Neuronite vestibulaire

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Neuronite vestibulaire
Maladie
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Anatomie de l'oreille interne
Caractéristiques
Signes Nystagmus , Manoeuvre de HiNTs , Instabilité à la marche, Nystagmus unilatéral, Nystagmus horizontal, Nystagmus horizonto-rotatoire, Nystagmus supprimé par la fixation du regard
Symptômes
Nausées, Sensation de tête légère, Instabilité à la marche, Vertige rotatoire sévère, Vertige à début subit, Vertige augmenté aux mouvements, Vertige augmenté aux changements de position, Audition normale, Vomissement
Diagnostic différentiel
AVC du tronc cérébral, Neurinome acoustique, Vertige positionnel paroxystique bénin, Syndrome de Cogan, Syndrome de déhiscence du canal semi-circulaire, Vestibulopathie récurrente, Traumatisme de l'oreille interne, Migraine vestibulaire, Ataxie cérébelleuse de type 2, Hémorragie de la fosse postérieure, Sclérose en plaques, Syndrome de Ramsay-Hunt, Otite moyenne aiguë, Labyrinthite, Toxicité aux aminosides, AVC cérébelleux, Pseudo-névrite vestibulaire, Maladie de Ménière
Informations
Terme anglais Vestibular neuritis
Autres noms Névrite vestibulaire
Wikidata ID Q460167
Spécialités ORL, Médecine familiale, Médecine d'urgence, Neurologie, Médecine interne

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La neuronite vestibulaire est un déficit vestibulaire périphérique unilatéral soudain, d'origine non précise et sans perte auditive associée.

1 Épidémiologie[modifier | w]

L'incidence annuelle de la neuronite vestibulaire est de 3,5 pour 100 000 habitants et représente 7 % des patients des cliniques ambulatoires spécialisées dans le traitement du vertige. La réactivation d'une infection latente à virus herpès simplex de type 1 (HSV-1) est la cause la plus probable car l'ADN et l'ARN du HSV-1 ont été détectés dans les ganglions vestibulaires humain. [1]

Selon la fréquence d'apparition, la neuronite vestibulaire supérieure arrive au premier rang (55 à100 %), suivie par la neuronite totale (15 à 30 %). La neuronite inférieure se classe au dernier rang (3,7 à 15 %).[1] Parmi les causes fréquentes de vertige périphérique, la neuronite vestibulaire se classe au deuxième rang. [2]

2 Étiologies[modifier | w]

Les hypothèses étiologiques sont multiples. [3]

  • La principale hypothèse implique la réactivation d'un virus neurotrope latent. Les plus répandus sont les virus de l'Herpès Simplex (hSV-1 et hSV-2) et le zona (varicelle). Ce groupe de virus a la capacité d'envahir les neurones sensoriels, établissant une latence dans le noyau de la cellule ganglionnaire, d'où il pourra être réactivé à une date ultérieure lors d'une période de stress extrême. Des études ont démontré la présence d'anticorps anti-HSV ou ADN dans les nerfs vestibulaires et les noyaux, ainsi que dans la salive des patients atteints d'une neuronite vestibulaire.
  • Une étiologie vasculaire est possible dans certains cas, notamment chez les sujets hypertendus ou présentant un terrain vasculaire.

3 Physiopathologie[modifier | w]

Selon l'anatomie du trajet du nerf vestibulaire, l'atteinte peut être [3]:

  1. une neuronite vestibulaire supérieure
  2. une neuronite vestibulaire inférieur
  3. une neuronite vestibulaire globale.

L'inflammation du nerf vestibulaire entraîne un oedème compressif qui affecte l'activité nerveuse. Le nerf vestibulaire supérieure est plus souvent atteint à cause de son long trajet dans un canal osseux.

La perte d'activité nerveuse du côté atteint provoque un vertige et un nystagmus dans les premiers jours. Ces symptômes s'estompent après quelques semaines puisqu'il y a une compensation par le système vestibulaire du côté sain et par le système nerveux central.

4 Présentation clinique[modifier | w]

4.1 Facteurs de risque[modifier | w]

Il n'existe pas de facteur de risque spécifique à cette maladie.

4.2 Questionnaire[modifier | w]

La neuronite vestibulaire se caractérise par l'apparition : [4]

Un questionnaire neurologique et cardiaque complet est requis pour éliminer les diagnostics différentiels.

