Opioïdes

De Wikimedica
Aller à la navigation Aller à la recherche
Opioïdes
Classe de médicament
Morphine vial.JPG
Caractéristiques
Classes Analgésiques
Voies d'administration
POIVIMIRS/CTimbreIN
Informations
Autres noms opiacés, analgésiques narcotiques, narcotiques
Wikidata ID Q427523
Spécialité Anesthésiologie

OOjs UI icon check-constructive.svg


Logo TopMédecine seul.png
Contenu TopMédecine
  • Ordonnez vos opiacés (SI)

Les opioïdes sont une classe de médicament qui agissent sur le récepteur opioïde pour produire un effet analogue à la morphine[1].

1 Tableau comparatif[modifier | w]

Opioïdes[2]
Molécule Dose usuelle adulte[3] Dose équivalente (mg)[3] Durée d'action

(h)

Voie d'administration Ajustement

en IRC

Particularités Agent
Codéine 15 mg PO

q 3-4 h

  • IM: 120
  • PO: 200
3-4 PO, IM, SC oui
  • Inefficace chez 10 % de la population[note 1]
Naturels
Codéine-Contin 12 PO
Morphine (Statex)
  • IM: 10
  • PO: 30 (posologie non intermittente)
3-4 PO, IM, IV, SC, IR oui
  • Souvent le 1er choix
  • Efficace
  • Faible coût
Morphine (MS Contin) 5 mg PO

q 4 h

12 PO, IM, IV, SC, IR
Hydromorphone (Dilaudid) 1 mg PO

q 4 h

  • IM: 2
  • PO: 4-6
3-4 PO, IM, IV, SC, IR non
  • 5x plus puissant que morphine
  • Métabolisme hépatique (glucoronidation)
  • Métabolites inactifs
  • Bon choix chez les patients avec IRC
Semi-synthétiques
Hydromorph-Contin 12 PO
Oxycodone (Supeudol) 5 mg PO

q 3-4 h

  • PO: 10-15
3-4 PO non
Oxy-IR 4-6 PO
OxyNéo 12 PO
Tramadol (Tridural) 50 mg PO

q 4-6 h

  • PO: 50-100
4-6 PO oui Synthétiques
Tramadol (Ultram) 12 PO
Mépéridine (Démérol) 50 mg PO

q 3-4 h

  • IM: 75
  • PO: 300
2-4 PO, IM, IV, SC oui
  • Pas de lien structural avec la morphine
  • Dernier recours
Fentanyl (Sublimaze) 50 mcg IV q 1-2 h
  • IV: 0,05
1-2 IV oui
  • 100x plus puissant que morphine
  • Bon choix en traumatologie
  • Peu d’effets hémodynamiques
  • Seul opioïde disponible en timbre (TD q 72 hres) pour douleurs chroniques stables
Fentanyl (Fentora) 100 mcg

q 4 h

0,5 PO
Fentanyl (Abstral) 0,5 S/L
Fentanyl (Duragésic) 25 mcg/h x 72 h 48-72[note 2][2] Timbre
Méthadone (diphénylméthane) 2.5 mg PO

q 8-12 h

  • Ratio dose-dépendante
4-6 PO oui
Buprénorphine (BuTrans)[4] 5 mcg/h q 7 j 7 jours Timbre transdermique non
  • Risque potentiel d'allongement de l'intervalle QT[3][5]
  • Principalement métabolisée par le foie, et excrétée dans la bile, n'exige pas d'ajustement si insuffisance rénale ou hépatique légère ou modérée
  • Contre-indiquée si insuffisance hépatique sévère
  • Peut être prescrite à des patients qui ont besoin d'une analgésie continue même s'ils n'ont jamais pris d'opioïdes
  • Les agonistes partiels, comme la buprénorphine, ne peuvent pas se substituer aux agonistes purs, car cela pourrait donner lieu à un syndrome de sevrage.
Semi-Synthétiques

Autres opioïdes moins couramment utilisés:

Autres[note 3]:

2 Outils cliniques[modifier | w]

Conversion des doses[6][note 4]

*

Oxycodone (mg) Codéine (mg)
  • Dose S/C = PO/2
  • Dose rectale = dose orale
*1.5 *10
Morphine (mg)
*5
Hydromorphone (mg)

2.1 Utilisation chronique[modifier | w]

Lorsque le patient est soulagé avec une prise à courte action, on peut changer par une prise à longue action. La dose totale quotidienne demeure toutefois la même.

