Kératose séborrhéique

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Kératose séborrhéique (KS)
Maladie
Seborrheic keratosis on human back.jpg
Caractéristiques
Signes Plaques
Symptômes
Douleur, Asymptomatique , Saignement cutané , Prurit cutané
Diagnostic différentiel
Carcinome basocellulaire, Kératose actinique, Lentigo malin, Mélanome malin, Naevus mélanocytaire, Lentigo sénile, Carcinome spinocellulaire
Informations
Wikidata ID Q2166371
Spécialité Dermatologie

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La kératose séborrhéique (KS) est un type de tumeur épidermique bénigne qui est répandue chez les personnes d'âge moyen et âgées.[1]

1 Épidémiologie[modifier | w]

La kératose séborrhéique est la tumeur cutanée bénigne la plus fréquente, affectant plus de 80 millions d'Américains.[2] La kératose séborrhéique est généralement observée chez les patients de plus de 50 ans et devient plus fréquente avec l'âge. Bien que les lésions de kératose séborrhéique soient plus fréquentes chez les personnes d'âge moyen et les personnes âgées, elles peuvent également se présenter chez les jeunes adultes. La prévalence est similaire chez les hommes et les femmes; cependant, la kératose séborrhéique semble plus fréquente chez les populations dont les sujets ont la peau plus claire[3].

2 Étiologies[modifier | w]

La kératose séborrhéique provient de l'expansion clonale bénigne des kératinocytes épidermiques. L'étiologie précise n'est pas encore connue. Toutefois, on pense qu'il existe une composante génétique dans le développement d'un grand nombre de lésions de kératose séborrhéique.[3]

3 Physiopathologie[modifier | w]

La pathogenèse exacte de cette affection cutanée n'est pas non plus connue à l'heure actuelle, mais il existe une corrélation possible avec le récepteur 3 du facteur de croissance des fibroblastes (FGFR3) et les mutations oncogènes PIK3CA. L'exposition au soleil peut également contribuer à la pathogenèse.[3]

4 Présentation clinique[modifier | w]

4.1 Facteurs de risque[modifier | w]

L'étiologie précise de la kératose séborrhéique n'est pas encore connue à l'heure actuelle, mais il existe quelques facteurs de risque associés au développement des KS, notamment[3]:

4.2 Questionnaire[modifier | w]

Les kératoses séborrhéiques apparaissent sous forme de plaques brunâtres bien circonscrites et sont le plus souvent asymptomatiques. Selon leur emplacement, elles peuvent devenir douloureuses, pruritiques et saigner.[3]

En général, la kératose séborrhéique est une lésion bénigne à croissance lente. Une anamnèse approfondie et un examen physique complet sont nécessaires lors de l'évaluation d'un patient présentant de nombreuses kératoses séborrhéiques. Il est primordial de questionner s'il y a présence de signes de malignité, tels que[3]:

  • des lésions ulcérées, atypiques ou changeantes en apparence
  • un changement rapide en taille et en nombre (signe de Leser-Trélat[note 1])
  • des lésions de taille volumineuse.

4.3 Examen clinique[modifier | w]

À l'examen cutané[3]:

  • Aspect: avec le temps, les kératoses séborrhéiques développent un aspect de plaques cireuses et verruqueuses, leur donnant un aspect «collé» caractéristique.
  • Couleur: la couleur de ces lésions peut varier entre un brun clair, un brun foncé, un jaune ou un gris.
  • Nombres: les KS peuvent se présenter sous forme d'une lésion isolée ou des dizaines, voire des centaines de lésions.
  • Localisation: peuvent généralement survenir n'importe où sur le corps, à l'exception des paumes, des plantes de pieds et des muqueuses; selon l'emplacement de la lésion, il peut y avoir une inflammation chronique, entraînant une douleur, un prurit, un érythème ou même des saignements autour du site.
  • Signes de malignité:
    • l'apparition de kératoses multiples
    • lésions qui croissent rapidement
    • lésions qui sont symptomatiques ou qui sont atypiques.

5 Examens paracliniques[modifier | w]

KS au dermatoscope

L'évaluation des kératoses séborrhéiques se fait cliniquement dans la plupart des cas. Bien que les KS soient des tumeurs bénignes qui présentent souvent des caractéristiques distinctives, il peut y avoir un certain chevauchement morphologique avec d'autres lésions cutanées malignes. L'examen avec un dermatoscope est utile pour départager les lésions bénignes des tumeurs dysplasiques ou malignes. On peut généralement voir les éléments suivants au dermatoscope[3]:

  • des kystes de milia
  • des ouvertures
  • des fissures et des crêtes ressemblant à des comédons.

5.1 Histopathologie[modifier | w]

Kératose séborrhéique à la pathologie

Au microscope, la kératose séborrhéique montre une prolifération de kératinocytes avec des kystes remplis de kératine.[4] Il existe différents sous-types de kératose séborrhéique, notamment[3]:

  • icanthotique
  • hyperkératosique
  • clonale
  • adénoïde (forme réticulée)
  • irritée
  • mélanoacanthome.

Ces lésions peuvent être complexes et peuvent avoir des composantes de plusieurs sous-types intégrées dans leurs pathologies. Il peut y avoir une infiltration lymphocytaire présente dans les lésions enflammées ou irritées. Selon le variant, il peut également avoir différents degrés d'hyperkératose, d'acanthose, de pseudokystes, d'hyperpigmentation, d'inflammation et de dyskératose.

6 Diagnostic[modifier | w]

Le diagnostic d'une kératose séborrhéique repose surtout sur son apparence générale[3]. En cas de doute ou de signes préoccupants, ne pas hésiter à référer en dermatologie.

