Hypertension artérielle (programme d'exercices)

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Hypertension artérielle (programme d'exercices)
Programme d'exercices
Programme d'exercices
Système Cardiovasculaire
Indications
Antoine Mercier-Linteau/Brouillons/Hypertension artérielle
Contre-indications absolues
Embolie pulmonaire, Fibrillation auriculaire, Diabète sucré, Dyspnée (symptôme), Sténose aortique, Syndrome coronarien aigu, MCAS, Péricardite aiguë, Fièvre (signe clinique), Myocardite aiguë, Thrombose veineuse profonde du membre inférieur, Antoine Mercier-Linteau/Brouillons/Hypertension artérielle, Valvulopathie, Détérioration de la tolérance à l’effort
Contre-indications relatives
Dyspnée (symptôme), Gain pondéral, Hypotension (signe clinique), Tachycardie (signe clinique), Arythmies ventriculaires, Dobutamine
Complications
Chute, Hypotension orthostatique, Syndrome coronarien aigu, Insuffisance cardiaque aiguë, Crise hypertensive, Épisode vasovagal, Angine, Ophtalmopathie hypertensive, Syndrome d'encéphalopathie postérieur réversible
Informations
Spécialités Kinésiologie, Cardiologie, Médecine familiale, Médecine interne

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Cette page vise à décrire les effets bénéfiques de l’activité physique (AP) sur la prévention et la gestion de l’hypertension artérielle (HTA).

Le diagnostic de l’HTA est établi chez un individu présentant des valeurs de tension artérielle systolique (TAS) et diastolique (TAD), respectivement ≥140 mmHg et ≥ 90 mmHg, sur plus de deux jours distincts, selon une prise standardisée.[1] Selon l'ACC/AHA (2017), l’HTA devrait être diagnostiquée pour des valeurs supérieures à 130/80mmHg[2].

1 Contexte[modifier | w]

L’HTA représente un fléau pour la santé mondiale puisqu’elle est responsable de 9,4 millions de décès chaque année[3], en plus d’être reliée à 13,9 milliards de dollars en coûts de santé annuels au Canada.[4] En effet, cette pathologie affecte plus d'un adulte sur trois et serait la cause de 50% des décès reliés aux maladies cardiovasculaires (MCV), dont l’accident vasculaire cérébral (AVC)[3]. Environ la moitié des sujets atteints d’HTA présentent des facteurs de risque de MCV (insuffisance cardiaque, infarctus du myocarde ou une mort cardiaque subite).[5] De plus, cette pathologie peut engendrer de l’insuffisance rénale ou un accident vasculaire cérébral (AVC). En effet, l’HTA constitue le facteur le plus puissant d’incidence d’AVC.[6]

La relation entre la TA et le risque d’AVC et d'autres événements cardiovasculaires augmente de manière continue au-delà d’une TAS > 115 mm Hg. En effet, à partir de cette TAS, chaque augmentation de 20 mmHg de la TAS double le risque de tels événements.[7]

Les lignes directrices nationales et internationales sur le traitement de la prévention primaire et secondaire de l’HTA recommandent d’abord la modification d’habitudes de vie comme traitement de première ligne avant le traitement pharmacologique.[8] En effet, puisque la sédentarité constitue l’un des facteurs de risque de l’HTA, il a été démontré que l’AP présentait des effets bénéfiques sur la gestion de la maladie et la prévention l’apparition de celle-ci.

Les facteurs de risques influençant l’HTA sont le tabagisme, une consommation de sel et d’alcool élevée, le surpoids/obésité et la sédentarité.[1]

L’accumulation de tissus adipeux au niveau viscéral (CT ˃ 102 cm ♂, CT ˃88 cm ♀) est liée à l'hyperactivité sympathique, au dysfonctionnement endothélial, à la rigidité artérielle, et à l’inflammation pouvant mener à l’HTA.[1]

2 Indications[modifier | w]

L'activité physique est recommandée chez tous les patients hypertendus.

3 Contre-indications[modifier | w]

3.1 Absolues[modifier | w]

Les contre-indications absolues sont :

3.2 Relatives[modifier | w]

Les contre-indications relatives sont :

4 Prescription recommandée[modifier | w]

Selon l’American College of Sport Medicine, les patients présentant de l’HTA devraient effectuer les trois types d’activité physique, soit l’aérobie, la musculation et la flexibilité.[1]

  • En ce qui a trait à l’exercice en aérobie, 5 à 7 séances de plus de 30 min (ou fractionnées par tranches de 10 min) d’intensité modérée (40-59% du VO2peak ou FCR) sont suggérées. Les activités nécessitant les grandes masses musculaires, telles que la marche, le vélo ou encore la natation, constituent des activités de choix pour ce type d’activité.
  • En ce qui concerne les exercices musculaires, ceux-ci sont recommandés d’être effectués 2 à 3 fois par semaine par l’utilisation d’appareils musculaires, de poids libres ou encore avec le poids du corps. L’ACSM recommande d’effectuer 2 à 4 séries de 8 à 12 répétitions pour chacun des groupes musculaires, à raison de 40-50% de 1-RM, pour la population âgée ou novice, et de 60-70% de 1-RM (progression jusqu’à 80%), pour une population générale.
  • Pour la composante de flexibilité, les étirements statiques, dynamiques et/ou par facilitation neuromusculaire proprioceptive (FNP) sont conseillés 2 à 3 fois par semaine, incluant 2 à 4 séries d’étirements étant maintenus durant 10-30 secondes.