Morphine 5 mg courte action

Sig: 1 co q 4 h régulièrement

Morphine 15 mg longue action (12 h)

Sig: 1 co q 12 h régulierement

Cependant, il est préférable d'utiliser des dosages à court terme afin d'ajuster la dose en début de traitement.

2.1.1 Entre-doses[modifier | w]

Il faut prévoir des entre-doses, à prendre au besoin, si l'effet de la dose longue durée est insuffisant entre les prises. Ces entre-doses sont prises, lorsque nécessaire, pour apporter un soulagement à court terme de la douleur.

  • En douleur chronique, prescrire des entre-doses aux 3 heures avec précision du nombre maximale par 24 heures (réévaluation des doses longue action si plus de 3 prises par jour).
  • En soins palliatifs, prescrire des entre-doses à chaque heure (réévaluation des doses longue action si prise de 5 à 8 par semaine).

Une entre-dose est calculée à partir de la dose quotidienne et correspond à environ 10 % de celle-ci.

Entre-dose Dose longue action
Morphine 5 mg courte action

Sig: 1/2 co (2.5 mg) q 1 h PRN si non soulagé par dose régulière

Morphine 15 mg longue action (12 h)

Sig: 1 co BID régulièrement

2.5 mg (environ 10 % du total quotidien régulier) total: 30 mg/24 h
2.1.2 Rotation[modifier | w]

Lorsqu'un opioïde perd de son effet analgésique ou que les effets secondaires deviennent trop important après l'augmentation des doses, il peut être indiqué de changer de molécule. Pour ce faire:

  1. calculez l'équivalent à l'aide du tableau ci-dessus
  2. réduisez la dose de 30 %.

3 Indications[modifier | w]

Les indications des opioïdes sont[7]:

3.1 Considérations posologiques[modifier | w]

La prescription des opioïdes sur une longue période doit se faire avec avec précaution compte tenu des effets indésirables possibles de ces médicaments, ainsi que des risques élevés de dépendance. Il est nécessaire de procéder à une bonne évaluation clinique du patient et d'élaborer un bon plan thérapeutique. La posologie et l’administration de tous les opioïdes doivent être personnalisées en fonction des critères suivants[9][10] :

  • la nature et la gravité de la douleur
  • l’état médical du patient (par exemple, fonction hépatique ou rénale adéquate)
  • la dose quotidienne
  • la demi-vie
  • la puissance des autres opioïdes ou médicaments administrés antérieurement (auquel cas on tiendra compte du moment de la dernière dose) ou en concomitance
  • le degré de tolérance.

L'utilisation chronique d'opioïdes dans but de soulager la douleur cancéreuse est généralement acceptée. Elle l'est moins pour le traitement des douleurs chroniques non cancéreuses car controversée. Lorsque qu'un opiacé est prescrit pour le traitement de la douleur chronique non cancéreuse, les doses initiales ne devraient pas dépasser l’équivalent de 50 mg/jour de morphine. Les doses maximales devraient être inférieures à 90 mg d’équivalent de morphine par jour. L’administration intraveineuse rapide peut augmenter le risque de dépression respiratoire et d’hypotension[9].

