotrachéal

De Wikimedica
Aller à la navigation Aller à la recherche
Traumatisme laryngotrachéal
Classe de maladie
Larynx external en.svg
Anatomie du larynx
Caractéristiques
Signes Stridor, Hématome cervical, Dysphonie, Déviation trachéale, Déformation des cartilages laryngés ou trachéaux, Emphysème sous-cutané, Asymétrie du murmure vésiculaire, Instabilité sternale, Écrasement des tissus mous du cou, Déformations thoraciques, Cyanose , Hypoxémie (signe paraclinique), Lésions buccales, Hémoptysies
Symptômes
Dyspnée , Dysphagie , Odynophagie, Enrouement de la voix , Douleur glottique, Toux , Hémoptysies
Étiologies
Intubation endotrachéale, Strangulation, Inhalation de fumée, Compression trachéale, Flexion du cou, Extension du cou, Écrasement de la poitrine, Coup de couteau à la gorge, Lésion cervicale par balle, Lacération trachéale, Aspiration de corps étrangers, Inhalation de gaz, Inhalation de vapeur, Traumatisme laryngotrachéal contondant, Traumatisme laryngotrachéal pénétrant, Cricothyroïdotomie
Informations
Terme anglais Tracheal trauma, Laryngeal trauma, Laryngotracheal trauma
Autres noms Traumatisme trachéal, Traumatisme de la trachée
Spécialités ORL, Chirurgie vasculaire, Chirurgie thoracique, Médecine d'urgence, Anesthésie

OOjs UI icon check-constructive.svg
  • Littérature à jour en date du 2022-07-25

Le traumatisme laryngotrachéal peut être pénétrant ou contondant, ainsi qu'aigu ou subaigu. Selon le mécanisme, un traumatisme trachéal peut être associé à un traumatisme des structures voisines, y compris les structures osseuses de la colonne cervicale, les structures vasculaires, ainsi que l'oesophage. [1][2]

1 Épidémiologie[modifier | w]

Une étude rétrospective a démontrée une prédominance importante pour les hommes, ceux-ci représentant 87% de l'échantillon. L'âge médian était de 34,5 ans. Par ailleurs, le mécanisme lésionnel était contondant dans 81% des cas, et pénétrant dans le restant des cas. [3]

Il est estimé qu'environ 30-80% des patients avec lésions trachéales vont mourir avant même d'arriver à l'hôpital, d'où une estimation difficile de la réelle incidence de ce type de lésions. Néanmoins, elles comptent environ pour environ 1% des traumatismes. [4][5][6]

Environ les deux tiers des lésions des voies respiratoires supérieures impliquent la trachée au niveau cervical, tandis que le tiers restant sont des lésions laryngées. Le cartilage thyroïdien est la structure la plus fréquemment fracturée. En cas de traumatisme contondant, l'atteinte trachéale se produit dans 80% des cas en distal du cartilage cricoïde et à moins de 3 cm de la carène. [2][4]

2 Étiologies[modifier | w]

Les étiologies des blessures trachéales traumatiques peuvent être classifiées selon leur temporalité, soient aigues ou chroniques. Elles sont ensuite le plus souvent classifiées selon si elles sont contondantes (les plus fréquentes) ou encore pénétrantes. Les lésions chroniques / iatrogéniques ne seront pas traitées dans le présent article.

Principaux mécanismes des lésions trachéales [7][2]
Mécanismes Exemple
Aigu Traumatisme contondant(81%) Étage cervical:

Étage thoracique:

Traumatisme pénétrant
Endotrachéal
Chronique

(iatrogénique)

3 Physiopathologie[modifier | w]

Il existe principalement trois mécanismes de lésions laryngotrachéales.

