Hémorragie sous-conjonctivale

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Hémorragie sous-conjonctivale (HSC)
Maladie
Subconjunctival hemorrhage eye.JPG
Caractéristiques
Signes Érythème oculaire
Symptômes
Chirurgie, Prurit oculaire, Toux , Traumatisme oculaire (approche clinique), Asymptomatique , Constipation , Vomissement , Sensation de sécheresse oculaire
Diagnostic différentiel
Hématome rétrobulbaire, Rupture du globe oculaire, Conjonctivite allergique, Épisclérite, Sclérite, Kératite, Ulcère cornéen, Uvéite antérieure, Conjonctivite bactérienne, Abrasion cornéenne, Endophtalmie bactérienne, Conjonctivite virale, Corps étranger oculaire, Hyphéma, Iritite, Ptérygion, Pinguécula, Glaucome aigu à angle fermé
Informations
Terme anglais Subconjunctival hemorrhage, subconjunctival bleeding
Wikidata ID Q430235
Spécialités Ophtalmologie, médecine d'urgence

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L'hémorragie sous-conjonctivale (HSC) est un épanchement de sang dans l'espace sous-conjonctival provenant des vaisseaux sanguins conjonctivaux ou épiscléraux secondaire à une rupture spontanée ou traumatique.[1]

1 Étiologies[modifier | w]

L'HSC peut être différenciée en deux catégories : traumatique vs spontané.[1]

2 Physiopathologie[modifier | w]

L'hémorragie sous-conjonctivale résulte d'un saignement des vaisseaux sanguins conjonctivaux ou épiscléraux et s'infiltre ensuite dans l'espace sous-conjonctival. Histopathologiquement, l'hémorragie elle-même se produit entre la conjonctive et l'épisclère. Plus précisément, les éléments sanguins se trouvent dans la substantia propria.

La capsule de Tenon (intitulée ici fascia bulbi)

La conjonctive est divisée en deux sections. La conjonctive bulbaire recouvre la sclère et la conjonctive tarsienne recouvre l'intérieur des paupières. Le sang d'une HSC provient de petits vaisseaux sanguins à la surface de l'œil au-dessus de la sclérotique et non de l'intérieur de l'œil. Le sang fuit sous la capsule de Tenon et la condition devient plus apparente lorsque le sang fuit dans la partie extérieurement exposée de la conjonctive bulbaire.

Lors de l'hémorragie par augmentation de la pression veineuse, les vaisseaux sanguins se déchirent. Les tissus élastiques et conjonctifs se fragilisent avec l'âge et les comorbidités sous-jacentes qui peuvent entraîner la facilité de propagation de l'hémorragie chez les personnes âgées.

L'hémorragie traumatique est plus localisé sur le site de l'impact que la spontanée. Il y a une prédilection pour l'hémorragie à se développer sur le côté temporal de l'œil puisque la conjonctive bulbaire du côté temporal est plus grande que du côté nasal. D'autres raisons incluent, une protection du nez en nasal et une plus grande difficulté à détecter les projectiles côté temporal. La portion inférieure a été notée pour avoir une incidence accrue d'hémorragie par rapport au supérieur susceptible de sang gravitant vers le bas après l'impact. [7][8][4][1]

3 Présentation clinique[modifier | w]

3.1 Facteurs de risque[modifier | w]

Les facteurs de risque sont [1]:

3.2 Questionnaire[modifier | w]

Au questionnaire[1]:

  • Généralement asymptomatique, pruritique ou une sensation de sécheresse oculaire.
  • Un possible trauma oculaire léger ou une chirurgie pour une étiologie traumatique.
    • Une hémorragie sous-conjonctivale dans le cadre d'un traumatisme contondant de l'oeil est inquiétante et doit être évaluée pour une éventuelle rupture du globe ou un hématome rétrobulbaire.
    • Suspecter une fracture de la base du crâne lors des traumas très importants.
  • Une toux, des vomissements ou une constipation pour une étiologie spontanée.
  • Une perte visuelle, un écoulement, de la photophobie, une sensation de corps étranger, une céphalée orientent vers une étiologie plus grave.