3.1.1 Insuffisance rénale[modifier | w]

En cas d'insuffisance rénale, il faut réduire la dose de buprénorphine/naloxone, de butorphanol, de codéine, de fentanyl, d’hydromorphone, de mépéridine, de méthadone, de morphine, de nalbuphine, d’oxycodone et de tramadol. Certains opioïdes sont contre-indiqués en cas d’insuffisance rénale sévère.[9]

3.1.2 Insuffisance hépatique[modifier | w]

En cas d'insuffisance hépatique, il faut réduire la dose de buprénorphine, de buprénorphine/naloxone, de butorphanol, de codéine, de fentanyl, d’hydromorphone, de mépéridine, de méthadone, de morphine, de nalbuphine, d’oxycodone, de pentazocine, de tapentadol et de tramadol. Certains opioïdes sont contre-indiqués en cas d’insuffisance hépatique sévère.[9]

3.1.3 Femmes enceintes[modifier | w]

L'utilisation chronique des opioïdes pendant la grossesse est généralement contre-indiquée, car environ 50 % des bébés dont la mère a reçu des opioïdes régulièrement avant l’accouchement présenteront une dépendance physique ainsi que des signes du syndrome de sevrage néonatal[note 6][11][7] Il est recommandé d'éviter le plus possible l'utilisation d'opioïdes durant le premier et le troisième trimestre : durant le 1er trimestre, l'utilisation d'opioïdes est associée à des malformations congénitales du cœur et du tube neural, mais le risque semble faible. Les nouveau-nés devront être surveillés à la naissance ainsi que pendant les 2 premières semaines de leur vie.[9]

Certains opioïdes sont approuvés pour le soulagement de la douleur durant le travail et l’accouchement, mais des cas de dépression respiratoire, de bradycardie et d’arythmies néonatales ont été observés. Le nouveau-né doit aussi faire l’objet d’une surveillance appropriée.[9]

3.1.4 Allaitement[modifier | w]

L’utilisation des opioïdes durant l’allaitement est controversée. Certains agents sont contre-indiqués par le fabricant durant l’allaitement. Lors de l’allaitement, le nourrisson est généralement exposé à une quantité de médicament inférieure à 10 % de la dose reçue par la mère. La morphine et la nalbuphine sont peu absorbées par voie orale chez le nourrisson, le risque d’exposition est donc plus faible. Puisque les opioïdes se retrouvent en faibles quantités dans le lait maternel, lorsque leur administration est arrêtée chez la mère, des symptômes de sevrage peuvent se manifester chez le nourrisson. Leurs doses doivent donc être diminuées graduellement. De la sédation et des difficultés respiratoires peuvent se présenter chez les nourrissons exposés à des opioïdes.[9]

3.1.5 Gériatrie[modifier | w]

Chez les personnes âgée, le risque de dépression respiratoire est plus élevé en raison de la possibilité d’insuffisance rénale ou hépatique. Elles sont également plus vulnérables aux fécalomes en cas de constipation. Il faut donc commencer avec de faibles doses, tout en surveillant le patient attentivement.[9]

D’après les critères de Beers, la mépéridine et la pentazocine font partie de la liste des médicaments potentiellement inappropriés chez les personnes âgées. Les opioïdes en tant que classe doivent être évités chez les personnes âgées qui ont des antécédents de chute ou de fracture à moins qu’il ne s’agisse de soulager la douleur aiguë. [12]

3.1.6 Pédiatrie[modifier | w]

Le butorphanol, la codéine à libération contrôlée, le fentanyl (pellicules à dissolution buccale/comprimés sublinguaux/timbres transdermiques), l'hydromorphone, la méthadone, la mépéridine orale, la morphine orale, la nalbuphine, la pentazocine orale, le rémifentanil, le tapentadol et le tramadol ne sont pas des agents approuvés chez les moins de 18 ans.[9]

L'alfentanil, la codéine à libération immédiate ou injectable, la morphine injectable, la pentazocine injectable ne sont pas des agents approuvés chez les moins de 12 ans. Il faut également faire attention à l'exposition accidentelle, car il peut suffire d’une seule dose pour causer la mort d’un enfant.[9]

4 Contre-indications[modifier | w]

Les contre-indications absolues sont :

  • une allergie (les vraies allergies sont rares mais existent)
  • le trouble d'usage actif n'est pas une contre-indication absolue lors d'une prescription ponctuelle en aiguë (par exemple, à la suite d'un trauma).