  1. Les traumatismes laryngotrachéaux contondant ou par strangulation peuvent causer des fractures des cartilages laryngés, la dislocation des cartilages arythénoïdes, des hématomes des cordes vocales, ainsi que des lésions aux muqueuses (pétéchies, hématomes, lacérations). Un écrasement et une perte de la fonction de support des anneaux cartilagineux trachéaux peuvent résulter de ces différents traumatismes. [2][6]
  2. Les blessures par forces de cisaillement (blessure par flexion / extension) peuvent quant à elle causer déchirures trachéales ou une séparation laryngotrachéale. Cette déchirure est le plus souvent partielle et transverse, mais elle est parfois sagittale et peut s'étaler à une ou aux deux bronches souches. Le mécanisme impliqué en est un d'accélération ou de décélération dans la majorité des cas. Ce type de blessures à tendance à survenir au niveau de la trachée inférieure, près de la carène en raison d'une plus grande fixation des structures carénaires au sein de la cavité thoracique. Dans ce contexte, le parenchyme pulmonaire est souvent atteint de contusions ou de lacérations. [8]
  3. Les blessures par écrasement thoracique peuvent provoquer des déchirures trachéales et bronchiques, souvent dues à la compression des structures entre le manubrium, ou le sternum, et la colonne vertébrale. Néanmoins, la cage thoracique possède tout de même un rôle de protection important pour la trachée inférieure, le médiastin et les poumons en contexte de traumatisme. [2][8]

4 Présentation clinique[modifier | w]

4.1 Questionnaire[modifier | w]

Les traumatismes trachéaux s'inscrivent souvent dans un tableau plus global de polytraumatisme. Attention de ne pas focaliser votre évaluation uniquement sur le cou.

Les traumatismes trachéaux sont associés à des mécanismes lésionnels le plus souvent violents. La prise en charge clinique de ces blessures est donc difficile puisque les patients se présentent souvent avec de multiples blessures, une instabilité hémodynamique, ainsi qu'un compromis des voies respiratoires secondaire au traumatisme trachéal. Le clinicien se retrouve également parfois à devoir composer avec l'absence d'histoire, ou une histoire rapportée par des témoins.

Néanmoins, voici différents éléments à rechercher à l'histoire[2][9][6]:

4.2 Examen clinique[modifier | w]

Dans bien des cas, l'examen physique sera constituée de l'ABCDE selon les principes de l'ATLS: [2][9]

L'examen cervical est particulièrement important.

Finalement, en cas de traumatisme pénétrant, une attention particulière doit être portée à l'angle de pénétration, à la profondeur de la lésion, à la propreté de la plaie et aux structures susceptibles d'être endommagées, la présence de bulles au site d'entrée. La présence de fractures faciales, d'un volet thoracique, d'une instabilité sternale sont autant de signes pouvant laisser suspecter un mécanisme lésionnel particulièrement violent et une étendue plus importante des dommages non apparents.

5 Examens paracliniques[modifier | w]

La sélection des examens dépendra du contexte clinique, de la disponibilité rapide des investigations et des blessures associées qui sont suspectées. Au final, le recours précoce à des chirurgiens ORL, thoracique et vasculaires est souvent indiqué et permet d'améliorer la sélection des tests en vue d'une intervention chirurgicale [6].

Les investigations suivantes sont souvent indiquées chez les patients avec suspicion d'atteinte laryngotrachéale traumatique.

Examen paraclinique Commentaire
Nasolaryngoscopie flexible[6][9]ou

laryngoscopie conventionnelle

  • Cet examen devrait être effectué en tout temps si le contexte le permet, et ce, avant toute autre investigation.
  • Attention particulière portée à :
    • la perméabilité des voies respiratoires supérieures
    • les tissus mous : oedème des cordes vocales, lacérations, hématome trachéal
    • la discontinuation des tissus pharyngés, laryngés et trachéaux
    • le mouvement des cordes vocales
    • le positionnement des cartilages arythénoïdes
    • le diamètre de la glotte
    • la présence de corps étrangers
    • la perméabilité des voies respiratoires
    • l'état des muqueuses
Radiographie cervicale

Radiographie pulmonaire

  • Souvent en première ligne puisque ces imageries peuvent être obtenues en position assise, diminuant le risque de collapsus des voies respiratoires qui ne sont pas encore sécurisées.
  • Il est alors possible d'identifier :
    • les fractures cervicales
    • l'emphysème sous-cutané
    • le pneumothorax sous-jacent
    • l'élargissement médiastinal / le pneumomédiastin
  • Pourrait être substituée par la tomodensitométrie (TDM) si celle-ci est requise en vue d'une intervention chirurgicale et que l'obtention d'une radiographie n'est pas susceptible de modifier la conduite / d'être obtenue plus rapidement.
TDM cervicale et thoracique C+
  • Afin de mieux caractériser l'atteinte laryngo-trachéo-bronchique et les blessures adjacentes dans le but d'orienter la prise en charge.
  • Parfois faux négatifs en raison d'un œdème, d'une hémorragie ou de sécrétions adjacents. [2][6][9]

