Conjonctivite virale

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Conjonctivite virale
Classe de maladie
An eye with viral conjunctivitis.jpg
Conjonctivite virale typique
Caractéristiques
Signes Acuité visuelle normale, Hyperémie conjonctivale diffuse, Lymphadénopathies pré-auriculaires, Vésicules faciales, Vésicules palpébrales, Oedème palpébral, Follicules conjonctivaux, Membrane conjonctivale, Pseudomembrane conjonctivale, Infiltrats focaux sous-épithéliaux cornéens
Symptômes
Larmoiement, Yeux rouges, Écoulement oculaire clair, Sensation de corps étranger oculaire, Sensation de brûlure oculaire, Prurit oculaire, Photosensibilité oculaire, Picotement oculaire, Inconfort oculaire, Douleur oculaire légère
Étiologies
Virus varicelle-zona, Virus de l'immunodéficience humaine, Adénovirus, Virus herpès simplex, Picornavirus
Informations
Terme anglais Viral conjunctivitis
Wikidata ID Q54974347
Spécialités Ophtalmologie, Médecine familiale, Médecine d'urgence, Pédiatrie

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La conjonctivite est une inflammation du tissu conjonctival due à une infection ou à d'autres irritants. Les causes les plus courantes de conjonctivite sont virales, allergiques et bactériennes.

1 Anatomie[modifier | w]

La conjonctive est une fine membrane semi-transparente qui couvre à la fois la sclère et la surface interne des paupières. Elle se termine au limbe cornéoscléral. La partie couvrant la sclère est nommée conjonctive bulbaire, et la partie couvrant la surface interne des paupières est la conjonctive palpébrale.

2 Étiologies[modifier | w]

  • L'adénovirus est la cause la plus fréquente de conjonctivite virale, causant entre 65% et 90% des cas de conjonctivite virale. [1] L'adénovirus fait partie de la famille des Adenoviridae, un virus à ADN double brin, non enveloppé. Il peut engendrer une conjonctivite virale folliculaire non spécifique, la fièvre pharyngoconjonctivale ou la kératoconjonctivite épidémique. [2] La conjonctivite virale peut être obtenue par contact direct avec le virus, par transmission aérienne et par le biais de réservoirs, tels que les piscines. [3][4] La plupart des conjonctivites virales sont très contagieuses durant une période de 10 à 14 jours. Le lavage fréquent des mains et la prévention de tout contact avec la surface oculaire sont essentiels pour minimiser la transmission.
  • Le virus herpès simplex (HSV) peut causer une conjonctivite. Elle est courante chez les enfants et associée à une conjonctivite folliculaire.
  • Le virus varicelle-zona (VZV) peut provoquer une conjonctivite, soit par contact direct avec les yeux ou les lésions cutanées, soit par inhalation de particules infectées en suspension.
  • Les picornavirus provoquent des conjonctivites hémorragiques aiguës qui sont hautement infectieuses.

3 Physiopathologie[modifier | w]

Quelle que soit l'étiologie, la plupart des cas de conjonctivite peuvent être classés comme papillaires ou folliculaires. Aucune classification n'est pathognomonique pour une entité pathologique particulière.

La conjonctivite papillaire provoque un arrangement en mosaïque de nodules aplatis avec un centre vasculaire. Les différentes causes de papilles sont la conjonctivite bactérienne, la conjonctivite allergique, la blépharite chronique, le port prolongé de lentilles cornéennes, la kératoconjonctivite limbique supérieure et le syndrome de flaccidité palpébrale (Floppy Eyelid Syndrome). [5]

La conjonctivite folliculaire est observée dans une variété de conditions, principalement la conjonctivite virale et la conjonctivite à chlamydia, le syndrome oculoglandulaire de Parinaud et l'hypersensibilité à des médicaments topiques. [5] Contrairement aux papilles, les follicules sont de petits nodules en forme de dôme sans vaisseau central proéminent. Les follicules de la conjonctivite folliculaire sont généralement visibles dans la conjonctive palpébrale inférieure et le fornix. [6]