Les contre-indications relatives sont[13]:

5 Mises en garde et précautions[modifier | w]

L'utilisation d'opioïdes pour l'analgésie est controversée en raison du risque de dépendance et de tolérance. En 2014, 2,5 millions d'adultes aux États-Unis faisaient un usage abusif d'opioïdes. Les signes de dépendance aux opioïdes incluent les envies, la pensée obsessionnelle envers les opioïdes et l'incapacité de s'abstenir de la consommation d'opioïdes. Ces changements de comportement, à leur tour, entraînent des changements fonctionnels et structurels dans le cerveau, ce qui rend difficile l'arrêt de la consommation d'opioïdes.[15][16][7] La dépression respiratoire peut survenir avec n’importe quelle forme pharmaceutique et a parfois causé le décès.[9] Initialement, les opioïdes doivent être administrés le moins longtemps possible en utilisant la plus petite dose faisant preuve d’efficacité.

6 Effets indésirables[modifier | w]

Les effets secondaires courants sont[7]:

  • une sédation/altération de l'état de conscience.
  • des vertiges
  • des nausées
  • des vomissements
  • de la constipation : effet secondaires le plus courant résultant de l'activation des récepteurs mu dans le système gastro-intestinal, entraînant une augmentation du temps de transit des selles. Les patients qui utilisent des opioïdes à long terme sont encouragés à augmenter leur apport hydrique, à faire de l'exercice régulièrement et à prendre des laxatifs.[17][8]
  • une dépendance physique : tous les opioïdes ont le potentiel de créer de la dépendance en usage chronique. Elle se manifeste souvent par des symptômes de sevrage lorsque les opioïdes sont arrêtés ou diminués.
  • une tolérance: besoin d'une augmentation de la médication pour ressentir le même effet d'analgésie[8]
  • une dépression respiratoire.

Les effets secondaires peu fréquents sont[7]:

6.1 Sevrage[modifier | w]

Page principale: Sevrage aux opioïdes

Pour éviter un sevrage, diminuer la dose d'une utilisation chronique graduellement[9].

Les symptômes de sevrage comprennent[18]:

  • la rhinorrhée
  • le larmoiement
  • le bâillement
  • l'hyperventilation
  • l'hyperthermie
  • les douleurs musculaires
  • les vomissements
  • la diarrhée
  • l'anxiété.

La gravité des symptômes de sevrage varie en fonction de la chronicité de la consommation d'opioïdes, du type d'opioïde et de la variabilité individuelle.

6.2 Système nerveux[modifier | w]

Les effets sur le système nerveux central (SNC) sont fréquents et sont liés à la dose. Il faut donc être prudent avec les patients qui reçoivent d’autres dépresseurs du SNC simultanément. La consommation d’alcool doit être évitée durant la prise d’opioïdes[19][9][5][10]. Prudence chez les patients victimes de traumatisme crânien ou épileptiques, car les opioïdes peuvent faire augmenter la pression du liquide céphalorachidien (LCR). Un syndrome sérotoninergique peut également survenir.

Des cas d'hyperalgie ne répondant pas à l'augmentation de la dose ont été rapportés chez les personnes utilisant la codéine, le fentanyl, le mépéridine, la morphine, l’oxycodone et le tramadol. Il est donc recommandé de réduire la dose ou d'administrer un opioïde différent.[9]

6.3 Appareil respiratoire[modifier | w]

La fonction respiratoire doit être surveillée, au début du traitement surtout, mais aussi lorsqu’on augmente la dose ou qu’on change d’opioïde. La dépression et l’arrêt respiratoire sont les plus importants effets toxiques des opioïdes lorsqu'ils sont associés à [9]:

  • l’administration de doses élevées
  • des interactions avec d’autres dépresseurs du SNC
  • l’insuffisance pulmonaire
  • l’ingestion accidentelle chez l’enfant
  • l’utilisation des opioïdes chez les personnes âgées ou les patients affaiblis.