De façon plus spécifique et selon la suspicion d'atteinte des structures adjacentes, les investigations suivantes peuvent être demandées [11][9]:

6 Approche clinique[modifier | w]

Il est à noter que le clinicien devrait d'emblée suspecter des lésions aux structures anatomiques adjacentes selon le mécanisme lésionnel rencontré.

  • En contexte de lésion pénétrante, la mort découle le plus souvent des lésions vasculaires, bien que l'intubation difficile soit aussi une cause de mortalité importante chez ces patients. Globalement, ces patients ont un meilleur pronostic que ceux atteints de traumatismes contondant puisque l'étendue des blessures est souvent moins grande. [2][8]
  • En contexte de lésion contondante à l'arbre trachéobronchique, une lésion bronchique est à éliminer. Les forces de cisaillements pouvant perturber les bronches qui sont relativement fixes au sein du parenchyme pulmonaire et au niveau du hile. [1][2]

Une lésion de l'arbre trachéobronchique représente en soi une urgence médicale. Cependant, les signes et symptômes suivants sont particulièrement préoccupants :

7 Classification des traumatismes[modifier | w]

7.1 Classifications de Schaefer-Fuhrman[modifier | w]

Classification de Schaefer-Fuhrman [9]
Classe Critères
Classe 1
  • Hématome ou lacération endolaryngé mineur
  • Pas de fracture détectée
Classe 2
  • Oedème, hématome et lacération mucosale sans exposition des cartilages
  • Fracture non déplacée
  • Compromis variable des voies respiratoires
Classe 3
  • Oedème massif ou lacération importante de la muqueuse
  • Exposition cartilagineuse
  • Fracture(s) déplacée(s)
  • Immobilité d'une ou des corde(s) vocale(s)
Classe 4 Classe 3 sévère avec au moins 1 des suivants :
  • Atteinte mucosale extensive
  • Atteinte de la commissure antérieure des cordes vocales
  • Fracture(s) instable(s) ou deux lignes de fracture et plus.
Classe 5
  • Séparation laryngotrachéale complète.

7.2 Classification de Lee-Eliashar[modifier | w]

Classification de Lee-Eliashar [13]
Type Degré Symptômes Signes (en ordre d'incidence)
1 Léger Changements mineurs de la voix, dyspnée légère, toux. Hématome mineur, petite lacération, absence de fracture ou de lacération.
2 Modéré Compromis des voies respiratoires, hémoptysies. Hématome obstructif, oedème, avusion mucosale mineure, fracture(s) non déplacée(s).
3 Sévère Compromis sévère des voies respiratoires, stridor. Oedème ou hématome massifs, déchirure mucosale profonde, exposition cartilagineuse, aspiration, fracture(s) déplacée(s), immobilisation unilatérale d'une corde vocale.
4 Profonde Obstruction des voies respiratoires imminente Oedème massif, avulsion mucosale, fragments cartilagineux, aspiration, déplacement des arythénoïdes, immobilité bilatérale des cordes vocales.
5 Critique Obstruction complète des voies respiratoires Effondrement des structures de support, séparation laryngotrachéale complète.

8 Diagnostic différentiel[modifier | w]

Le diagnostic différentiel des traumatismes laryngotrachéaux comprend les pathologies pouvant entraîner une obstruction des voies respiratoires, un emphysème sous-cutané de façon aigue ou des hémoptysies. Il comprends notamment les entités cliniques suivantes dont la prévalence peut être augmentée en contexte traumatique :

9 Traitement[modifier | w]

70% des patients avec une lésion trachéale traumatique ont aussi un pneumothorax. Il est nécessaire de rechercher et de traiter cette condition comorbide.