4.3 Examen clinique[modifier | w]

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  • Ce vertige, est-il d’origine centrale ? Le test de HINTS (MU) (MF)
L'utilisation de mot « labyrinthite » est erronée lorsqu'il n'y pas de surdité associée.

L'examen physique est compatible avec un syndrome vestibulaire aigu : [5]

Les autres signes neurologiques (dysarthrie, dysphagie, faiblesse des membres, perte sensorielle, affaissement facial, dysmétrie des membres) sont absents.

5 Examens paracliniques[modifier | w]

Les examens paracliniques ne sont généralement pas nécessaires, sauf si le tableau clinique est atypique.

Modalités Commentaires
Neuroimagerie
  • Un patient jeune qui se présente avec des vertiges aigus soutenus, sans autres signes ou symptômes neurologiques, et avec un nystagmus et un examen qui correspond à une origine périphérique n'a pas besoin d'imagerie.
  • L'imagerie par résonance magnétique et la tomodensitométrie cérébrale servent à éliminer des diagnostics différentiels et non à confirmer le diagnostic de neuronite vestibulaire.
  • Les modalités de neuroimagerie sont indiquées seulement si l'histoire et l'examen physique sont atypiques (céphalée de novo, signes ou symptômes discordants, facteurs de risque importants d'AVC) ou si les symptômes sont persistants et ne s'améliorent pas après 48 heures.
Autres examens
  • Le vidéonystagmogramme (VNG) est un examen pour préciser la fonction vestibulaire qui regroupe un ensemble de test incluant les épreuves caloriques et rotatoires.[3]
  • Les potentiels évoqués myogéniques vestibulaire (VEMP) testent la fonction des organes otolitiques qui incluent la saccule et l'utricule. [3]
  • L'audiogramme et l’impédancemétrie doivent être systématiquement réalisés. Ils confirment l’absence d’atteinte cochléaire.

6 Diagnostic[modifier | w]

Un diagnostic de neuronite vestibulaire est largement basé sur la présentation clinique d'un syndrome vestibulaire aigu soutenu avec des caractéristiques d'examen compatibles avec une lésion périphérique. Il n'y a pas de tests diagnostiques spécifiques.

7 Diagnostic différentiel[modifier | w]

Les diagnostics différentiels de la neuronite vestibulaire sont [7]:

8 Traitement[modifier | w]

Les traitements antiviraux pour un HSV/zona présomptif ne sont pas recommandés.

Les traitements potentiels de la neuronite vestibulaire comprennent un traitement aigu spécifique à la maladie, des traitements symptomatiques et une rééducation vestibulaire.

La mobilisation précoce est essentielle à une récupération rapide.
Traitement de la neuronite vestibulaire [17]
Traitement
Glucocorticoïde
  • Les glucocorticoïdes sont utilisés pour le traitement aigu spécifique de la maladie.
  • Le traitement par glucocorticoïdes pendant la période aiguë du vertige améliore la récupération de la fonction vestibulaire périphérique chez les patients atteints de neuronite vestibulaire [18]. Le bénéfice de l'administration des glucocorticoïdes est supérieur s'ils sont administrés < 72 heures après le début des symptômes.
  • Le schéma thérapeutique le plus suivi est un traitement de 10 jours de prednisone :
    • 60 mg PO die X 5 jours
    • 40 mg PO die le jour 6
    • 30 mg PO die le jour 7
    • 20 mg PO die le jour 8
    • 10 mg PO die le jour 9
    • 5 mg PO die le jour 10.
Sédatifs vestibulaires
  • Ces classes de médicaments sont utilisées pour le traitement symptomatique de la maladie (vertige, nausée, vomissement), particulièrement dans les premiers jours de la neuronite vestibulaire. Ceux-ci comprennent les antiémétiques, les antihistaminiques, les anticholinergiques et les benzodiazépines.
  • Posologie :
Rééducation vestibulaire
  • La mobilisation précoce est essentielle à une récupération rapide. Le patient ne doit pas rester alité durant sa récupération.
  • Les exercices vestibulaires sont efficaces pour améliorer les symptômes et le fonctionnement. La rééducation vestibulaire est plus susceptible d'être efficace lorsque le patient est référé pour une évaluation de physiothérapie vestibulaire et termine un programme conçu individuellement. [18]

9 Suivi[modifier | w]

Le patient doit reconsulter si les vertiges ne s'améliorent pas après quelques jours de symptômes. Si le diagnostic est clair, aucun suivi médical n'est d'emblée recommandé, outre la rééducation vestibulaire.[Référence nécessaire]

10 Complications[modifier | w]

Les complications possibles sont :

11 Évolution[modifier | w]

Les patients atteints d'une neuronite vestibulaire souffrent généralement de symptômes vestibulaires sévères pouvant durer de plusieurs heures à quelques jours. Une récupération complète attribuée à une compensation vestibulaire centrale peut prendre plusieurs semaines ou plusieurs mois. Toutefois, un déséquilibre chronique peut persister.