Distinction entre papilles et follicules conjonctivaux [5]
Papilles Follicules
Mosaïque de nodules aplaties avec centre vasculaire Nodules en forme de dôme sans vaisseau central proéminent
Causes fréquentes de papilles conjonctivales
  • Conjonctivite bactériennes
  • Conjonctivite allergique
  • Blépharite chronique
  • Port de lentilles cornéennes
  • Kératoconjonctivite limbique supérieure
  • Syndrome de flaccidité palpébrale (Floppy Eyelid Syndrome)
Causes fréquentes de follicules conjonctivaux
  • Conjonctivite virale
  • Conjonctivite à chlamydia
  • Syndrome oculoglandulaire de Parinaud
  • Hypersensibilité à certains médicaments topiques

4 Présentation clinique[modifier | w]

4.1 Facteurs de risque[modifier | w]

Les patients qui présentent une conjonctivite virale ont généralement des antécédents d'infection des voies respiratoires supérieures récents ou de contact récent avec une personne malade.

4.2 Questionnaire[modifier | w]

Les symptômes associés à la conjonctivite virale sont généralement non spécifiques[5] :

Il est à noter qu'une douleur oculaire franche et une photophobie supposent généralement une implication cornéenne.

Les patients atteints de conjonctivite bactérienne, quant à eux, présentent des symptômes similaires, mais l'écoulement oculaire est plutôt mucopurulent.

4.3 Examen clinique[modifier | w]

À l'examen ophtalmologique, voici les éléments à rechercher :

Plusieurs signes peuvent être objectivés lors d'un examen à la lampe à fente[5] :

5 Examens paracliniques[modifier | w]

Les tests de laboratoire ne sont généralement pas indiqués, sauf si le diagnostic est incertain ou si les symptômes persistent.

Les tests de laboratoire peuvent également être indiqués dans certaines situations, telles qu'une suspicion d'infection à chlamydia ou de gonorrhée, des quantités excessives d'écoulement ou chez un patient immunosupprimé.

Des prélèvements pour confirmer la présence d'adénovirus peuvent être effectuée dans certains cas.[8]

6 Diagnostic différentiel[modifier | w]

Plusieurs diagnostics différentiels sont à éliminer lorsqu'un patient se présente avec de la rougeur oculaire [2]:

7 Traitement[modifier | w]

Le traitement de la conjonctivite virale vise à soulager les symptômes plutôt qu'à éradiquer l'infection virale auto-limitée. Aucun traitement spécifique n'est généralement nécessaire. [5]

Pour prévenir la propagation de l'infection à l'autre œil ou à d'autres personnes, le patient doit exercer une bonne hygiène des mains et éviter de se toucher les yeux. Les patients doivent être informés de leur haut taux de contagion et devraient éviter d'aller au travail ou à l'école jusqu'à résolution des symptômes.

7.1 Traitement symptomatique[modifier | w]

  • Afin de soulager les symptômes, l'utilisation de larmes artificielles sans agent de conservation quatre fois par jour ou plus peut être recommandée.
  • Des compresses froides au niveau de la zone péri-oculaire peuvent également soulager les symptômes. [5]
  • Certains patients peuvent bénéficier d'antihistaminiques s'il y a démangeaison.
  • Les stéroïdes topiques peuvent aider à la résolution des symptômes en diminuant l'inflammation, mais doivent être utilisés avec précaution. [note 3][5][9][10]
  • Si une membrane ou une pseudomembrane est objectivée à la lampe à fente, elle peut être décollée afin d'améliorer le confort du patient et empêcher toute formation de cicatrice.

7.2 Traitement curatif[modifier | w]

  • Dans de rares cas, des antiviraux topiques ou oraux peuvent être prescrits pour traiter les conjonctivites virales à l'herpès simplex ou varicelle-zona.
  • Les antibiotiques ne sont pas indiqués. [11]

8 Suivi[modifier | w]

Aucun suivi spécifique n'est recommandé pour la conjonctivite virale simple. S'il y a atteinte de la cornée, un suivi et une consultation en ophtalmologie est recommandée.

9 Complications[modifier | w]

Les complications de la conjonctivite virale incluent :

10 Évolution[modifier | w]

La majorité des cas de conjonctivite virale sont auto-résolutifs. Dans de rares cas, une infection chronique peut survenir. La plupart des cas se résolvent spontanément en 14 à 30 jours.

11 Prévention[modifier | w]

La prévention de la conjonctivite virale passe avant tout par le lavage des mains et l'isolement des cas contagieux pendant leur infection active.