Le patient doit demeurer couché pendant l’administration IV car l'injection rapide d’analgésiques opioïdes augmente le risque[9]:

  • de dépression respiratoire profonde
  • d'apnée
  • d'hypotension
  • de collapsus circulatoire
  • d’arrêt cardiaque.

On doit donc administrer ces médicaments par voie IV seulement si on a à sa disposition un antagoniste des opioïdes et le matériel nécessaire à la respiration assistée ou contrôlée.[9]

6.4 Appareil cardiovasculaire[modifier | w]

Il faut surveiller[9] :

  • les signes d’hypotension orthostatique[note 7]
  • le risque de graves arythmies causées par l’allongement de l’intervalle QT : la buprénorphine, transdermique et buccale, n’est pas recommandée chez les patients avec antécédent d’allongement de l’intervalle QT ou chez ceux qui prennent des antiarythmiques de classe I ou III.

6.5 Système endocrinien/métabolisme[modifier | w]

Il faut être prudent si on emploie les opioïdes chez les patients atteints de la maladie d’Addison[9][10] et il faut surveiller les symptômes, car de rares cas d’insuffisance surrénalienne grave ont été observés. L’installation de l’insuffisance surrénalienne peut se faire sur plus d’un an, mais elle peut aussi survenir en un jour.

Aussi rapportés[9]:

  • des cas d’hypoglycémie sous tramadol)[note 8]
  • une augmentation du risque de dépression respiratoire et de dépression du SNC qui incite à la prudence chez les patients atteints d’hypothyroïdie.

6.6 Appareil digestif[modifier | w]

Presque tous les patients qui reçoivent des analgésiques opioïdes de manière régulière auront de la constipation[19][10]. Il faut donc en aviser les patients et prescrire un médicament contre la constipation dès le début d’un traitement de longue durée. Secondaires à la réduction de la motilité intestinale, les nausées sont aussi fréquentes : l’utilisation de laxatifs mucilagineux est à éviter. Il faut rester prudent avec les patients souffrant d'une dysfonction du tractus biliaire, car la plupart des opioïdes peuvent provoquer un spasme du sphincter d’Oddi, causant une augmentation de la pression dans les voies biliaires[9].

6.7 Système immunitaire[modifier | w]

Les véritables réactions allergiques sont rares. Si un patient est allergique à un agent en particulier, il est possible de le remplacer par un opioïde possédant une structure différente.[9]

7 Interactions[modifier | w]

Les opiacés comportent un risque élevé d'interaction, spécialement avec d'autres sédatifs.

8 Suivi[modifier | w]

Le suivi de la clientèle sous opiacés diffère selon que leur administration vise à traiter une douleur aiguë ou une douleur chronique :

  • en douleur aiguë : un suivi rapproché des signes vitaux du patient est nécessaire afin de surveiller l'apparition de signes d'intoxication
  • en douleur chronique: l'objectif du suivi est de trouver la dose minimale efficace pour soulager la douleur, d'initier au bon moment le sevrage ou la cessation de la thérapie, de surveiller les signes de trouble d'usage et de dépendance.

9 Surdosage[modifier | w]

Le surdosage ou l'intoxication aux opioïdes se présente par un toxidrome sympatholytique[2]:

  • une altération de l'état de conscience
  • un état de confusion
  • une bradypnée et une dépression respiratoire
  • un myosis
  • une diminution du péristaltisme
  • une hypothermie
  • une bradycardie et une hypotension
  • des myoclonies et des convulsions.

La prise en charge de l'intoxication se fait avec la naloxone[2].

