Santé de populations particulières

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Santé de populations particulières
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Spécialité Santé publique

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[ Classe (v1) ]
Objectif du CMC
Santé de populations particulières (78-7)

Introduction

Le principe selon lequel chaque individu a eu une chance égale d'être en bonne santé s'applique à toutes les populations. Or, certains facteurs sont plus déterminants que d'autres en terme de santé aux yeux de certaines populations. En d'autres mots, chaque collectivité comporte des risques et des besoins uniques en matière de santé. Le médecin doit donc adapter ses services de sorte à ce que les communications et les soins soient adaptés à la culture du milieu de pratique. [1]

1 Premières Nations, Inuits et Métis[modifier | w]

Les Premières Nations, les Inuits et les Métis ont longtemps eu des relations difficiles avec les gouvernements « blancs » en raison de la faible considération pour leurs cultures et leurs besoins et ce jusqu’à récemment dans leur histoire. Ces nations ont également certains droits, garantis par des traités et des revendications territoriales. Des politiques visant à assimiler ces populations et nier leur identité culturelle ont même été institutionnalisés. Citons :

  • Les pensionnats (enfants retirés de force des communautés pour être éduqués dans une langue autre et désapprendre leurs coutumes)
  • La colonisation (perte de leurs territoires et déplacement de communautés entières dans des territoires réservés)

Ces injustices ont contribué à la destruction du tissu social de ces communautés, à l’émergence de problématiques de santé mentale, de dépendance et à la perte d’identité. Ces effets se font encore aujourd’hui sentir, puisqu’ils ont des impacts sur les générations suivantes.

Ces populations vivent également pour la plupart dans des communautés éloignées et font face aux défis liés à l’isolement et la pauvreté. Par contre, une part non-négligeable des Autochtones au Canada vivent maintenant en milieu urbain. Ceux-ci vivent également beaucoup de stigmatisation.

Les Autochtones du Canada sont essentiellement desservis par Santé Canada dans des dispensaires locaux. Santé Canada rembourse également les soins non-assurés lorsque ceux-ci ne sont pas disponible sur place (santé dentaire et oculaire, médecine spécialisée, matériel médical, etc.). Ils doivent cependant faire des démarches pour être remboursés. Les Nations conventionnées (au Québec) (Cris et Naskapis), sont toutefois desservis comme toute autre population par le régime de santé québécois.

1.1 Quelques défis de santé spécifiques[modifier | w]

  • Diabète, tabagisme, sédentarité
  • Malnutrition (pauvreté)
  • Tuberculose (promiscuité)
  • Santé mentale
  • Suicide
  • Dépendance (alcool, drogue)

1.2 Croyances et déterminants de la santé[modifier | w]

Les Autochtones, Métis et Inuits ont des croyances et une vision de la santé différente des populations majoritaires. De grandes variations existent, toutefois un bon clinicien doit être capable d’en tenir compte et d’admettre qu’il ne connait pas le contexte culturel du patient (humilité culturelle) et lui demander de l’éclairer.

1.2.1 Quelques exemples[modifier | w]

  • Les Innus ne se considèrent pas malades tant que leur rôle social n’est pas affecté, il est donc difficile d’expliquer et prévenir des maladies asymptomatiques ou à évolution lente (diabète).
  • Le concept de vie privée et de secret est différent. Il n’est pas rare que la famille élargie d’un patient vienne le voir à l’hôpital et interagisse avec le personnel.
  • Certaines pratiques médicales ancestrales (plantes naturelles, tentes de sudation) existent toujours, le médecin doit donc en tenir compte.

2 Immigrants et réfugiés[modifier | w]

Les pays occidentaux vivent des vagues d’immigration régulières, en raison de:

  • Besoins économiques (immigration économique)
  • Opportunités (pauvreté et chômage)
  • Guerres et déplacements (réfugiés)
  • Réunification familiale

Ces raisons peuvent constituer des facteurs de risque de santé mentale, infectieuse, de traumatisme, de pauvreté ou d’isolement (pour ne citer que ceux-là),

Les nouveaux arrivants, lorsqu’ils obtiennent la citoyenneté canadienne ou le statut de résident permanent ont droit aux services de santé (sous réserve de couverture par les régimes provinciaux). Avant cela, ils doivent posséder une assurance privée. Les réfugiés et demandeurs d’asile quant à eux sont pris en charge par le gouvernement fédéral par le PFSI (programme fédéral de santé intérimaire) qui couvre essentiellement les mêmes soins que les régimes provinciaux, ainsi que les soins dentaires et oculaires très urgents.