12 Notes[modifier | w]

  1. L'acuité visuelle peut être affectée lors d'une atteinte à HSV, car une atteinte de la cornée peut alors survenir.
  2. Dans certains cas, une membrane ou une pseudomembrane peut être objectivée au niveau de la conjonctive, notamment au sein de la conjonctivite sévère à adénovirus, de la conjonctivite gonococcique et certaines autres conjonctivites bactériennes, et le syndrome de Stevens-Johnson.  
  3. Ils peuvent également prolonger la durée de l'infection virale. La pression intra-oculaire doit être surveillée s'il y a utilisation prolongée de stéroïdes topiques. Les stéroïdes doivent être réservés aux patients ayant une vision diminuée en raison de leurs infiltrats sous-épithéliaux ou s'il y a une injection conjonctivale sévère provoquant plus d'inconfort qu'attendu.

13 Références[modifier | w]

  1. Terrence P. O'Brien, Bennie H. Jeng, Marguerite McDonald et Michael B. Raizman, « Acute conjunctivitis: truth and misconceptions », Current Medical Research and Opinion, vol. 25, no 8,‎ , p. 1953–1961 (ISSN 1473-4877, PMID 19552618, DOI 10.1185/03007990903038269, lire en ligne)
  2. 2,0 et 2,1 Amir A. Azari et Neal P. Barney, « Conjunctivitis: a systematic review of diagnosis and treatment », JAMA, vol. 310, no 16,‎ , p. 1721–1729 (ISSN 1538-3598, PMID 24150468, Central PMCID 4049531, DOI 10.1001/jama.2013.280318, lire en ligne)
  3. Jie Li, Xiaoyan Lu, Baoming Jiang et Yiwei Du, « Adenovirus-associated acute conjunctivitis in Beijing, China, 2011-2013 », BMC infectious diseases, vol. 18, no 1,‎ 03 20, 2018, p. 135 (ISSN 1471-2334, PMID 29558885, Central PMCID 5859447, DOI 10.1186/s12879-018-3014-z, lire en ligne)
  4. A. S. Sow, H. Kane, A. M. Ka et F. T. Hanne, « [Senegalese experience with acute viral conjunctivitis] », Journal Francais D'ophtalmologie, vol. 40, no 4,‎ , p. 297–302 (ISSN 1773-0597, PMID 28342559, DOI 10.1016/j.jfo.2016.12.008, lire en ligne)
  5. 5,0 5,1 5,2 5,3 5,4 5,5 5,6 5,7 5,8 et 5,9 (en) Brad Bowling, Kanski's Clinical Ophthalmology A Systematic Approach, Elsevier, , Eighth éd.
  6. Susana A. Alfonso, Jonie D. Fawley et Xiaoqin Alexa Lu, « Conjunctivitis », Primary Care, vol. 42, no 3,‎ , p. 325–345 (ISSN 1558-299X, PMID 26319341, DOI 10.1016/j.pop.2015.05.001, lire en ligne)
  7. (en) Solano D et Virgile J, « Viral Conjunctivitis », sur PubMed, 2020 jan (PMID 29262100, consulté le 3 août 2020)
  8. Usha Sethuraman et Deepak Kamat, « The red eye: evaluation and management », Clinical Pediatrics, vol. 48, no 6,‎ , p. 588–600 (ISSN 0009-9228, PMID 19357422, DOI 10.1177/0009922809333094, lire en ligne)
  9. Patricia Usher, Jill Keefe, Carmel Crock et Elsie Chan, « Appropriate prescribing for viral conjunctivitis », Australian Family Physician, vol. 43, no 11,‎ , p. 748–749 (ISSN 0300-8495, PMID 25551873, lire en ligne)
  10. Hiroshi Shiota, Shigeaki Ohno, Koki Aoki et Atsushi Azumi, « [Guideline for the nosocomial infections of adenovirus conjunctivitis] », Nippon Ganka Gakkai Zasshi, vol. 113, no 1,‎ , p. 25–46 (ISSN 0029-0203, PMID 19227929, lire en ligne)
  11. Holly Cronau, Ramana Reddy Kankanala et Thomas Mauger, « Diagnosis and management of red eye in primary care », American Family Physician, vol. 81, no 2,‎ , p. 137–144 (ISSN 1532-0650, PMID 20082509, lire en ligne)

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