Kératoconjonctivite sèche

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Kératoconjonctivite sèche
Maladie
Thygeson's superficial punctate keratitis.jpg
Kératite ponctuée superficielle
Caractéristiques
Signes Conjonctive hyperhémique, Kératite ponctuée superficielle, Augmentation de la fréquence de clignement des yeux, Conjonctive sèche, Conjonctive mate, Larmoiements
Symptômes
Sensations de brûlures, Sécheresse, Tiraillement, Photosensibilité, Douleur vive, Sensation de tension ou fatigue oculaire, Vision trouble, Prurit oculaire, Sensation de corps étranger dans l'oeil
Diagnostic différentiel
Blépharite, Conjonctivite allergique, Kératoconjonctivite atopique et vernale, Paralysie de Bell, Complications des lentilles de contact, Syndrome des paupières souples, Kératite neurotrophique, Manifestations oculaires de l'infection à VIH, Rosacée oculaire, Kératoconjonctivite limbique supérieure, Ophtalmopathie thyroïdienne, Sensibilité aux conservateurs topiques, Kératopathie toxique
Informations
Terme anglais Keratoconjunctivitis Sicca
Autres noms Kératite sèche
Spécialité Ophtalmologie

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La sécheresse oculaire, également connue sous le nom de syndrome de l'œil sec, de kératoconjonctivite sèche et de kératite sèche, est une maladie multifactorielle des larmes et de la surface oculaire qui entraîne une gêne, des troubles visuels et une instabilité du film lacrymal. Elle peut causer des dommages à la surface oculaire. La sécheresse oculaire est une forme courante de maladie de la surface oculaire et peut chevaucher d'autres causes de maladie de la surface cornéen, telles que l'allergie oculaire et le dysfonctionnement de la glande de Meibomius.[1]

1 Physiopathologie[modifier | w]

Deux grandes catégories existent :

  • La kératoconjonctivite sèche due à une quantité de larmes insuffisante.
  • La kératoconjonctivite sèche d'exposition (plus fréquente) due à l'évaporation accélérée par instabilité du film lacrymal.[2]

2 Étiologies[modifier | w]

2.1 Kératoconjonctivite sèche par manque de larmes[modifier | w]

  • Se présente le plus souvent comme une atteinte idiopathique isolée de la femme ménopausée.
  • Fait également souvent partie d'un syndrome de Sjögren, d'une polyarthrite rhumatoïde ou d'un lupus érythémateux disséminé.
  • Plus rarement, elle peut être secondaire à d'autres affections cicatricielles des canaux lacrymaux (par exemple, pemphigoïde cicatricielle, syndrome de Stevens-Johnson, trachome).
  • Peut résulter d'une glande lacrymale lésée ou dysfonctionnelle à cause d'une réaction du greffon contre l'hôte, d'une infection par le VIH (syndrome de lymphocytose diffuse infiltrante), d'une radiothérapie locale, ou d'une dysautonomie familiale.

2.2 Kératoconjonctivite sèche par évaporation excessive du film lacrymal[modifier | w]

  • Due à une insuffisance de la couche lipidique en surface de la couche aqueuse des larmes.
  • Les symptômes peuvent résulter d'une mauvaise qualité du film lipidique (c'est-à-dire, dysfonctionnement des glandes de Meibomius) ou d'une dégradation de la couche lipidique normale (blépharite séborrhéique).
  • Une acné rosacée est fréquemment en cause.

La sécheresse peut aussi être le résultat d'une exposition due à une occlusion palpébrale incomplète la nuit (lagophtalmie nocturne ou paralysie du nerf facial ou paralysie de Bell) ou à une fréquence insuffisante de réapplication des larmes à la cornée due à une fréquence de clignement insuffisante (p. ex., maladie de Parkinson).[2][3]

3 Présentation clinique[modifier | w]

3.1 Questionnaire[modifier | w]

Les patients décrivent :

Certains patients signalent un larmoiement excessif après une phase d'irritation. Mais généralement, ces symptômes sont d'intensité variable et intermittents.

Les symptômes tendent à diminuer pendant les longues journées d'hiver pluvieuses et brumeuses, ou lorsque le milieu environnant est très humide (comme dans une douche chaude ou des bains turcs).

Un brouillard visuel prolongé et des irritations oculaires répétées sont une source de gêne fonctionnelle dans les activités quotidiennes. Cependant, l'altération permanente de la qualité de vision reste heureusement très rare.[1][2]

3.2 Facteurs de risque[modifier | w]

Certains facteurs peuvent les aggraver:

  • Des efforts visuels prolongés (p. ex., longue lecture, travail sur ordinateur, conduite, télévision, jeux vidéos)
  • Un environnement sec, poussiéreux ou enfumé
  • Certains médicaments systémiques, dont l'isotrétinoïne, les sédatifs, les diurétiques, les antihypertenseurs, les contraceptifs oraux, et tous les anticholinergiques (y compris les antihistaminiques et de nombreux médicaments gastro-intestinaux)
  • Déshydratation[2]

3.3 Examen clinique[modifier | w]

Dans les deux catégories, il y aura présence de :

  • Conjonctive peut être hyperhémique
  • Présence de petits défects épars et ponctuels de l'épithélium cornéen ('kératite ponctuée superficielle') et/ou de la conjonctive
  • Lorsque le trouble est sévère, la zone intrapalpébrale peut prendre la coloration de la fluorescéine
  • Les clignements sont fréquents du fait de l'irritation.