3.2.1 Chez l'enfant[modifier | w]

Les particularités suivantes s'appliquent à l'enfant:

  • Un traumatisme non accidentel doit être envisagé chez les nourrissons qui présentent des hémorragies sous-conjonctivales bilatérales isolées, en particulier si elles sont associées à des pétéchies faciales.[note 4][14]
  • La HSC chez les nouveau-nés peut être normale après un accouchement vaginal avec une incidence estimée de 1 à 2 %. Le mécanisme est le même que ci-dessus, mais les contractions utérines assurent la compression. [6][1]

3.3 Examen clinique[modifier | w]

À l'examen ophtalmologique les signes suivants sont observables[1] :

  • Un érythème oculaireunilatéral localisé, bien délimité et confluent, l'aspect inférotemporal de la conjonctive est le siège le plus fréquent.
    • Dans la conjonctivite, la rougeur est plus diffuse et sera souvent bilatérale en plus d'être douloureuse.[15]
    • En cas d'iritite, de glaucome, de sclérite ou d'épisclérite, l'érythème apparaîtra comme un halo autour de l'iris[15][note 5].
  • Une acuité visuelle normale.
  • Pas de de chémosis[8][note 6] d'exophtalmie, d'écoulement, d'ophtalmoplégie, d'hyphéma.

4 Examens paracliniques[modifier | w]

Pour une étiologie bénigne, aucun test paraclinique n'est généralement justifié[1], mais certains tests peuvent être indiqués devant un tableau d'hémorragies récurrentes pour éliminer certains facteurs de risques[8]:

  • Le fond d'œil n'est généralement pas indiqué.
  • Si la HSC devient persistant ou récurrent, un bilan concernant les troubles de la coagulation doit être effectué. Des tests hémostatiques approfondis ne sont pas justifiés en l'absence d'autres symptômes hémorragiques et uniquement une HSC.[2]

5 Diagnostic[modifier | w]

Le diagnostic de la HSC est clinique.

6 Diagnostic différentiel[modifier | w]

Le diagnostic différentiel de l'HSC est [1]:

7 Traitement[modifier | w]

Les traitements proposés sont les suivants [1]:

  • La HSC même n'a pas de traitement, le sang se résorbera tout seul.
  • Les larmes artificielles et la glace peuvent être tentées pour soulager l'inconfort.
  • La brimonidine diluée et l'oxymétazoline ont été indiquées pour améliorer le confort du patient et diminuer l'incidence de HSC après des injections intravitréennes. [16][17]

8 Suivi[modifier | w]

Des hémorragies sous-conjonctivales récurrentes doivent orienter l'investigation vers la présence de facteurs de risques anormaux, comme l'HTA, l'athérosclérose, le diabète, un effet secondaire d'un médicament et les dyscrasies sanguines.[8]

9 Complications[modifier | w]

Il n'y a pas de complications entourant l'HSC même.[1] Ses étiologies peuvent toute fois entraîner leurs propres complications.

10 Évolution[modifier | w]

La plupart des HSC se résorbent en 2 semaines. La récupération peut prendre jusqu'à 3 semaines si les patients sont sous anticoagulation.[1]

Comme pour une ecchymose, l'œil peut devenir bleu et jaune lorsque l'hémoglobine et d'autres éléments sanguins se décomposent. [1]

La vision n'est généralement pas altérée. Le taux de récidive de la HSC spontanée est d'environ 10 % sans facteurs de risque identifiables et plus élevé si les patients prennent un traitement anticoagulant ou antiplaquettaire. [2]