Les immigrants/réfugiés font face à plusieurs difficultés d’accès aux soins :

  • Barrière linguistique
  • Barrière culturelle (genre du soignant, plaintes gynécologiques etc.)
  • Système médical différent du pays d’origine
  • Nombreuses formalités, démarches administratives
  • Ne connaissent pas nécessairement leurs droits[2]

2.1 Quelques défis de santé spécifiques[modifier | w]

  • Culture et croyances
  • Chômage, pauvreté
  • Maladies chroniques non traitées
  • Délai de consultation
  • Expositions antérieures[2]

2.2 Exposition dans le monde[modifier | w]

Selon la région du monde d’où viennent les migrants, ceux-ci peuvent avoir été exposés à différents facteurs de risque ou maladies qu’ils peuvent emmener avec eux au Canada (tuberculose, malaria, toxines, maladie jamais traitées, etc.). Santé Canada est chargé de l’examen médical de base des migrants (RXP, SMU-DCA, créatinine, dépistage Syphilis/VIH)

Des bouleversements d’ordre médical (ex : émergence de bactéries multirésistantes, début d’épidémie) peuvent maintenant traverser les frontières en suivant les vagues d’immigration et affecter la santé des populations d’accueil. Le médecin clinicien, comme les services de santé publique doivent donc demeurer à l’affut et être au courant des tendances.

Comme médecin il est important de reconnaître :

  • Que les immigrants peuvent avoir des réticences d’ordre culturel (ex : médecin femme, techniques invasives, soins palliatifs, etc.)
  • Que certaines populations sont de grandes utilisatrices de médecines alternatives (acupuncture, herboristerie, chamanisme, etc.). Il faut demeurer ouvert à ces pratiques dans la mesure où elles complètent la médecine occidentale et n’entrent pas en conflit avec la santé du patient.[2]

3 Personnes handicapées[modifier | w]

3.1 Quelques défis de santé spécifiques[modifier | w]

  • Perte d'autonomie AVQ, AVD
  • Inactivité et dévalorisation
  • Abus de substance[2]

3.2 Difficultés d'accès aux soins et défis sociaux[modifier | w]

  • Faible revenu / emploi
  • Faible niveau d’éducation (handicaps mentaux)
  • Discrimination
  • Déplacements difficiles[2]

3.3 Services sociaux et médicaux particuliers (référence)[modifier | w]

Il faut être au courant des diagnostics sous-jacent aux handicaps, et aux programmes d’aide auxquels ces personnes ont droit (aidant naturel, vignettes, programme d’accès à l’emploi, etc.) et référer au besoin à un intervenant social.[2]

4 Sans-abri et itinérance[modifier | w]

En raison de leur absence de domicile et leur fonctionnement généralement en marge des services publics (économie souterraine, pauvreté, absence de cartes d’assurance-maladie, etc.), les sans-abris constituent une population particulièrement difficile à rejoindre, à suivre et à traiter. Cela crée une iniquité en santé, puisque ces personnes ne bénéficient pas des mêmes soins et services que les personnes domiciliées.

De par leur mode vie, ils ont des facteurs de risque importants de santé mentale, de malnutrition et de lésions environnementales (gelures, coups de chaleur, etc.). Ils sont également plus exposés à la consommation de drogues et de substances à risque d’abus.

Il ne faut pas hésiter à référer à des organismes communautaires qui peuvent suivre ces personnes et leur offrir des services adaptés à leur condition et qui répondent mieux à leur besoin. Ils pourront eux aussi contribuer au suivi.[2]

4.1 Quelques défis de santé spécifiques[modifier | w]

  • Troubles de santé mentale
  • Violence
  • Abus de substance[2]

5 Enfance et pauvreté[modifier | w]

5.1 Obstacles aux soins[modifier | w]

  • Faible revenu familial (médicaments, soins oculaires...)
    • Parents parfois peu enclins à engager des intervenants[2]

5.2 Facteurs de risque pour la santé[modifier | w]

  • Insécurité alimentaire
  • Négligence et/ou manque de supervision parentale
  • Comportements à risque (traumas, consommation, etc.)
  • Discrimination par les autres enfants (estime de soi, santé mentale)[2]

5.3 Solutions[modifier | w]

  • Augmenter le revenu familial (mesures sociales)
  • CPE, garderies en milieu familial et éducation (débuter l'éducation tôt et soutenue)[2]

6 Personnes âgées et isolement[modifier | w]

6.1 Obstacles[modifier | w]

  • Multiples conditions médicales (hospitalisations, absence d’aide)
  • Absence d’aide et support émotionnel
  • Milieu de vie mal adapté[2]

6.2 Facteurs de risque[modifier | w]

6.3 Solutions[modifier | w]

  • Offrir un milieu de vie adapté (relocalisation)
  • Tenir compte des besoins et volontés (milieu, soins, etc.)
  • Signalement des abus (tous)
  • Être proactif en dépistage de dépression chez les aînés (questionner)
  • Prévention des chutes[2]

7 Références[modifier | w]

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  1. « 78-7 Santé de populations particulières | Le Conseil médical du Canada », sur mcc.ca (consulté le 30 mars 2020)
  2. 2,00 2,01 2,02 2,03 2,04 2,05 2,06 2,07 2,08 2,09 2,10 2,11 2,12 et 2,13 Maxime Ouellet, Préparation à l'exament du Conseil Médical Canadien (CMC): Résumé des objectifs et situations cliniques essentielles du CMC , hiver 2017, 325 p. (lire en ligne)