Dans les kératoconjonctivites sèches par manque de larmes :

  • La conjonctive peut apparaître conjonctive sèche et mate

Dans les formes par évaporation excessive :

  • Présence de larmoiements paradoxaux peuvent alterner avec des phases de sécheresse.

4 Approche clinique[modifier | w]

En cas de kératoconjonctivites sèches par insuffisance de production lacrymale, il est important de rechercher un syndrome de Sjögren, surtout en cas d'association à une xérostomie (sécheresse buccale). Pour faire le diagnostic, il est nécessaire d'effectuer :

  • Tests sérologiques
  • Biopsie des glandes salivaires

Le syndrome de Sjögren primitif ou secondaire représente un facteur de risque pour certaines maladies (p. ex., cholangite biliaire primitive, lymphome non hodgkinien). La prise en charge repose bien entendu sur un bilan clinique et une surveillance précis.

Plusieurs nouveaux tests sont en cours de développement pour diagnostiquer la kératoconjonctivite sèche. Ceux-ci comprennent des instruments permettant de visualiser les glandes sébacées des paupières et de mesurer la qualité de la couche lipidique lacrymale et l'osmolarité lacrymale. Néanmoins, l'application clinique de ces tests est encore mal évaluée.[2]

5 Investigation[modifier | w]

  • Test de Schirmer: diminution de l'humidification de la bandelette
    • Détermine si la quantité de larmes produite est normale.
    • Après absorption de l'excédent de l'arme sur œil fermé, une bandelette de papier-buvard graduée est placée, sans anesthésie topique, à la jonction des deux tiers internes et du tiers externe de la paupière inférieure. Une humidification < 5,5 mm de la bandelette après 5 min de test sur 2 examens successifs affirme le diagnostic de kératoconjonctivite sèche par déficit quantitatif en larmes.
    • Dans les kératoconjonctivite sèche par évaporation excessive des larmes, le test de Schirmer est habituellement normal.
  • Test de rupture du film lacrimal: rupture précoce du film lacrilmal
    • Le film lacrymal peut être rendu visible sous une lumière bleu cobalt à la lampe à fente par instillation d'un petit volume de fluorescéine très concentrée (à l'aide d'une bande de fluorescéine avec une solution physiologique et agitant la bande pour éliminer l'excédent d'humidité).
    • Le clignement restitue un film lacrymal complet.
    • Le patient regarde alors fixement sans cligner et l'examinateur détermine le temps au bout duquel le film lacrymal se brise.

6 Diagnostic[modifier | w]

Le diagnostic repose sur la description de symptômes caractéristiques et l'aspect clinique. L'objectif des deux tests ci-dessus est de distinguer les différents types de sécheresse oculaire.

  • Dans les kératoconjonctivite sèche par évaporation excessive des larmes, le test de Schirmer est habituellement normal.
  • Une rupture précoce du film lacrymal intact (< 10 s) est observée dans les kératoconjonctivites sèches par évaporation.

7 Traitement[modifier | w]

Selon les causes, il existe de nombreux traitements pour le syndrome de l'œil sec, mais les modalités de traitement les plus courantes comprennent:

  • Larmes artificielles (de préférence celles sans agent de conservation)
  • Agents à action plus longue tels que gel et onguents artificiels et lacrisert
    • Les onguents sont particulièrement intéressant avant d'aller dormir
  • Interventions de conservation des larmes telles que les bouchons lacrymaux
  • Compresses chaudes (par exemple, blépharite)
  • Gommages pour les cils (Cil-Net)
  • Médicaments sur ordonnance tels que Restasis (augmentation de la production de larmes) ou Xiidra (mécanisme peu clair)
  • Les stéroïdes ophtalmiques topiques sont utiles pour contrôler l'aspect inflammatoire de la maladie
  • L'huile de lin par voie orale ou les suppléments d'huile de poisson de 2000 mg / jour se sont également révélés utiles pour soulager les symptômes et diminuer la fréquence des agents topiques

8 Diagnostic différentiel[modifier | w]

9 Suivi et pronostic[modifier | w]

La plupart des personnes atteintes du syndrome de l'œil sec qui suivent leur schéma thérapeutique tel que prescrit par leur ophtalmologiste peuvent contrôler leurs symptômes, leur permettant de fonctionner sans symptômes ou avec un minimum de difficultés.

En raison de la nature des causes du syndrome de l'œil sec, la plupart des gens ne sont pas «guéris» de leur problème, mais avec un entretien régulier, ils peuvent fonctionner comme s'ils étaient guéris. Cependant, même le patient qui est bien contrôlé sur le traitement d'entretien peut avoir des épisodes aigus et nécessiter une visite à son ophtalmologiste, en plus des visites régulières (ce qui est généralement une à deux fois par an).

10 Complications[modifier | w]

Dans des cas exceptionnels de sécheresse chronique sévère et très évoluée, il peut y avoir une kératinisation de la surface oculaire ou une desépithélialisation étendue, avec cicatrices séquellaires, néovascularisation, infections, ulcération et perforation.[2]

11 Références[modifier | w]

  1. 1,0 et 1,1 (en) C Stephen Foster, « Dry Eye Disease (Keratoconjunctivitis Sicca) », Medscape,‎ (lire en ligne)
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 (en) « Keratoconjunctivitis Sicca - Eye Disorders », sur Merck Manuals Professional Edition (consulté le 18 avril 2020)
  3. « Dry Eye Syndrome - EyeWiki », sur eyewiki.aao.org (consulté le 18 avril 2020)

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