Arrêt cardiaque

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Arrêt cardiaque
Classe de maladie
Ventricular fibrillation.png
Caractéristiques
Signes Absence de pouls, Apnée, Altération de l'état de conscience , Absence de TA, Respiration agonale
Symptômes Douleur thoracique , Amnésie rétrograde, Asymptomatique
Étiologies Intoxication, Embolie pulmonaire, Choc, Insuffisance cardiaque, Hyperkaliémie, Hypermagnésémie, Hypomagnésémie, Myocardite, Acidose, Hémorragie intracrânienne, Syndrome coronarien aigu, Cardiomyopathie obstructive hypertrophique, Syndrome de mort subite du nourrisson, Michaël St-Gelais/Brouillons/Pneumothorax sous tension, Tamponnade cardiaque, Hypertrophie ventriculaire gauche, Syndrome de Wolff-Parkinson-White, Syndrome de Brugada, Arrêt respiratoire, Hypercalcémie, Anomalies congénitales des artères coronaires, Dysplasie ventriculaire droite arythmogène, Syndrome du long QT congénital, Hypocalcémie, Hypokaliémie, Hypoxie, cyanose (approche clinique), Traumatisme cardiaque pénétrant, Traumatisme cardiaque contondant, Hypothermie
Informations
Terme anglais cardiac arrest
Autres noms Mort subite
Wikidata ID Q202837
Spécialité Cardiologie

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[ Classe (v3) ]
Objectif du CMC
Arrêt cardiaque (13)

L'arrêt cardiaque est la perte soudaine de circulation sanguine en raison de l'incapacité du coeur à pomper le sang de manière efficace[1]. Sans intervention rapide, cette condition entraîne la mort cardiaque subite.

1 Épidémiologie[modifier | w]

Un pic initial de mort cardiaque subite survient de la naissance à 6 mois, du syndrome de mort subite du nourrisson. L'incidence est généralement très faible par la suite jusqu'à atteindre un deuxième pic entre 45 et 75 ans.

L'incidence des décès cardiaques par arrêt cardiaque est plus grande chez les hommes que chez les femmes.[2]

2 Étiologies[modifier | w]

La majorité des arrêts cardiaques sont dus à une maladie cardiaque structurelle sous-jacente:

Les causes cardiaques non structurelles d'arrêt cardiaque sont[3]:

Les causes non cardiaques à l'origine d'arrêt cardiaque sont[3]:

Les causes inconnues:

3 Classification[modifier | w]

Plusieurs rythmes cardiaques peuvent entraîner un arrêt:

4 Présentation clinique[modifier | w]

4.1 Facteurs de risque[modifier | w]

Jusqu'à 70 % de tous les décès cardiaques subits sont dus à une coronaropathie occlusive ischémique[1][4]. Les facteurs de risque de cette maladie coronarienne sont principalement[2][3]:

4.2 Questionnaire[modifier | w]

En situation aigüe d'arrêt cardiaque, on peut interroger les témoins de la scène s'il y a lieu:[5][3]

  • Des symptômes précurseurs peuvent précéder un arrêt cardiaque. Souvent ils ne sont pas reconnus par l'individu.
  • De nombreux patients qui survivent à un arrêt cardiaque ne se rappellent pas de l'évènement.
  • Les données obtenues de ceux qui n'ont pas eu d'amnésie ou des témoins de l'événement montrent que le symptôme le plus fréquent est la douleur thoracique . Cela reflète la présentation la plus fréquente de l'ischémie coronarienne aiguë.

4.3 Examen clinique[modifier | w]

Le diagnostic de l'arrêt cardiaque repose sur l'examen clinique. L'examen physique d'un individu en arrêt cardiaque doit se faire rapidement par l'évaluation de l'A-B-C (voies aériennes, respiration, circulation). Une évaluation rapide de la tête aux pieds aidera à guider le traitement. À l'examen physique on retrouve:

5 Examens paracliniques[modifier | w]

En milieu hospitalier les examens paracliniques sont généralement obtenus après l'initiation ou simultanément à l'activation des protocoles de soins immédiats et avancés en RCR.

5.1 Investigations[modifier | w]

  • L'ECG pourra montrer:
  • Échographie d'urgence: l'échographie au chevet à l'urgence (FAST ÉDU) est bénéfique si elle n'interfère pas avec les efforts de de réanimation[6][3]. Elle permet d'identifier une activité cardiaque anormal ou absente, un épanchement péricardique, un pneumothorax, un saignement intra-abdominal, etc.