La prise en charge commence par la sécurisation des voies respiratoires et de la colonne cervicale. Les premières étapes sont donc dirigées vers l'ABCDE tel qu'enseigné dans l'ATLS. Rapidement, un collier cervical doit être installé chez une grande majorité des patients et la perméabilité des voies respiratoires (VR) doit être évaluée. Au moindre doute, les voies respiratoires devront être protégées en raison de l'oedème progressif associé aux lésions laryngotrachéales. [5][2]

Des lésions aux gros vaisseaux et à l'oesophage sont à suspecter systématiquement. Le chirurgien vasculaire, le radiologiste d'intervention, le gastro-entérologue et le chirurgien thoracique devraient être impliqués tôt s'il y a des lésions.

De façon simultanée et selon les protocoles de traumatologie en place, les premières étapes sont [2]:

Jusqu'à 25% des patients présentant un traumatisme laryngotrachéal aigu nécessitant une intervention chirurgicale ne présentent aucun signe physique de la lésion lors de la présentation initiale, et les signes peuvent être retardés de 24 à 48 heures. Un indice de suspicion élevé est donc nécessaire pour éviter de manquer une blessure occulte. Les retards de diagnostic et de traitement sont associés à un moins bon pronostic. [14][2]

9.1 Principes de base de la prise en charge des voies respiratoires[modifier | w]

La position de décubitus dorsal est à éviter lorsque possible puisqu'elle augmente le risque de collapsus des VR en cas d'écrasement des structures de support laryngé et trachéal. De façon temporaire, une oxygénothérapie nasale à haut débit peut être utilisée. Les méthodes d'oxygénation accompagnées d'une ventilation à pression positive doivent être utilisées avec précaution chez les patients chez qui on suspecte une lacération trachéale ou séparation trachéobronchique puisque cette pression pourrait entrainer ou augmenter la présence d'emphysème sous-cutanée et compliquer la prise en charge des VR. L'utilisation de la pression positive pourrait également aggraver un pneumomédiastin pouvant mener à un collapsus cardiovasculaire. [9]

Stabilité Explications
Voies respiratoires stables
  • Si les VR sont jugées stables par le clinicien, alors une nasolaryngoscopie peut être effectuée pour étudier les structures. La décision de recourir à une trachéotomie pourrait, par exemple, découler de la visualisation d'une lésion sténosante. [9]
Voies respiratoires instables (stridor, détresse respiratoire)
La ventilation au masque est à éviter puisqu'elle risque d'augmenter l'emphysème sous-cutané et d'ainsi compliquer la prise en charge.
  • Le but principal est une prise en charge sécuritaire des voies respiratoires et de permettre une ventilation pulmonaire sans aggraver les lésions existantes.
  • Si un ORL est disponible, le recours à une trachéotomie sous anesthésie locale est généralement l'option à favoriser d'emblée[note 2]. Cela permet d'éviter de léser encore davantage les muqueuses et de nuire à la guérison trachéale.
  • L'intubation endotrachéale peut être envisagée comme alternative avec une attention particulière aux enjeux d'intubation difficile. À ce moment, une conversion vers la trachéotomie chirurgicale dans les 24 heures est souvent souhaitable.
    • Le recours à une intubation éveillée avec pré-oxygénation est fortement recommandé afin de conserver la ventilation spontanée.
    • Une intubation assistée par la fibre optique est à favoriser puisqu'elle permet de ne pas recourir à l'extension cervicale, tout en améliorant la visibilité de l'anatomie laryngotrachéale. Il faut absolument éviter une intubation à l'aveugle (sans visualisation directe des lésions) qui pourrait aggraver les dommages pré-existants ou entraîner de faux trajets.
    • L'IET peut être envisagé si [11]:
      • le larynx et la trachée sont clairement intacts et en continuité (absence de séparation ou d'avulsion des muqueuses)
      • la procédure est effectuée par un clinicien hautement expérimenté
      • la visualisation de la glotte est adéquate au moment de l'intubation.
  • La présence de matériel pour procéder à une cricothyroïdotomie au chevet est nécessaire en cas de perte de contrôle des voies aériennes. Dans un tel cas, la conversion en trachéotomie dans les 24h qui suivent sera de mise vu le caractère temporaire de la cricothyroïdotomie.
  • Une intubation via une plaie ouverte de la trachée est parfois employée afin d'éviter de devoir créer une voie aérienne chirurgicale. [2][9][11][15]
  • On procède ensuite à une imagerie par TDM cervical avec contraste lorsque les VR jugées instables ont été sécurisées ou si on identifie une anomalie à la nasolaryngoscopie flexible. [9]