10 Pharmacologie clinique[modifier | w]

10.1 Mécanisme d'action[modifier | w]

« Opioïde » est un terme générique qui représente tous les composés qui se lient aux récepteurs opioïdes, y compris les composés dérivés des graines de pavot, tels que la morphine et la codéine, ainsi que les opioïdes synthétiques comme le fentanyl. Les récepteurs opioïdes se trouvent dans le système nerveux central et périphérique et dans le tractus gastro-intestinal, régulant de nombreuses fonctions corporelles : douleur, humeur, stress, récompense, fonctions gastro-intestinales et respiration.[20][21][8]

Il existe trois récepteurs opioïdes : mu, kappa et delta. Les récepteurs mu médient la plupart des effets cliniques et indésirables des opioïdes : analgésie, sédation, euphorie, constipation et détresse respiratoire. L'activation des récepteurs kappa entraîne également une analgésie, une dyspnée et une sédation. Les recherches sur le rôle des récepteurs delta sont rares.[21]

Une fois activés, les récepteurs opioïdes déclenchent une cascade qui active les protéines G et inhibe l'adénylyl cyclase, conduisant finalement à des altérations de la transcription des gènes. Les récepteurs opioïdes agissent à la fois sur les neurones présynaptiques et postsynaptiques. Sur les neurones présynaptiques, les opioïdes ferment les canaux calciques voltage-dépendants, entraînant une diminution de la libération de neurotransmetteurs de la douleur tels que le glutamate et la substance P. Cela réduit finalement la transmission des signaux de douleur. Les récepteurs opioïdes présynaptiques sur les neurones de l'aire tegmentale ventrale inhibent la libération de GABA, provoquant une excitation plus fréquente des neurones dopaminergiques et créant des sentiments d'euphorie. Les récepteurs opioïdes post-synaptiques ouvrent les canaux potassiques, entraînant une hyperpolarisation dans les cellules qui inhibe la signalisation cellulaire.[21]

La plupart des opioïdes sont des agonistes complets du récepteur mu. Certains, comme la buprénorphine, le butorphanol et la nalbuphine, sont des agonistes partiels. Le tramadol, un agoniste mu opioïde faible, inhibe également la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline.[7]

10.2 Métabolisme[modifier | w]

Le CYP2D6 est une enzyme polymorphe qui convertit la codéine, l’hydrocodone et le tramadol en métabolites dotés de propriétés analgésiques plus puissantes. Donc, chez les patients qui sont des métaboliseurs ultrarapides des substrats du CYP2D6, le risque d’intoxication par ces opioïdes est plus élevé même à doses thérapeutiques. Dans le cas du tramadol, les patients au génotype lent courent également un risque plus élevé de syndrome sérotoninergique, en raison de l’augmentation de l’inhibition du recaptage de la sérotonine par le tramadol.[9]

11 Administration[modifier | w]

Les opioïdes se présentent sous plusieurs formes et peuvent être administrés par voie orale, rectale, topique (timbres transdermiques) ou intraveineuse, dans l'espace péridural et dans la dure-mère. Le mode d'administration et la durée d'action dépendent de la lipophilie et de l'hydrophilie de l'opioïde.[22]

12 Notes[modifier | w]

  1. Car la codéine est convertie en morphine et 10 % de la population ne dispose pas de l'enzyme responsable de la transformation.
  2. Début d'action en 24h.
  3. Ces médicaments sont techniquement des opioïdes mais ils n'ont pas l'effet analgésique qui est la principale raison de leur utilisation.
  4. Les facteurs de conversion sont approximatifs et ne reflètent pas la variabilité de la réponse individuelle des patients. Lors de changement d'opioïdes (rotation), diminuez la dose de 30 %.
  5. Les opioïdes tels que la codéine et le dextrométhorphane sont utiles comme antitussifs.
  6. Les nourrissons atteints du syndrome de sevrage néonatal peuvent développer de la diarrhée, des vomissements, de la transpiration, des éternuements, des pleurs excessifs, de la tachypnée, de l'irritabilité, des tremblements, de l'hyperréflexivité, des anomalies de la structure du sommeil, des troubles de l’alimentation et, dans de rares cas, des crises épileptiques.
  7. Le risque d’hypotension prononcée est plus probable en cas d’hypovolémie, de choc circulatoire ou de prise concomitante de médicaments qui abaissent la tension artérielle.
  8. L’hypoglycémie survient tôt et des cas ont été rapportés chez des patients diabétiques ou non, jeunes ou âgés, ayant reçu des doses thérapeutiques ou excessives. Les facteurs de risques sont : le diabète, l'âge, l’insuffisance rénale et le surdosage