La perte de poids est une cible de traitement, par une approche multidisciplinaire qui comprend l’éducation alimentaire, l’AP accrue et l’intervention comportementale.[9][10]

5 Complications[modifier | w]

Les principales complications en lien avec l'activité physique chez les patients hypertendus sont :

6 Suivi[modifier | w]

L’exercice à intensité vigoureuse pour les individus présentant de l’HTA avec un risque modéré à élevé de complications cardiaques devraient être médicalement supervisés jusqu’à ce que la sécurité de l’activité ait été établie. D’autre part, les bêta-bloqueurs et les diurétiques pourraient affecter la fonction thermorégulatrice. De plus, ils pourraient également augmenter les risques d’hypoglycémies, surtout chez la population diabétique traitée par insuline ou sulfonylurées. De surcroît, les Bêta-bloqueurs pourraient également masquer les symptômes de l’hypoglycémie (surtout la tachycardie). De plus, les individus traités par ces molécules présenteront une fréquence cardiaque et une capacité à l’effort diminuées. L’échelle de perception de l’effort pourra alors être utilisée à titre de référence pour quantifier et évaluer l’intensité d’effort. Par ailleurs, la médication hypertensive ( bêta-bloqueurs, bloqueurs de canaux calciques et vasodilatateurs) peuvent mener à une réduction excessive de l’effet hypotenseur suivant l’exercice. Il est donc primordial de favoriser un retour au calme avec le suivi en temps réel de la TA et de la FC, avant l’arrêt de l’exercice.[1]

Ces considérations sont donc essentielles au suivi des sujets atteints d’HTA, afin d’assurer une intervention sécuritaire sur le long terme.

7 Bénéfices anticipés[modifier | w]

La réduction de la tension artérielle (TA) suivant l’exercice chez les groupes atteints d’HTA était respectivement 2x et 4-5x plus importante que celle des groupes présentant une TA entre 130-139 mmHg/85-89mmHg et de TA <130 mmHg/<85mmHg.[11][12] Ainsi, l’AP aurait un facteur d’influence plus important sur une TA initialement plus élevée.[11]

L'AP réduit le risque de progression des maladies cardiovasculaires (MCV) chez les individus atteints d'HTA. Certains auteurs ont d’ailleurs estimé une diminution du risque de maladie coronariennes de 4 à 22% et d’AVC de 6 % à 41 %.[11]

Une diminution de 2 mmHg de la TAS est susceptible de réduire la mortalité associée à l’AVC de 6% et la maladie coronarienne de 4%. Pour la TAD, une réduction de 5 mmHg est susceptible de réduire le risque de ces maladies de 14 et 9% respectivement.[13] L’effet aigu de l’exercice a également un effet hypotenseur demeurant actif pendant approximativement 22 heures.[14] De plus, les personnes physiquement actives présenteraient une meilleure capacité vasodilatatrice post-entrainement que les personnes non-entrainées.[13] La régularité de l’AP est donc la clé pour le maintien d'une TA normale.

Par ailleurs, les entraînements par intervalles (HIIT) entre 80 et 100% de la FCpeak engendrerait une diminution de la TA plus importante chez les individus présentant une fonction vasculaire altérée[note 1] que les entraînements continus à intensité modérée.[15] En ce qui a trait au diabète, l’hyperinsulinémie et la résistance à l’insuline ont pour effet d’augmenter notamment la viscosité sanguine, la TA et la surstimulation du système nerveux sympathique (SNS). Or, l’AP favorise une meilleure compliance endothéliale, notamment en diminuant l’activité du SNS, le glucose sanguin, les niveaux de noradrénaline, la résistance périphérique totale (RPT) et ultimement la TA.[16]

Enfin, les exercices musculaires engendreraient une augmentation de la biodisponibilité de l’oxyde nitrique, traduisant ainsi une diminution de la RPT et ultimement de la TA.[17] En effet, les exercices de résistance dynamique, impliquant des contractions répétées d’un groupe musculaire contre une charge donnée, contribuent à abaisser la TAS et TAD de manière efficace et sécuritaire.[7] Bien que les exercices isométriques[note 2], aient été démontrés efficaces pour réduire la TAS et TAD, les preuves de la sécurité et de l'efficacité de ce type d'entraînement sont insuffisantes. En effet, un exercice de résistance mal exécuté, notamment par le blocage de la respiration pendant l'exercice (valsalva), pourrait entraîner une élévation de la TAS et TAD jusqu'à 320 mm Hg/250 mm Hg, au cours d'une seule répétition à charge maximale (1-RM).

