Infection des voies respiratoires supérieures

De Wikimedica
Aller à la navigation Aller à la recherche
Infection des voies respiratoires supérieures (IVRS)
Classe de maladie
Caractéristiques
Signes Rhinorrhée, Injection conjonctivale, Fièvre , Érythème pharyngé, Muqueuse nasale érythémateuse
Symptômes
Frissons, Congestion nasale, Myalgies, Malaise, Céphalée , Dysphonie, Mal de gorge, Fièvre , Toux , Éternuements, Rhinorhée
Étiologies
Adénovirus, Virus respiratoire syncytial, Entérovirus, Coronavirus, Rhinovirus, CMV, Influenza, Parainfluenza, HSV
Informations
Terme anglais upper respiratory tract infection
Autres noms Rhume
Spécialités ORL, pneumologie, infectiologie

OOjs UI icon help-ltr.svgPage non révisée par un comité éditorial


Une infection des voies respiratoires supérieures (IVRS) peut être définie comme un état inflammatoire au niveau des voies respiratoires supérieures, d'étiologie virale, sans preuve de pneumonie, de suspicion de diagnostic alternatif, et sans antécédent de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). [1] Les infections des voies respiratoires supérieures touchent le nez, les sinus, l'oreille moyenne, le pharynx, le larynx et les grandes voies respiratoires.

1 Épidémiologie[modifier | w]

Les IVRS se trouvent parmi les trois principaux diagnostics en clinique ambulatoire. Aux É-U, les coûts annuels estimés dûs aux IVRS non liées à l'influenza dépassent les 22 milliards de dollars et représentent environ 10 millions de consultations en clinique externe par année[2]. Le contrôle symptomatique est la principale raison des visites ambulatoires chez les adultes au cours des 2 premières semaines de la maladie, avec plusieurs rendez-vous résultants en la prescription inadéquate d'antibiotiques. Les adultes contractent un rhume environ 2 à 3 fois par an, tandis que la population pédiatrique peut avoir jusqu'à 8 cas par an.[3][4][5] Les mois d'automne montrent un pic d'incidence des IVRS causées par le rhinovirus. L'absentéisme secondaire aux IVRS, génère également un lourd fardeau économique. [6][7]

2 Étiologies[modifier | w]

Les agents étiologiques viraux principaux des IVRS sont[8][9]:

3 Classification[modifier | w]

L'IVRS est en fait un terme générique pour désigner les pathologies suivantes lorsque l'infection est virale et bénigne:

4 Physiopathologie[modifier | w]

Une IVRS implique généralement une invasion directe de la muqueuse des voies respiratoires supérieures par l'agent étiologique. Le pathogène est généralement acquis par inhalation de gouttelettes infectées. Les barrières qui empêchent l'organisme de se fixer à la muqueuse comprennent:[8]

  • la doublure capillaire qui piège les agents pathogènes
  • le mucus
  • l'angle entre le pharynx et le nez qui empêche les particules de tomber dans les voies respiratoires
  • les cellules ciliées dans les voies respiratoires inférieures qui transportent les agents pathogènes vers le pharynx
  • les végétations adénoïdes et les amygdales contenant également des cellules immunologiques qui attaquent les agents pathogènes

4.1 IVRS non causée par l'influenza[modifier | w]

Après dépôt dans la muqueuse nasale antérieure, la réplication et l'infection du rhinovirus commenceraient lors du transport mucociliaire vers le nasopharynx postérieur et les végétations adénoïdes. Dès 10 à 12 heures après l'inoculation, les symptômes peuvent apparaître. La durée moyenne des symptômes est de 7 à 10 jours, mais les symptômes peuvent persister jusqu'à 3 semaines. L'infection de la muqueuse nasale et la réponse inflammatoire ultérieure de l'hôte provoquent une vasodilatation et une augmentation de la perméabilité vasculaire. Ces événements entraînent une obstruction nasale et une rhinorrhée, tandis que la stimulation cholinergique entraîne la production de mucus et des éternuements.[8]