Au final, la décision de ne pas protéger les voies respiratoires, de recourir à une intubation endotrachéale ou de procéder à une trachéotomie repose sur une multitude de facteurs cliniques, et sur l'aspects des structures à la nasolaryngoscopie, si obtenue en temps opportun. L'urgence de la situation définit grandement comment les VR seront sécurisées. [9][11]

La sécurisation des voies respiratoires n'est pas à négliger en contexte d'inhalation d'agents caustiques ou de brûlure en raison de l'oedème important pouvant parfois menacer la perméabilité des VR. [2]

9.2 Prise en charge conservatrice ou chirurgicale[modifier | w]

Cependant, concernant la prise de décision cliniques, les cliniciens se basent le plus souvent simplement sur l'évaluation des éléments cliniques suivants et selon le risque d'obstruction des voies respiratoires :

  • l'intégrité et stabilité de l'os hyoïde et des structures laryngées
  • l'état des muqueuses pharyngées et laryngées
  • l'état de la jonction laryngotrachéale
  • l'état de l'appareil vibratoire de la phonation : arythénoïdes, cordes vocales, commissure antérieure
  • l'état de la jonction laryngotrachéale
  • l'état de l'oesophage cervical. [9]

De cette façon, plus de 37 % des patients n'ont pas à subir de chirurgies, et environ 15% additionnels ne nécessitent qu'une trachéotomie. [9]

Stratégie de prise en charge Explications
Prise en charge conservatrice
Prise en charge chirurgicale Principes généraux
  • Le succès des chirurgies repose en partie sur la rapidité de l'exploration chirurgicale qui devrait être inférieure à 12-24h pour limiter la formation de tissus de granulation et d'adhérences, augmentant d'autant plus le risque de sténose laryngotrachéale chronique. Néanmoins, une prise en charge chirurgicale après plusieurs jours reste indiquée selon le contexte. [2][11][9]
Par voie ouverte
  • Les principales indications sont les fractures laryngées instables ou comminutives (avec fragmentation), une séparation crico-trachéale, le détachement de la commissure antérieure ou une atteinte muqueuse extensive (ex: atteinte à plus de deux sites anatomiques). [2][9][11]
  • Certains experts recommandent par ailleurs de fixer toute fracture des cartilages laryngés ou cricoïdes, peu importe leur apparente stabilité lors de l'évaluation. [11]
  • Lorsque la lésion est dans les deux tiers proximaux de la trachée, la réparation implique une incision cervicale transverse au niveau du cartilage cricoïde et une approche endolaryngée. Les muscles antérieurs du cou sont disséqués, révélant des cartilages trachéaux; une thyrotomie médiane est ensuite réalisée pour révéler l'endolarynx permettant la réparation des lacérations muqueuses au moyen de sutures 5-0 ou 6-0 résorbables. Lorsque les cartilages laryngés sont fracturés, la stabilisation et la fixation peuvent être facilitées par placage, ce qui réduit le mouvement des fragments fracturés et l'inflammation. Une fixation en quatre points est utilisée pour maintenir la plaque en place. Bien que rarement indiqué, un stent laryngé peut être inséré et fixé en place. L'usage d'un tel support endolaryngé est controversé en raison du risque d'aggraver l'atteinte aux muqueuses, mais en contexte de fracture comminutive, il est parfois utilisé. [2][9][11][15]
  • Pour une transection complète de la trachée, après un sauvetage immédiat des voies respiratoires par trachéotomie, le cartilage cricoïde (s'il est fracturé) est réparé en premier. La ré-anastomose primaire est ensuite réalisée en utilisant des sutures résorbables pour réparer la membrane muqueuse, tandis que des sutures non résorbables sont placées de l'anneau cricoïde supérieur à la partie inférieure du premier ou du second anneau trachéal pour répartir la tension loin de l'anastomose. Celle-ci commence en postérieur pour ensuite se diriger en antérieur. Les noeuds doivent tous être extraluminaux. La pose d'un stent temporaire peut également être envisagée. [2][9][15]
Par voie endoscopique