5.2 Laboratoires[modifier | w]

Les laboratoires:

6 Approche clinique[modifier | w]

L'évaluation comporte deux étapes [1] :

  1. La vérification des lieux
  2. L'évaluation de l'état de la personne
Lieux S'assurer rapidement que le lieu est sécuritaire pour la personne venant en aide, les témoins et les personnes blessées.

Rester attentif aux possibles dangers, tels les fuites de gaz ou de produits chimiques, l'approche de véhicules, la présence d'un courant électrique, etc.

Si le lieu est jugé dangereux, le 9-1-1 doit être signalé et tous doivent rester à l'écart. Notez bien que l'état des lieux est dynamique et nécessite d'être réévalué en tout temps, puisqu'un lieu jugé sécuritaire pourrait ne plus l'être à tout moment, et vice-versa.

État de la personne État de conscience Vérifier rapidement la réaction de la personne à notre approche et lorsqu'on lui parle : est-ce que la victime répond, bouge, gémit, ouvre les yeux ? Il est possible de légèrement pincer les trapèzes de la victime afin d'observer si celle-ci réagit.

Si aucune réaction n'est observée : La victime est inconsciente et il faut procéder à l'ABC.

ABC Voies respiratoires
Ouverture des voies respiratoires
S'assurer que les voies respiratoires sont ouvertes. Basculer la tête de la victime vers l'arrière : Placer une main sur le front de la victime, placer les doigts de l'autre main sous le menton, soulever doucement le menton jusqu'à ce qu'il pointe vers le haut. Ceci permet de dégager la langue et d'ouvrir l'épiglotte pour faire passer l'air aux poumons.
Respiration Vérifier si la victime respire pendant quelques secondes. Approcher son visage de celui de la victime afin d'entendre ou sentir une respiration. Observer si le thorax se soulève.[note 1]
Circulation Une respiration normale signifie que le coeur bat toujours. Vérifier la victime de la tête aux pieds afin d'observer des signes d'hémorragie externe à contrôler avant d'effectuer les compressions thoraciques.


7 Diagnostic[modifier | w]

Le diagnostic de l'arrêt cardiaque est un diagnostic clinique.

8 Diagnostic différentiel[modifier | w]

Le diagnostic différentiel de l'arrêt cardiaque est limité et comprend[3]:

9 Traitement[modifier | w]

Le traitement de l'arrêt cardiaque dépend du lieu où ce dernier survient:

9.1 En pré-hospitalier[modifier | w]

Page principale: RCR#Technique
Positionnement des mains pour les compressions thoraciques

La technique de RCR comprend 2 étapes[note 3] :

  1. Les compressions thoraciques
  2. Les insufflations
RCR[1]
Compressions thoraciques
  1. Placer les mains l'une par-dessus l'autre et se centrer par rapport au thorax de la victime, au niveau du corps du sternum (voir l'image ci-contre).
  2. Comprimer le thorax d'environ 5 cm (2 pouces) et le laisser se décomprimer par la suite.
  3. Faire 30 compressions à un rythme régulier (100-120 compressions/min).
Insufflationss secours[note 4][5][6]
  1. Déposer le masque de poche sur le visage de la victime afin de couvrir la bouche et le nez.
  2. Sceller le masque au niveau du nez avec une main et le pincer au niveau du menton avec l'autre.
  3. Basculer la tête vers l'arrière pour dégager les voies respiratoires (en supposant qu'il n'y a pas de suspicion de lé

irconstances atténuantes empêchent un professionnel de la santé en milieu extrahospitalier de pratiquer la respiration artificielle sans dispositif de barrière, une RCR par compression uniquement doit être pratiquée jusqu'à l'arrivée des secours.

Le cycle de compressions-insufflations peut être interrompu par l'arrivée du DEA, par un changement dans l'état de la victime ou encore l'arrivée des SMU:

  • DEA
    • Appliquer les électrodes à l'avant et à l'arrière du patient.
    • Écouter les instructions verbalisées par le DEA.
    • Si le DEA conseille un choc, arrêter les compressions thoraciques et rester à l'écart du patient jusqu'à ce que la défibrillation soit terminée.
    • Une fois la défibrillation terminée, ou si aucun choc n'est conseillé, reprendre immédiatement les cycles de compressions thoraciques et de respirations de secours jusqu'à ce qu'une aide supplémentaire arrive.[3]
  • Changement d'état
    • Observer tous changements d'état de la victime (ex : vomissement, mouvement, convulsions, reprise de conscience, etc).
    • Réévaluer la victime à l'aide de l'ABC.
    • Si la victime à un pouls ou respire, la placer dans une position latérale de sécurité et attendre les SMU.
    • Si la victime est toujours en arrêt cardiorespiratoire, poursuivre la RCR.