4.2 IVRS causée par l'influenza[modifier | w]

La période d'incubation de la grippe à influenza est de 1 à 4 jours et l'intervalle de temps entre l'apparition des symptômes est estimé à 3-4 jours. L'excrétion virale peut survenir 1 jour avant l'apparition des symptômes. La grippe à influenza peut être transmise par contact direct, contact indirect, gouttelettes ou aérosolisation. De courtes distances (<1 mètre) sont généralement nécessaires pour que le contact et la transmission de gouttelettes se produisent entre la personne source et la personne cible. La transmission aérienne peut se produire sur de plus longues distances (> 1 m). La plupart des données factuelles suggèrent que le contact direct et le transfert de gouttelettes sont les modes prédominants de transmission de la grippe. [10][8]

5 Présentation clinique[modifier | w]

5.1 Facteurs de risque[modifier | w]

Les facteurs de risques de l'IVRS sont[8][9]:

5.2 Questionnaire[modifier | w]

Les symptômes typiques de l'IVRS sont[8][9]:

5.3 Examen clinique[modifier | w]

À l'examen clinique, on peut noter la présence de[8][9]:

6 Examens paracliniques[modifier | w]

Aucun examen paraclinique n'est nécessaire pour poser le diagnostic d'IVRS.

7 Approche clinique[modifier | w]

L'approche clinique consiste d'un questionnaire et un examen physique complet afin de mettre en évidence les signes et symptômes typiques d'une IVRS tout en éliminant les drapeaux rouges pouvant signaler un diagnostic alternatif et une pathologie sévère:

  • La présence de drapeaux rouges et de signes et symptômes atypiques guidera la conduite quant aux examens paracliniques pouvant confirmer et/ou éliminer un diagnostic alternatif.
  • Les symptômes atypiques et drapeaux rouges sont:
  • Les signes atypiques et drapeaux rouges sont (considérer diagnostic alternatif ou complications):
    • la langue framboisée[15]
    • les exsudats amygdaliens[19]
    • l'éruption cutanée[15][23]
    • la desquamation palmo-plantaire[15]
    • la splénomégalie[13]
    • la rigidité nucale[16]
    • le stridor[13][14]
    • le drooling, la position de tripode[14]
    • le trismus, la déviation de la luette[24]
    • le wheezing, le temps expiratoire augmenté[25][26]
    • les ronchis, les crépitements, la diminution du murmur vésiculaire[12]
    • la perforation tympanique, l'otorhée[18]
    • la cyanose.
  • La présence des caractéristiques classiques d'une IVRS non compliquée, associée à l'absence de signes d'infection bactérienne ou de maladie respiratoire grave, est suffisante pour poser un diagnostic d'IVRS. Les tests diagnostiques ne sont pas nécessaires.
  • Les signes vitaux, tels une désaturation ou de la fièvre élevée, ainsi que la présence de signes et symptômes atypiques peuvent guider le clinicien vers des investigations supplémentaires afin d'éliminer une pathologie sévère, tels[8]:
    • le PCR multiplexe des virus respiratoires (dont celui de la COVID-19)
    • la radiographie pulmonaire[12]
    • la culture d'expectorations[12]
    • le Monotest[13]
    • le test rapide de détection des antigènes du streptocoque de groupe A.[19]

8 Diagnostic[modifier | w]

Le diagnostic de l'IVRS est clinique.[8][9] Des tests paracliniques peuvent servir à éliminer et/ou confirmer un diagnostic alternatif selon la présence de signes et symptômes atypiques.

9 Diagnostic différentiel[modifier | w]

Le diagnostic différentiel chez un patient présentant des symptômes d'IVRS inclut[8]:

10 Traitement[modifier | w]

Logo TopMédecine seul.png
Contenu TopMédecine
  • Prendre de la vitamine C pour mon rhume : ça marche? (MF)

Le but du traitement des IVRS est le soulagement symptomatique[8]:

  • les antihistaminiques de première génération:
    • attention aux effets sédatifs
    • réduction de la rhinorrhée et éternuements chez les adultes.[3]
    • ex.: diphenhydramine hcl 25-50 mg PO q4-6h PRN, max 300 mg/jour[27]
  • les décongéstionnants nasaux et oraux:[3][28]
    • bénéfice modéré chez les adultes et adolescents
    • ne raccourcissent pas l'évolution de la maladie.
    • ex.: pseudoéphédrine (libération instantanée) 30-60 mg PO q4-6h PRN, max 240 mg/jour[29]
  • la dextromethorphan (antitussif):
    • manque d'évidence convaincante appuyant son utilisation en toux aigue
    • dosage (libération instantanée): 10-20 mg PO q4h PRN ou 30 mg PO q6-8h PRN, max 120 mg/jour[30]
  • la vitamine C:
    • pas d'effets thérapeutiques si prise après l'apparition des symptômes[31]
    • diminution sur la durée et la sévérité des symptômes (diminution de 8% et 13% de la durée chez les adultes et les enfants respectivement) lorsqu'utilisée en tant que prophylaxie quotidienne.[31]