13 Références[modifier | w]

  1. Hugh C. Hemmings et Talmage D. Egan, Pharmacology and physiology for anesthesia : foundations and clinical application, (ISBN 978-1-4377-1679-5, 1-4377-1679-2 et 978-1-4557-3793-2, OCLC 830039318, lire en ligne)
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Luc Lanthier, Guide pratique de médecine interne, (ISBN 978-2-923026-24-4 et 2-923026-24-1, OCLC 1044957397, lire en ligne)
  3. 3,0 3,1 et 3,2 « Les analgésiques narcotiques », sur RX Vigilance (consulté le 11 janvier 2022)
  4. Demers H., Lapierre M., « La buprénorphine (Butrans) un timbre de plus à votre collection? », sur Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, volume 47,numéro 5, mai 2012
  5. 5,0 et 5,1 « FACULTY OF HEALTH SCIENCES Michael G. DeGroote National Pain Centre », sur McMaster University National Pain Centre (consulté le 9 janvier 2022)
  6. « Mini-Guide Palli-Science », sur Palli-Science : site officiel de formation en soins palliatifs et oncologie de 1ère ligne, (consulté le 30 janvier 2022)
  7. 7,0 7,1 7,2 7,3 7,4 7,5 7,6 et 7,7 Neelam Grewal et Martin R. Huecker, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 31869184, lire en ligne)
  8. 8,0 8,1 8,2 et 8,3 Michael Camilleri, Anthony Lembo et David A. Katzka, « Opioids in Gastroenterology: Treating Adverse Effects and Creating Therapeutic Benefits », Clinical Gastroenterology and Hepatology: The Official Clinical Practice Journal of the American Gastroenterological Association, vol. 15, no 9,‎ , p. 1338–1349 (ISSN 1542-7714, PMID 28529168, Central PMCID 5565678, DOI 10.1016/j.cgh.2017.05.014, lire en ligne)
  9. 9,00 9,01 9,02 9,03 9,04 9,05 9,06 9,07 9,08 9,09 9,10 9,11 9,12 9,13 9,14 9,15 9,16 9,17 9,18 9,19 9,20 9,21 et 9,22 « Opioïdes Monographie de l'APhC », sur L'Association des pharmaciens du Canada rassemble ses ouvrages sous une même interface. Comprend le e-CPS, le Compendium of Therapeutics for Minor Ailments et le Compendium of Therapeutics choices., (consulté le 9 janvier 2022)
  10. 10,0 10,1 10,2 et 10,3 (en) Jason W. Busse, Samantha Craigie, David N. Juurlink et D. Norman Buckley, « Guideline for opioid therapy and chronic noncancer pain », Canadian Medical Association Journal, vol. 189, no 18,‎ , E659–E666 (ISSN 0820-3946 et 1488-2329, PMID 28483845, Central PMCID PMC5422149, DOI 10.1503/cmaj.170363, lire en ligne)
  11. Richard A. Epstein, William V. Bobo, Peter R. Martin et James A. Morrow, « Increasing pregnancy-related use of prescribed opioid analgesics », Annals of Epidemiology, vol. 23, no 8,‎ , p. 498–503 (ISSN 1873-2585, PMID 23889859, Central PMCID 3888316, DOI 10.1016/j.annepidem.2013.05.017, lire en ligne)
  12. Raoul Daoust, Jean Paquet, Lynne Moore et Marcel Émond, « Recent opioid use and fall-related injury among older patients with trauma », CMAJ: Canadian Medical Association journal = journal de l'Association medicale canadienne, vol. 190, no 16,‎ , E500–E506 (ISSN 1488-2329, PMID 29685910, Central PMCID 5915247, DOI 10.1503/cmaj.171286, lire en ligne)