11 Notes[modifier | w]

  1. Les porteurs de lentilles de contact ont une tendance plus élevée à avoir un conjonctivochalasis, un pinguécula et une kératite ponctuée superficielle. Ces maladies conjonctivales peuvent provoquer une inflammation accrue par sécheresse et frottement entre les lentilles et la conjonctive elle-même ainsi qu'une éventuelle perturbation du flux lacrymal. Les défauts matériels et les dépôts de surface dans les lentilles dures, ainsi que les défauts au niveau des bords lors d'une utilisation prolongée de lentilles de contact jetables, peuvent favoriser l'HSC.
  2. La HSC chez les nouveau-nés peut être normale après un accouchement vaginal avec une incidence estimée de 1 à 2 %. Le mécanisme impliqué est la compression veineuse par l'utérus qui se contracte.
  3. Dû à la probabilité plus élevée de comorbidités telles que l'hypertension, l'hyperlipidémie et le diabète sucré.
  4. Le syndrome d'asphyxie traumatique qui est causé par une compression prolongée du haut de l'abdomen et de la poitrine d'un enfant peut provoquer une congestion veineuse soudaine et sévère.
  5.  L'hémorragie conjonctivale est causée par la dilatation des vaisseaux conjonctivaux postérieurs et plus superficiels. Cela peut faire apparaître l'œil plus dramatiquement rouge dans un motif continu sur la sclérotique. En revanche, l'injection ciliaire implique une dilatation des artères ciliaires antérieures qui pourrait impliquer une inflammation intraoculaire de l'iris, de la cornée ou du corps ciliaire. L'injection ciliaire peut également être connue sous le nom de flush circumcornéen et apparaît comme un halo de rougeur.
  6. Dans les cas de rupture sclérale, le sang intraoculaire peut fuir à travers un défaut et s'accumuler dans l'espace sous-conjonctival, ce qui peut créer une hémorragie bulleuse surélevée