9.2 En intra-hospitalier[modifier | w]

Page principale: ACLS

Le traitement[3]:

  • Le RCR
  • L'ACLS; selon le rythme cardiaque au moniteur, l'algorithme sera différent car l'AESP et l'asystolie ne sont pas choquables.
  • Le traitement des causes réversibles (6H et 6T)
Causes réversibles d'arrêt cardiorespiratoire[7]
6H 6T
Hypovolémie PneumoThorax
Hypoxie Tamponnade
Hypokaliémie Thrombose coronarienne
Hyperkaliémie Thrombose pulmonaire
Acidose (H+) Toxique
Hypothermie Trauma

10 Suivi[modifier | w]

Selon l'étiologie de l'arrêt cardiaque, le suivi va grandement varier, cependant il impliquera presque toujours:

  • une consultation en cardiologie
  • une admission aux soins intensifs.

11 Complications[modifier | w]

Les complications de l'arrêt cardiaque sont:

12 Évolution[modifier | w]

Les chances de survie d'un arrêt cardiaque sont augmentées par la RCR immédiate et l'utilisation de la défibrillation.[9] Les patients jeunes et en bonne santé sont plus susceptibles d'obtenir un retour à la circulation que les personnes âgées et celles ayant plusieurs comorbidités. Les victimes d'un traumatisme cardiaque pénétrant ont une chance de survie plus élevée qu'un trauma contondant[10].

13 Prévention[modifier | w]

La plupart des arrêts cardiaques surviennent en dehors de l'hôpital. Étant donné que la RCR immédiate et l'utilisation du DEA sont les deux principales interventions qui augmentent la survie, [11][12] la formation des professionnels avec une bonne technique de RCR peut sauver des vies.

14 Notes[modifier | w]

  1. Une respiration présente, mais anormale peut signaler une respiration agonale. Celle-ci est courte, sporadique et superficielle. Elle témoigne d'un réflexe du tronc cérébral qui envoie des impulsions résiduelles au diaphragme en état d'hypoxie grave. C'est une respiratoire inefficace qui signe un d'arrêt cardiaque. Une personne avec une respiration agonale nécessite une réanimation cardiopulmonaire immédiate.
  2. Une respiration présente, mais anormale peut signaler une respiration agonale. Celle-ci est courte, sporadique et superficielle. Elle témoigne d'un réflexe du tronc cérébral qui envoie des impulsions résiduelles au diaphragme en état d'hypoxie grave. C'est une respiratoire inefficace qui signe un d'arrêt cardiaque. Une personne avec une respiration agonale nécessite une réanimation cardiopulmonaire immédiate.
  3. La technique décrite ici est destinée à un fournisseur de soins de santé effectuant une RCP à un seul sauveteur sur une victime adulte en milieu extrahospitalier. Les modifications pour les enfants, les nourrissons et la RCR à l'hôpital sont énumérées ci-dessous. Ces recommandations sont à jour à partir de la mise à jour 2018 des lignes directrices de l'American Heart Association pour la RCR et les soins cardiaques d'urgence.
  4. Si des circonstances atténuantes empêchent un professionnel de la santé en milieu extrahospitalier de pratiquer la respiration artificielle sans dispositif de barrière, une RCR par compression uniquement doit être pratiquée jusqu'à l'arrivée des secours.
  5. La technique décrite ici est destinée à un fournisseur de soins de santé effectuant une RCP à un seul sauveteur sur une victime adulte en milieu extrahospitalier. Les modifications pour les enfants, les nourrissons et la RCR à l'hôpital sont énumérées ci-dessous. Ces recommandations sont à jour à partir de la mise à jour 2018 des lignes directrices de l'American Heart Association pour la RCR et les soins cardiaques d'urgence.
  6. Si des circonstances atténuantes empêchent un professionnel de la santé en milieu extrahospitalier de pratiquer la respiration artificielle sans dispositif de barrière, une RCR par compression uniquement doit être pratiquée jusqu'à l'arrivée des secours.