  13. (en-US) « CDC Guideline for Prescribing Opioids for Chronic Pain — United States, 2016 », MMWR. Recommendations and Reports, vol. 65,‎ (ISSN 1057-5987 et 1545-8601, DOI 10.15585/mmwr.rr6501e1er, lire en ligne)
  14. Igor Izrailtyan, Jiejing Qiu, Frank J. Overdyk et Mary Erslon, « Risk factors for cardiopulmonary and respiratory arrest in medical and surgical hospital patients on opioid analgesics and sedatives », PloS One, vol. 13, no 3,‎ , e0194553 (ISSN 1932-6203, PMID 29566020, Central PMCID 5864099, DOI 10.1371/journal.pone.0194553, lire en ligne)
  15. Alan D. Kaye, Mark R. Jones, Adam M. Kaye et Juan G. Ripoll, « Prescription Opioid Abuse in Chronic Pain: An Updated Review of Opioid Abuse Predictors and Strategies to Curb Opioid Abuse: Part 1 », Pain Physician, vol. 20, no 2S,‎ , S93–S109 (ISSN 2150-1149, PMID 28226333, lire en ligne)
  16. Nora D. Volkow et A. Thomas McLellan, « Opioid Abuse in Chronic Pain--Misconceptions and Mitigation Strategies », The New England Journal of Medicine, vol. 374, no 13,‎ , p. 1253–1263 (ISSN 1533-4406, PMID 27028915, DOI 10.1056/NEJMra1507771, lire en ligne)
  17. Seth D. Crockett, Katarina B. Greer, Joel J. Heidelbaugh et Yngve Falck-Ytter, « American Gastroenterological Association Institute Guideline on the Medical Management of Opioid-Induced Constipation », Gastroenterology, vol. 156, no 1,‎ , p. 218–226 (ISSN 1528-0012, PMID 30340754, DOI 10.1053/j.gastro.2018.07.016, lire en ligne)
  18. Nora D. Volkow, Emily B. Jones, Emily B. Einstein et Eric M. Wargo, « Prevention and Treatment of Opioid Misuse and Addiction: A Review », JAMA psychiatry, vol. 76, no 2,‎ , p. 208–216 (ISSN 2168-6238, PMID 30516809, DOI 10.1001/jamapsychiatry.2018.3126, lire en ligne)
  19. 19,0 et 19,1 « Trouble de la consommation d'opiacés et réhabilitation », sur LE MANUEL MERCK Version pour professionnels de la santé, (consulté le 8 janvier 2022)
  20. Robert N. Jamison et Jianren Mao, « Opioid Analgesics », Mayo Clinic Proceedings, vol. 90, no 7,‎ , p. 957–968 (ISSN 1942-5546, PMID 26141334, DOI 10.1016/j.mayocp.2015.04.010, lire en ligne)
  21. 21,0 21,1 et 21,2 Robert B. Raffa, « On subclasses of opioid analgesics », Current Medical Research and Opinion, vol. 30, no 12,‎ , p. 2579–2584 (ISSN 1473-4877, PMID 25105308, DOI 10.1185/03007995.2014.952717, lire en ligne)
  22. K. F. Chung, « Clinical cough VI: the need for new therapies for cough: disease-specific and symptom-related antitussives », Handbook of Experimental Pharmacology, no 187,‎ , p. 343–368 (ISSN 0171-2004, PMID 18825350, DOI 10.1007/978-3-540-79842-2_18, lire en ligne)

Les sections suivantes sont remplies automatiquement et se peupleront d'éléments à mesure que des pages sont crées sur la plateforme. Pour participer à l'effort, allez sur la page Gestion:Contribuer. Pour comprendre comment fonctionne cette section, voir Aide:Fonctions sémantiques.