11 Suivi[modifier | w]

Lorsque le diagnostic est celui d'une IVRS non compliquée, informer le patient de la nature auto-résolutive de la maladie et encourager à re-consulter si il y a progression sévère des symptômes, émergence de signes et symptômes atypiques (drapeaux rouges) et en cas de présence de complications.

12 Complications[modifier | w]

Les complications de l'IVRS sont[8]:

13 Évolution[modifier | w]

L'apparition des symptômes commence généralement 1 à 3 jours après l'exposition et durent 7 à 10 jours. La majorité des IVRS ont une évolution bénigne et sont auto-résolutifs.[8] Une toux post-infectieuse peut cependant persister jusqu'à 3 semaines.[8] Les personnes immunosupprimées, la population gériatrique et ceux avec des comorbidités respiratoires courent le plus grand risque d'infection sévère et de complications.[9]

14 Prévention[modifier | w]

La vaccination antigrippale contre l'Influenza est la méthode de prévention la plus efficace.[9] L'hygiène des mains et les précautions contact-gouttelettes, en plus des précautions aerosols si suspicion d'infection à COVID-19, VZV ou virus de la rougeole sont aussi des méthodes efficaces à la prévention des IVRS.[9] Le palivizumab est un anticorps monoclonal pouvant être utilisé chez la population pédiatrique à risque pour diminuer les hospitalisation dues aux infections à RSV.[9]