7 Diagnostic différentiel[modifier | w]

Le diagnostic différentiel de la kératose séborrhéique est large et devrait inclure les pathologies suivantes[3]:

8 Traitement[modifier | w]

En règle général, il n'y a aucune indication de traiter une kératose séborrhéique en l'absence de suspicion de malignité[note 2]. Voici les traitements les plus couramment utilisés[3]:

  • la cryothérapie[5]:
    • généralement bien tolérée par le patient
    • un temps de congélation de 10 à 15 secondes avec un halo de 1 à 2 mm est nécessaire [note 3]
    • cette méthode de traitement ne permet aucune confirmation histologique de la lésion et ne doit être utilisée qu'en cas de faible suspicion clinique de malignité.

9 Complications[modifier | w]

En fonction de l'emplacement de ces lésions, elles peuvent causer les symptômes suivants:[3]

De plus, un grand nombre de ces lésions peut rendre plus difficile la détection d'autres lésions cutanées malignes.[3]

10 Évolution[modifier | w]

Les kératoses séborrhéiques sont des lésions bénignes et ont un bon pronostic. Il existe plusieurs modalités de traitement qui donnent de bons résultats avec peu d'effets secondaires ou de complications. Les patients présentant de nombreuses kératoses séborrhéiques doivent être évalués de plus près, car le nombre élevé de lésions peut masquer des lésions malignes concomitantes.[3]

11 Notes[modifier | w]

  1. Le signe de Leser-Trélat fait référence à l'apparition soudaine de multiples kératoses séborrhéiques qui augmentent rapidement en taille et en nombre, évoquant un syndrome paranéoplasique cutané, souvent associée à des carcinomes gastro-intestinaux ou à des syndromes lymphoprolifératifs.
  2. L'élimination de la kératose séborrhéique est souvent pour des raisons esthétiques ou secondaires à une irritation chronique. Différentes modalités de traitement sont disponibles pour l'élimination de la kératose séborrhéique. Le choix de la thérapie doit être personnalisé pour chaque patient. Les considérations doivent inclure la taille et l’épaisseur de la lésion, le type de peau du patient, la suspicion clinique de malignité et l’expérience clinique du médecin.
  3. Il est important de noter que des cas d'hypopigmentation ou d'hyperpigmentation post-cryothérapie ont été rapportés avec la cicatrisation de ces zones après un traitement trop agressif. Donc, pour des raisons esthétiques et pour prévenir des changements de pigmentation, il est souvent préférable d'opter pour une congélation de moindre intensité suivie de curetage. Les lésions plus épaisses peuvent nécessiter plusieurs cycles de gel/dégel pour traiter efficacement la zone. Cette méthode est généralement bien tolérée, mais peut cependant provoquer un érythème, des douleurs et la formation de bulles au niveau des zones de traitement.
  4. Typiquement, cette modalité de traitement est destinée aux affections cutanées principalement contenues dans l'épiderme sans atteinte du derme. Une excision superficielle est réalisée avec un scalpel ou avec une lame de rasoir pour retirer une fine tranche de tissu contenant la lésion. L'échantillon peut ensuite être envoyé en pathologie pour être analysé.
  5. Ce processus est une autre méthode pour éliminer les lésions épidermiques superficielles sans atteinte du derme. Cette méthode utilise la curette pour gratter et retirer le tissu épidermique suivi d'une électrodesiccation avec un hyfrecator ou une unité de cautérisation; ceci est généralement effectué plusieurs fois pour garantir une élimination adéquate du tissu affecté. Le curetage et dessiccation (C&D) fournit des résultats efficaces et présente généralement un faible taux de complications. Les complications possibles de ce traitement comprennent l'infection, les cicatrices et l'hyperpigmentation.
  6. Il existe deux types de lasers utilisés pour le traitement de la kératose séborrhéique: la thérapie au laser ablative et la thérapie au laser non ablative. La thérapie au laser ablative, tels que les lasers YAG et CO2, et les lasers non ablatifs, tel que le laser alexandrite 755 nm, sont souvent utilisés.

12 Références[modifier | w]

  1. Christian Hafner et Thomas Vogt, « Seborrheic keratosis », Journal der Deutschen Dermatologischen Gesellschaft = Journal of the German Society of Dermatology: JDDG, vol. 6, no 8,‎ , p. 664–677 (ISSN 1610-0387, PMID 18801147, DOI 10.1111/j.1610-0387.2008.06788.x, lire en ligne)
  2. Ralph P. Braun, Sabine Ludwig et Ashfaq A. Marghoob, « Differential Diagnosis of Seborrheic Keratosis: Clinical and Dermoscopic Features », Journal of drugs in dermatology: JDD, vol. 16, no 9,‎ , p. 835–842 (ISSN 1545-9616, PMID 28915278, lire en ligne)
  3. 3,00 3,01 3,02 3,03 3,04 3,05 3,06 3,07 3,08 3,09 3,10 3,11 3,12 3,13 et 3,14 Michael J. Greco et Beenish S. Bhutta, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 31424869, lire en ligne)
  4. Akane Minagawa, « Dermoscopy-pathology relationship in seborrheic keratosis », The Journal of Dermatology, vol. 44, no 5,‎ , p. 518–524 (ISSN 1346-8138, PMID 28447350, DOI 10.1111/1346-8138.13657, lire en ligne)
  5. Geraldine Cheyana Ranasinghe et Adam J. Friedman, « Managing Seborrheic Keratoses: Evolving Strategies for Optimizing Patient Outcomes », Journal of drugs in dermatology: JDD, vol. 16, no 11,‎ , p. 1064–1068 (ISSN 1545-9616, PMID 29141054, lire en ligne)



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