En somme, l’AP engendre différents mécanismes physiologiques permettant de diminuer la TA et favorisant un meilleur pronostic pour la population atteinte d’HTA.[7]

8 Notes[modifier | w]

  1. Obésité, HTA, le syndrome métabolique, Db II, MCAS
  2. Impliquant une contraction statique soutenue d’un groupe musculaire pendant une période donnée

9 Références[modifier | w]

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 Walter R. Thompson, ACSM's clinical exercise physiology, (ISBN 978-1-4963-8780-6 et 1-4963-8780-5, OCLC 1055569278, lire en ligne)
  2. « New ACC/AHA High Blood Pressure Guidelines Lower Definition of Hypertension », sur American College of Cardiology (consulté le 20 février 2022)
  3. 3,0 et 3,1 (en) « Noncommunicable diseases: Hypertension », sur www.who.int (consulté le 20 février 2022)
  4. Statistique Canada Gouvernement du Canada, « Tension artérielle et hypertension », sur www150.statcan.gc.ca, (consulté le 20 février 2022)
  5. (en) Thomas Unger, Claudio Borghi, Fadi Charchar et Nadia A. Khan, « 2020 International Society of Hypertension Global Hypertension Practice Guidelines », Hypertension, vol. 75, no 6,‎ , p. 1334–1357 (ISSN 0194-911X et 1524-4563, DOI 10.1161/HYPERTENSIONAHA.120.15026, lire en ligne)
  6. « Hypertension artérielle - Troubles cardiaques et vasculaires », sur Manuels MSD pour le grand public (consulté le 20 février 2022)
  7. 7,0 7,1 et 7,2 Alexandra S. Ghadieh et Basem Saab, « Evidence for exercise training in the management of hypertension in adults », Canadian Family Physician Medecin De Famille Canadien, vol. 61, no 3,‎ , p. 233–239 (ISSN 1715-5258, PMID 25927108, Central PMCID 4369613, lire en ligne)
  8. (en) Veronique A. Cornelissen et Neil A. Smart, « Exercise Training for Blood Pressure: A Systematic Review and Meta‐analysis », Journal of the American Heart Association, vol. 2, no 1,‎ (ISSN 2047-9980 et 2047-9980, PMID 23525435, Central PMCID PMC3603230, DOI 10.1161/JAHA.112.004473, lire en ligne)
  9. (en-US) « VI. Health behaviour management | Hypertension Canada Guidelines » (consulté le 20 février 2022)
  10. (en-US) « Prevention & Treatment | Hypertension Canada Guidelines » (consulté le 20 février 2022)
  11. 11,0 11,1 et 11,2 (en) Linda S. Pescatello, David M. Buchner, John M. Jakicic et Kenneth E. Powell, « Physical Activity to Prevent and Treat Hypertension: A Systematic Review », Medicine & Science in Sports & Exercise, vol. 51, no 6,‎ , p. 1314–1323 (ISSN 1530-0315 et 0195-9131, DOI 10.1249/MSS.0000000000001943, lire en ligne)
  12. (en) Thomas Unger, Claudio Borghi, Fadi Charchar et Nadia A. Khan, « 2020 International Society of Hypertension Global Hypertension Practice Guidelines », Hypertension, vol. 75, no 6,‎ , p. 1334–1357 (ISSN 0194-911X et 1524-4563, DOI 10.1161/HYPERTENSIONAHA.120.15026, lire en ligne)
  13. 13,0 et 13,1 (en) Elizabeth Carpio-Rivera, José Moncada-Jiménez, Walter Salazar-Rojas et Andrea Solera-Herrera, « Acute Effects of Exercise on Blood Pressure: A Meta-Analytic Investigation », Arquivos Brasileiros de Cardiologia,‎ (ISSN 0066-782X, PMID 27168471, Central PMCID PMC4914008, DOI 10.5935/abc.20160064, lire en ligne)
  14. « Hypertension artérielle : rôle du pharmacien d'officile dans l'adhésion au traitement »
  15. (en) Eduardo Caldas Costa, Jacqueline L. Hay, Dustin S. Kehler et Kevin F. Boreskie, « Effects of High-Intensity Interval Training Versus Moderate-Intensity Continuous Training On Blood Pressure in Adults with Pre- to Established Hypertension: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Trials », Sports Medicine, vol. 48, no 9,‎ , p. 2127–2142 (ISSN 0112-1642 et 1179-2035, DOI 10.1007/s40279-018-0944-y, lire en ligne)
  16. (en) Xuejiao Liu, Dongdong Zhang, Yu Liu et Xizhuo Sun, « Dose–Response Association Between Physical Activity and Incident Hypertension: A Systematic Review and Meta-Analysis of Cohort Studies », Hypertension, vol. 69, no 5,‎ , p. 813–820 (ISSN 0194-911X et 1524-4563, DOI 10.1161/HYPERTENSIONAHA.116.08994, lire en ligne)
  17. (en) Neil A. Smart, Damien Way, Debra Carlson et Philip Millar, « Effects of isometric resistance training on resting blood pressure: individual participant data meta-analysis », Journal of Hypertension, vol. 37, no 10,‎ , p. 1927–1938 (ISSN 0263-6352, PMID 30889048, Central PMCID PMC6727950, DOI 10.1097/HJH.0000000000002105, lire en ligne)

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