10 Suivi[modifier | w]

Le patient est généralement observé aux soins intensifs à la suite de la chirurgie en raison du risque d'oedème des voies respiratoires. Un tube nasogastrique (TNG) est le plus souvent mis en place et conservé pour une période de 3-4 jours, où jusqu'à ce qu'une déglutition sécuritaire soit confirmée. En présence d'atteinte additionnelle à l'oesophage, le TNG est gardé en place jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'évidence de fuite et qu'il y ait résorption de l'oedème et de la douleur. Il doit être indiqué au patient de ne pas utiliser sa voix pour une période de 48-72 heures. [6][9]

Tissu de granulation sur une corde vocale à la suite d'une intubation prolongée.

La tête du lit est conservée à 30 degrés par rapport à l'horizontale. Dans certains cas, notamment en contexte de réparation d'une transection laryngotrachéale, le cou peut être fixé en flexion pour une durée de 1-2 semaines de façon à réduire la traction. Les soins usuels de trachéotomie doivent être prodigués avec une attention particulière aux mouvements de traction. Celle-ci pourrait être retirée après environ 7 jours selon la stabilité de la trachée et l'évaluation du risque d'aspiration. Si mis en place, les stents sont retirés au maximum 10 à 14 jours plus tard afin de diminuer le risque de sténose chronique. Une évaluation endoscopique relativement sériée avec retrait du tissu de granulation et injection de corticostéroïdes en intra-lésionnel sont aussi bénéfiques pour réduire les risques de sténose. [2][6][9]

Pour les patients avec atteinte de la muqueuse laryngotrachéale, une antibiothérapie prophylactique à large spectre, ainsi qu'une thérapie à base d'IPP sont indiqués. [2]

Un suivi par le chirurgien traitant est ensuite requis pour une période d'au moins 12 mois. [9]

11 Complications[modifier | w]

11.1 Phase aiguë[modifier | w]

Les complications à redouter lors de la présentation initiale sont les suivantes [6][9][11]:

11.2 Phases subbaiguës et chroniques[modifier | w]

Voici les complications découlant de la prise en charge d'une lésion laryngotrachéale [2][9][16]:

12 Particularités en pédiatrie[modifier | w]

Chez le nourrisson le larynx est situé plus haut, environ au niveau de C3 et descendra au cours des 3 premières années de vie pour atteindre le niveau C5. Un traumatisme trachéal risque donc moins de léser le cartilage thyroïdien. En contrepartie, l'orifice laryngé est de plus petit diamètre et la muqueuse est moins adhérente aux structures de soutien. Le risque d'hématome et d'obstruction des voies respiratoires menaçant la vie est donc plus élevé. [9]

13 Notes[modifier | w]

  1. Allant de simples crachats teintés de sang à des hémoptysies franches et parfois massives.
  2. Contrairement à la majorité des autres conditions médicales pour lesquelles une l'intubation endotrachéale est la méthode de choix