15 Références[modifier | w]

  1. Richard P. Wenzel et Alpha A. Fowler, « Clinical practice. Acute bronchitis », The New England Journal of Medicine, vol. 355, no 20,‎ , p. 2125–2130 (ISSN 1533-4406, PMID 17108344, DOI 10.1056/NEJMcp061493, lire en ligne)
  2. A. Mark Fendrick, Arnold S. Monto, Brian Nightengale et Matthew Sarnes, « The economic burden of non-influenza-related viral respiratory tract infection in the United States », Archives of Internal Medicine, vol. 163, no 4,‎ , p. 487–494 (ISSN 0003-9926, PMID 12588210, DOI 10.1001/archinte.163.4.487, lire en ligne)
  3. 3,0 3,1 et 3,2 Bruce Arroll, « Common cold », BMJ clinical evidence, vol. 2008,‎ , p. 1510 (ISSN 1752-8526, PMID 19450292, Central PMCID 2907967, lire en ligne)
  4. B. Winther, J. M. Gwaltney, N. Mygind et J. O. Hendley, « Viral-induced rhinitis », American Journal of Rhinology, vol. 12, no 1,‎ , p. 17–20 (ISSN 1050-6586, PMID 9513654, DOI 10.2500/105065898782102954, lire en ligne)
  5. Madeline Simasek et David A. Blandino, « Treatment of the common cold », American Family Physician, vol. 75, no 4,‎ , p. 515–520 (ISSN 0002-838X, PMID 17323712, lire en ligne)
  6. P. F. Adams, G. E. Hendershot, M. A. Marano et Centers for Disease Control and Prevention/National Center for Health Statistics, « Current estimates from the National Health Interview Survey, 1996 », Vital and Health Statistics. Series 10, Data from the National Health Survey, no 200,‎ , p. 1–203 (ISSN 0083-1972, PMID 15782448, lire en ligne)
  7. Micah Thomas et Paul A. Bomar, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 30422556, lire en ligne)
  8. 8,00 8,01 8,02 8,03 8,04 8,05 8,06 8,07 8,08 8,09 8,10 8,11 8,12 et 8,13 Micah Thomas et Paul A. Bomar, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 30422556, lire en ligne)
  9. 9,0 9,1 9,2 9,3 9,4 9,5 9,6 9,7 9,8 et 9,9 Crowe, Jr. J.E. (2018). Common viral respiratory infections. Jameson J, & Fauci A.S., & Kasper D.L., & Hauser S.L., & Longo D.L., & Loscalzo J(Eds.), 'Harrison's Principles of Internal Medicine, 20e'. McGraw Hill. https://accessmedicine-mhmedical-com.acces.bibl.ulaval.ca/content.aspx?bookid=2129&sectionid=192025030
  10. Gabrielle Brankston, Leah Gitterman, Zahir Hirji et Camille Lemieux, « Transmission of influenza A in human beings », The Lancet. Infectious Diseases, vol. 7, no 4,‎ , p. 257–265 (ISSN 1473-3099, PMID 17376383, DOI 10.1016/S1473-3099(07)70029-4, lire en ligne)
  11. Derek L. DeBoer et Edward Kwon, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 31613481, lire en ligne)
  12. 12,0 12,1 12,2 12,3 12,4 12,5 et 12,6 Saud Bin Abdul Sattar et Sandeep Sharma, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 30020693, lire en ligne)
  13. 13,0 13,1 13,2 et 13,3 Michael Mohseni, Michael P. Boniface et Charles Graham, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 29261868, lire en ligne)
  14. 14,0 14,1 et 14,2 Amanda M. Guerra et Muhammad Waseem, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 28613691, lire en ligne)
  15. 15,0 15,1 15,2 et 15,3 Angeline M. Modesti et Michael C. Plewa, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 30725848, lire en ligne)
  16. 16,0 16,1 et 16,2 Rebecca M. Cantu et Joe M Das, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 31424801, lire en ligne)
  17. Hanish Jain, Thomas L. Knorr et Virteeka Sinha, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 28722903, lire en ligne)
  18. 18,0 et 18,1 Amina Danishyar et John V. Ashurst, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 29262176, lire en ligne)
  19. 19,0 19,1 et 19,2 Seneca Harberger et Matthew Graber, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 32644433, lire en ligne)
  20. Fauci A.S., & Folkers G.K., & Lane H (2018). Human immunodeficiency virus disease: aids and related disorders. Jameson J, & Fauci A.S., & Kasper D.L., & Hauser S.L., & Longo D.L., & Loscalzo J(Eds.), 'Harrison's Principles of Internal Medicine, 20e'. McGraw Hill. https://accessmedicine-mhmedical-com.acces.bibl.ulaval.ca/content.aspx?bookid=2129&sectionid=192025263
  21. Dahlia Saleh, Siva Naga S. Yarrarapu et Sandeep Sharma, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 29489260, lire en ligne)
  22. Jacob Mathew Jr et Amit Sapra, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 32119314, lire en ligne)
  23. Conrad Krawiec et Joshua W. Hinson, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 32491648, lire en ligne)
  24. Gunjan Gupta et Rachel H. McDowell, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 30137805, lire en ligne)
  25. Nathaniel A. Justice et Jacqueline K. Le, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 28722988, lire en ligne)
  26. Lauren R. Edwards et Judith Borger, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 31536291, lire en ligne)
  27. (en) « Diphenhydramine Dosage Guide + Max Dose, Adjustments », sur Drugs.com (consulté le 8 octobre 2021)
  28. Julia Fashner, Kevin Ericson et Sarah Werner, « Treatment of the common cold in children and adults », American Family Physician, vol. 86, no 2,‎ , p. 153–159 (ISSN 1532-0650, PMID 22962927, lire en ligne)
  29. (en) « Pseudoephedrine Dosage Guide + Max Dose, Adjustments », sur Drugs.com (consulté le 8 octobre 2021)
  30. (en) « Dextromethorphan Dosage Guide + Max Dose, Adjustments », sur Drugs.com (consulté le 8 octobre 2021)
  31. 31,0 et 31,1 R. M. Douglas, H. Hemilä, E. Chalker et B. Treacy, « Vitamin C for preventing and treating the common cold », The Cochrane Database of Systematic Reviews, no 3,‎ , CD000980 (ISSN 1469-493X, PMID 17636648, DOI 10.1002/14651858.CD000980.pub3, lire en ligne)

Les sections suivantes sont remplies automatiquement et se peupleront d'éléments à mesure que des pages sont crées sur la plateforme. Pour participer à l'effort, allez sur la page Gestion:Contribuer. Pour comprendre comment fonctionne cette section, voir Aide:Fonctions sémantiques.