12 Références[modifier | w]

  1. 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 1,11 et 1,12 Ricky Doshi et Tariq Noohani, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 31869130, lire en ligne)
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Carlo Cagini, Alessia Iannone, Anna Bartolini et Tito Fiore, « Reasons for visits to an emergency center and hemostatic alterations in patients with recurrent spontaneous subconjunctival hemorrhage », European Journal of Ophthalmology, vol. 26, no 2,‎ , p. 188–192 (ISSN 1724-6016, PMID 26480948, DOI 10.5301/ejo.5000692, lire en ligne)
  3. A. B. King et F. B. Walsh, « Trauma to the head with particular reference to the ocular signs; injuries involving the hemispheres and brain stem; miscellaneous conditions; diagnostic principles; treatment », American Journal of Ophthalmology, vol. 32, no 3,‎ , p. 379–398 (ISSN 0002-9394, PMID 18112994, lire en ligne)
  4. 4,0 et 4,1 Tatsuya Mimura, Satoru Yamagami, Mikiro Mori et Hideharu Funatsu, « Contact lens-induced subconjunctival hemorrhage », American Journal of Ophthalmology, vol. 150, no 5,‎ , p. 656–665.e1 (ISSN 1879-1891, PMID 20709310, DOI 10.1016/j.ajo.2010.05.028, lire en ligne)
  5. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22876120
  6. 6,0 et 6,1 G. H. Katzman, « Pathophysiology of neonatal subconjunctival hemorrhage », Clinical Pediatrics, vol. 31, no 3,‎ , p. 149–152 (ISSN 0009-9228, PMID 1547586, DOI 10.1177/000992289203100304, lire en ligne)
  7. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19713719
  8. 8,0 8,1 8,2 et 8,3 Bercin Tarlan et Hayyam Kiratli, « Subconjunctival hemorrhage: risk factors and potential indicators », Clinical Ophthalmology (Auckland, N.Z.), vol. 7,‎ , p. 1163–1170 (ISSN 1177-5467, PMID 23843690, Central PMCID 3702240, DOI 10.2147/OPTH.S35062, lire en ligne)
  9. Weekitt Kittisupamongkol, « Blood pressure in subconjunctival hemorrhage », Ophthalmologica. Journal International D'ophtalmologie. International Journal of Ophthalmology. Zeitschrift Fur Augenheilkunde, vol. 224, no 5,‎ , p. 332; author reply 332 (ISSN 1423-0267, PMID 20431313, DOI 10.1159/000313835, lire en ligne)
  10. Tatsuya Mimura, Tomohiko Usui, Satoru Yamagami et Hideharu Funatsu, « Recent causes of subconjunctival hemorrhage », Ophthalmologica. Journal International D'ophtalmologie. International Journal of Ophthalmology. Zeitschrift Fur Augenheilkunde, vol. 224, no 3,‎ , p. 133–137 (ISSN 1423-0267, PMID 19738393, DOI 10.1159/000236038, lire en ligne)
  11. J. F. Pitts, A. G. Jardine, S. B. Murray et N. H. Barker, « Spontaneous subconjunctival haemorrhage--a sign of hypertension? », The British Journal of Ophthalmology, vol. 76, no 5,‎ , p. 297–299 (ISSN 0007-1161, PMID 1390514, DOI 10.1136/bjo.76.5.297, lire en ligne)
  12. 12,0 et 12,1 Dan-Ning Hu, Chih-Hsin Mou, Shih-Chun Chao et Ching-Yang Lin, « Incidence of Non-Traumatic Subconjunctival Hemorrhage in a Nationwide Study in Taiwan from 2000 to 2011 », PloS One, vol. 10, no 7,‎ , e0132762 (ISSN 1932-6203, PMID 26181776, Central PMCID 4504497, DOI 10.1371/journal.pone.0132762, lire en ligne)
  13. Marie I. Bodack, « A warfarin-induced subconjunctival hemorrhage », Optometry (St. Louis, Mo.), vol. 78, no 3,‎ , p. 113–118 (ISSN 1529-1839, PMID 17321459, DOI 10.1016/j.optm.2006.10.015, lire en ligne)
  14. Stephen G. Spitzer, Joseph Luorno et Léon-Paul Noël, « Isolated subconjunctival hemorrhages in nonaccidental trauma », Journal of AAPOS: the official publication of the American Association for Pediatric Ophthalmology and Strabismus, vol. 9, no 1,‎ , p. 53–56 (ISSN 1091-8531, PMID 15729281, DOI 10.1016/j.jaapos.2004.10.003, lire en ligne)
  15. 15,0 et 15,1 Samuel Powdrill, « Ciliary injection: a differential diagnosis for the patient with acute red eye », JAAPA: official journal of the American Academy of Physician Assistants, vol. 23, no 12,‎ , p. 50–54 (ISSN 1547-1896, PMID 21229837, DOI 10.1097/01720610-201012000-00010, lire en ligne)
  16. Gerardo Gonzalez-Saldivar, Ingrid Yazmin Pita-Ortiz, Erick Omar Flores-Villalobos et Jesús Noel Jaurrieta-Hinojos, « Oxymetazoline: reduction of subconjunctival hemorrhage incidence after intravitreal injections », Canadian Journal of Ophthalmology. Journal Canadien D'ophtalmologie, vol. 54, no 4,‎ , p. 513–516 (ISSN 1715-3360, PMID 31358153, DOI 10.1016/j.jcjo.2018.09.006, lire en ligne)
  17. Theodore A. Pasquali, Adam Aufderheide, Jason P. Brinton et Michele R. Avila, « Dilute brimonidine to improve patient comfort and subconjunctival hemorrhage after LASIK », Journal of Refractive Surgery (Thorofare, N.J.: 1995), vol. 29, no 7,‎ , p. 469–475 (ISSN 1081-597X, PMID 23820229, DOI 10.3928/1081597X-20130617-05, lire en ligne)

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