14 Références[modifier | w]

  1. 1,0 et 1,1 R. Peralta et W. E. Hurford, « Airway trauma », International Anesthesiology Clinics, vol. 38, no 3,‎ , p. 111–127 (ISSN 0020-5907, PMID 10984849, DOI 10.1097/00004311-200007000-00008, lire en ligne)
  2. 2,00 2,01 2,02 2,03 2,04 2,05 2,06 2,07 2,08 2,09 2,10 2,11 2,12 2,13 2,14 2,15 2,16 2,17 2,18 2,19 2,20 2,21 2,22 et 2,23 Livia M. Santiago-Rosado, David F. Sigmon et Cheryl S. Lewison, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 29763191, lire en ligne)
  3. (en) Alexandra R. DePorre, Samuel A. Schechtman, Norman D. Hogikyan et Aleda Thompson, « Airway Management and Clinical Outcomes in External Laryngeal Trauma: A Case Series », Anesthesia & Analgesia, vol. 129, no 2,‎ , e52–e54 (ISSN 0003-2999, DOI 10.1213/ANE.0000000000003843, lire en ligne)
  4. 4,0 et 4,1 (en) Scott B. Johnson, « Tracheobronchial Injury », Seminars in Thoracic and Cardiovascular Surgery, vol. 20, no 1,‎ , p. 52–57 (DOI 10.1053/j.semtcvs.2007.09.001, lire en ligne)
  5. 5,0 et 5,1 Zhengwei Zhao, Tianyi Zhang, Xunliang Yin et Jinbo Zhao, « Update on the diagnosis and treatment of tracheal and bronchial injury », Journal of Thoracic Disease, vol. 9, no 1,‎ , E50–E56 (ISSN 2072-1439, PMID 28203437, Central PMCID 5303102, DOI 10.21037/jtd.2017.01.19, lire en ligne)
  6. 6,0 6,1 6,2 6,3 6,4 6,5 6,6 6,7 6,8 et 6,9 Myers, Eugene N., et Snyderman, Carl H.,, Operative otolaryngology : head and neck surgery (ISBN 978-0-323-46134-4 et 0-323-46134-4, OCLC 1006507647, lire en ligne), p. Chapitre 8
  7. Marko Juutilainen, Juha Vintturi, Soraya Robinson et Leif Bäck, « Laryngeal fractures: clinical findings and considerations on suboptimal outcome », Acta Oto-Laryngologica, vol. 128, no 2,‎ , p. 213–218 (ISSN 0001-6489, PMID 17851956, DOI 10.1080/00016480701477636, lire en ligne)
  8. 8,0 8,1 et 8,2 « UpToDate », sur www.uptodate.com (consulté le 16 janvier 2021)
  9. 9,00 9,01 9,02 9,03 9,04 9,05 9,06 9,07 9,08 9,09 9,10 9,11 9,12 9,13 9,14 9,15 9,16 9,17 9,18 9,19 9,20 9,21 9,22 9,23 9,24 et 9,25 Flint, Paul W.,, Cummings otolaryngology : head and neck surgery (ISBN 978-0-323-61217-3 et 0-323-61217-2, OCLC 1164712708, lire en ligne), chapitre 66
  10. « Advanced Trauma Life Support », Wikimedica, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  11. 11,0 11,1 11,2 11,3 11,4 11,5 11,6 11,7 11,8 et 11,9 (en) Steven D. Schaefer, « Management of acute blunt and penetrating external laryngeal trauma », The Laryngoscope, vol. 124, no 1,‎ , p. 233–244 (ISSN 0023-852X et 1531-4995, DOI 10.1002/lary.24068, lire en ligne)
  12. John Scott Earwood et Timothy Daniel Thompson, « Hemoptysis: evaluation and management », American Family Physician, vol. 91, no 4,‎ 02 15, 2015, p. 243–249 (ISSN 1532-0650, PMID 25955625, lire en ligne)
  13. Walter T. Lee, Ron Eliashar et Isaac Eliachar, « Acute external laryngotracheal trauma: diagnosis and management », Ear, Nose, & Throat Journal, vol. 85, no 3,‎ , p. 179–184 (ISSN 0145-5613, PMID 16615601, lire en ligne)
  14. Rony Aouad, Homere Moutran et Simon Rassi, « Laryngotracheal disruption after blunt neck trauma », The American Journal of Emergency Medicine, vol. 25, no 9,‎ , p. 1084.e1–2 (ISSN 1532-8171, PMID 18022512, DOI 10.1016/j.ajem.2007.02.048, lire en ligne)
  15. 15,0 15,1 et 15,2 Tamer Altinok et Atilla Can, « Management of tracheobronchial injuries », The Eurasian Journal of Medicine, vol. 46, no 3,‎ , p. 209–215 (ISSN 1308-8734, PMID 25610327, Central PMCID 4299837, DOI 10.5152/eajm.2014.42, lire en ligne)
  16. (en-US) Henry Knipe, « Laryngeal trauma | Radiology Reference Article | Radiopaedia.org », sur Radiopaedia (consulté le 19 mars 2021)

Les sections suivantes sont remplies automatiquement et se peupleront d'éléments à mesure que des pages sont crées sur la plateforme. Pour participer à l'effort, allez sur la page Gestion:Contribuer. Pour comprendre comment fonctionne cette section, voir Aide:Fonctions sémantiques.