Les résultats du vidéonystagmogramme (VNG) et des tests de l’équilibre, ainsi que le nystagmus spontané, s'amélioreront progressivement sur plusieurs semaines. Cependant, il est possible de retrouver des anomalies persistantes au VNG.

Jusqu'à 47 % des patients dans la vingtaine pourraient souffrir d'une atteinte bilatérale de l'organe vestibulaire [20][21][22].

12 Prévention[modifier | w]

La neuronite vestibulaire ne peut être prévenue.

13 Notes[modifier | w]

  1. La phase rapide du nystagmus bat loin du côté affecté.
  2. Avec une rotation rapide de la tête vers le côté de la lésion par l'examinateur, le patient est incapable de maintenir la fixation visuelle.
  3. Si le patient oscille ou tombe, il est opposé à la direction de la composante rapide du nystagmus, c'est-à-dire vers le côté a affecté.
  4. Se caractérise par un vertige épisodique associé à une perte auditive fluctuante, des acouphènes et une plénitude de l'oreille du côté atteint
  5. Présentation clinique similaire mais accompagnée par une perte auditive
  6. Se présente généralement comme une éruption cutanée localisée et douloureuse, souvent chez un sujet immunodéprimé; le diagnostic est principalement posé cliniquement, sauf chez les patients présentant des manifestations atypiques ou certaines complications, telles que l'atteinte du système nerveux central.
  7. Une maladie auto-immune rare, caractérisée par une atteinte oculaire et vestibulo-auditive
  8. Les patients atteints des lésions cérébelleuses aiguës peuvent présenter des caractéristiques cliniques distinctes de celles de la névrite vestibulaire, nystagmus non supprimé par la fixation visuelle, impossibilité à la marche sans soutien, présence d'une dysmétrie, une dysarthrie.
  9. La présentation clinique des vertiges dans un contexte de migraine vestibulaire est très variable. Le patient peut rapporter une sensation de rotation, de bascule, élévation de tangage.
  10. Souvent accompagné par d'autres symptômes systémiques tels que la spasticité ou des signes de névrite optique

14 Références[modifier | w]

  1. 1,0 et 1,1 Choi Jae-Hwan, Park Min-Gyu, Choi Seo Young et Park Kyung-Pil, « Acute Transient Vestibular Syndrome », Stroke, vol. 48, no 3,‎ , p. 556–562 (DOI 10.1161/STROKEAHA.116.015507, lire en ligne)
  2. C. Conraux, « [Vestibular neuritis] », La Revue Du Praticien, vol. 44, no 3,‎ , p. 324–327 (ISSN 0035-2640, PMID 8178097, lire en ligne)
  3. 3,0 3,1 3,2 et 3,3 « La Névrite vestibulaire examens et traitements », sur www.lesvertiges.com (consulté le 26 novembre 2020)
  4. M. R. Dix et C. S. Hallpike, « The pathology, symptomatology and diagnosis of certain common disorders of the vestibular system », The Annals of Otology, Rhinology, and Laryngology, vol. 61, no 4,‎ , p. 987–1016 (ISSN 0003-4894, PMID 13008328, DOI 10.1177/000348945206100403, lire en ligne)
  5. Seong-Hae Jeong, Hyo-Jung Kim et Ji-Soo Kim, « Vestibular neuritis », Seminars in Neurology, vol. 33, no 3,‎ , p. 185–194 (ISSN 1098-9021, PMID 24057821, DOI 10.1055/s-0033-1354598, lire en ligne)
  6. David E. Newman-Toker, Jorge C. Kattah, Jorge E. Alvernia et David Z. Wang, « Normal head impulse test differentiates acute cerebellar strokes from vestibular neuritis », Neurology, vol. 70, no 24 Pt 2,‎ , p. 2378–2385 (ISSN 1526-632X, PMID 18541870, DOI 10.1212/01.wnl.0000314685.01433.0d, lire en ligne)
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