15 Références[modifier | w]

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 Centers for Disease Control and Prevention (CDC), « State-specific mortality from sudden cardiac death--United States, 1999 », MMWR. Morbidity and mortality weekly report, vol. 51, no 6,‎ , p. 123–126 (ISSN 0149-2195, PMID 11898927, lire en ligne) Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « :2 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « :2 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  2. 2,0 et 2,1 W. B. Kannel, P. W. Wilson, R. B. D'Agostino et J. Cobb, « Sudden coronary death in women », American Heart Journal, vol. 136, no 2,‎ , p. 205–212 (ISSN 0002-8703, PMID 9704680, DOI 10.1053/hj.1998.v136.90226, lire en ligne)
  3. 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 3,5 3,6 3,7 3,8 et 3,9 Kevin Patel et John E. Hipskind, StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 30521287, lire en ligne)
  4. W. B. Kannel, J. T. Doyle, P. M. McNamara et P. Quickenton, « Precursors of sudden coronary death. Factors related to the incidence of sudden death », Circulation, vol. 51, no 4,‎ , p. 606–613 (ISSN 0009-7322, PMID 123182, DOI 10.1161/01.cir.51.4.606, lire en ligne)
  5. 5,0 5,1 et 5,2 Eloi Marijon, Audrey Uy-Evanado, Florence Dumas et Nicole Karam, « Warning Symptoms Are Associated With Survival From Sudden Cardiac Arrest », Annals of Internal Medicine, vol. 164, no 1,‎ , p. 23–29 (ISSN 1539-3704, PMID 26720493, PMCID 5624713, DOI 10.7326/M14-2342, lire en ligne) Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « :7 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « :7 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  6. 6,0 6,1 et 6,2 Romolo Gaspari, Anthony Weekes, Srikar Adhikari et Vicki E. Noble, « Emergency department point-of-care ultrasound in out-of-hospital and in-ED cardiac arrest », Resuscitation, vol. 109,‎ , p. 33–39 (ISSN 1873-1570, PMID 27693280, DOI 10.1016/j.resuscitation.2016.09.018, lire en ligne) Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « :8 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « :8 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  7. (en) Scott Moses, MD, « Reversible Causes of Cardiopulmonary Arrest », sur fpnotebook.com (consulté le 7 décembre 2019)
  8. (en) Scott Moses, MD, « Reversible Causes of Cardiopulmonary Arrest », sur fpnotebook.com (consulté le 7 décembre 2019)
  9. J. J. de Vreede-Swagemakers, A. P. Gorgels, W. I. Dubois-Arbouw et J. Dalstra, « Circumstances and causes of out-of-hospital cardiac arrest in sudden death survivors », Heart (British Cardiac Society), vol. 79, no 4,‎ , p. 356–361 (ISSN 1355-6037, PMID 9616342, PMCID 1728666, DOI 10.1136/hrt.79.4.356, lire en ligne)
  10. Mark J. Seamon, Elliott R. Haut, Kyle Van Arendonk et Ronald R. Barbosa, « An evidence-based approach to patient selection for emergency department thoracotomy: A practice management guideline from the Eastern Association for the Surgery of Trauma », The Journal of Trauma and Acute Care Surgery, vol. 79, no 1,‎ , p. 159–173 (ISSN 2163-0763, PMID 26091330, DOI 10.1097/TA.0000000000000648, lire en ligne)
  11. Robert A. Berg, Robin Hemphill, Benjamin S. Abella et Tom P. Aufderheide, « Part 5: adult basic life support: 2010 American Heart Association Guidelines for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care », Circulation, vol. 122, no 18 Suppl 3,‎ , S685–705 (ISSN 1524-4539, PMID 20956221, DOI 10.1161/CIRCULATIONAHA.110.970939, lire en ligne)
  12. Lei Zhan, Li J. Yang, Yu Huang et Qing He, « Continuous chest compression versus interrupted chest compression for cardiopulmonary resuscitation of non-asphyxial out-of-hospital cardiac arrest », The Cochrane Database of Systematic Reviews, vol. 3,‎ , CD010134 (ISSN 1469-493X, PMID 28349529, PMCID 6464160, DOI 10.1002/14651858.CD010134.pub2, lire en ligne)